Prendre des vessies pour des lanternes.

La République des lumières dans les mains de falots falotiers.

De si falots personnages !

 

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Jamais les baudruches ne méritèrent mieux le terme de vessie tant leur envie pressante de réduire à néant nos droits ne s’est exprimée aussi puisement qu’aujourd’hui. Nous pouvons même affirmer sans aucun phare qu’en la matière ils font preuve d’une énurésie notable puisque les lois les plus liberticides ont la fâcheuse tendance d’être votées en catimini la nuit. Ils doivent avoir ainsi des pudeurs pour lever la patte loin des regards. Nous devrions les féliciter d’une précaution qui détonne singulièrement avec leur habitude de faire la roue dès qu’une caméra s’approche.

C’est peut-être à cause de cette fameuse roue, qu’ils se prennent pour ce falot censé éclairer l’Europe et parfois le Monde. Nous devrions leur exprimer une reconnaissance infinie lorsqu’ils parcourent la planète pour donner des conseils, répandre leur liquide bienfaisant sur ces peuples en mal d’inspiration. Cela a toujours relevé d’une envie pressante chez ceux-là même qui trônent en majesté. Leur chaise percée de l’Élysée ne suffit pas à leur insondable capacité d’une vessie qui se refuse à se prendre pour une lampe à huile.

L’alimentation des hauts dignitaires de la nation doit être très riche en diurétiques de toute nature. Nul doute que ces gens ne peuvent se contenter de produits naturels même si l’un d’eux, usa plus que de raison, en son temps, de la bière Corona. Par contre, il est certain qu’aucun d’eux ne se tourna vers l'artichaut, légume de ces salauds de pauvres si méprisés au sommet de l’édicule. Nous pouvons supposer que certains mettent trop le nez dans le vin blanc ou mousseux lors des cérémonies fréquentes dans lesquelles ils font don de leur santé à la nation admirative. C’est alors la course folle vers l’Empereur Vespasien, leur maître absolu.

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Tout ceci n’aurait guère d’importance si ce désir de grandeur ne cachait quelque chose, un petit appendice aux règles tacites qui régissent notre Raie publique. La vessie de haut vol doit de préférence se tenir à portée de main d’un mâle. Il n’est pas question de confier les plus hautes charges de la nation à une vulgaire pisseuse. Un seul précédent désastreux dans notre histoire a fait un flop retentissant.

Nous tenons donc pour acquis, la vessie sera toujours masculine. Penchons-nous désormais sur cette Lanterne, qui est la résidence parisienne des présidents. N’allez pas croire qu’il puisse s’agir d’un flambeau, d’un falot, d’une lampe tempête pour ces êtres tourmentés. Ce n’est rien moins qu’une résidence cossue équipée naturellement de tout le confort sanitaire pour les besoins de la présidence.

La République Française a besoin de palais, c’est ce qui la distingue des autres nations européennes qui pensent stupidement que les dorures n’ont rien à voir avec l’exercice du pouvoir. Elles font en cela grave et profonde erreur tandis que les monarques français rappellent à tous que la fonction crée l’organe excréteur. Que les petites nations se mettent sous la goulotte tricolore, si désireuse d’illuminer les vassaux, d’inonder les anciennes colonies de sa majestueuse liquidité.

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Ne soyons pas cocardier. Nos amis américains font de même avec cette curieuse envie, de manière bien plus démonstrative. C’est il est vrai la France qui leur a tendu la perche si j’ose dire, en plaçant leur flambeau tout en haut d’une statue monumentale. La comparaison avec la Tour Eiffel n’a pas lieu d’être puisque la vieille dame écarte les jambes sans équivoque tandis que la Liberté éclaire le Monde en tenant à bout de bras une lanterne qui ne peut être en aucune manière une vessie.

C’est du reste pourquoi, se sentant mis à l’écart de cette noble expression, le peuple étasunien a voté pour une vessie, afin de l’introniser à la maison blanche. L’honneur est sauf de ce côté-là. Ne changeons donc rien et continuons de prendre ces vessies majestueuses pour des lanternes mirifiques. Nous en aurons bien besoin dans les ténèbres dans lesquels ils nous entraînent.

Vésicalement leur

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