Les Maîtres du Monde

Tout leur est permis.

Les sept mercenaires du Capital

a0

 

 

Vous aviez pensé bien naïvement que votre bulletin de vote vous permettait de vous sentir représentés par des êtres de chair et de sang ; de simples mortels comme vous, qui le temps d’un mandat, avaient obtenu le droit de décider à votre place, rien de plus. Une forme de délégation de pouvoir, un contrat républicain qui vous conservait votre libre arbitre. Le Peuple restait Souverain et avait droit de regard sur celui qui avait pris les clefs du camion !

Que nenni ! Vous découvrez totalement ahuris, que rien ne se passe comme convenu. Le contrat est rapidement déchiré dès que le petit homme arrogant reçoit ses pareils, les amphigouriques de service, ses homologues à l’échelle de la Planète. Les Maîtres du Monde se réunissent à Biarritz et l’état d’urgence est décrété, les libertés abolies, l’armée sur le pied de guerre.

La côte landaise est en état de siège. Il n’est plus question de circuler, marcher, ouvrir ses fenêtres, respirer. La Démocratie moderne suppose d’abolir tous nos droits au profit des sept mercenaires du libéralisme mortifère. Ils doivent rester à l’abri d’un peuple pour lequel ils n’ont aucun égard, aucune considération, aucun respect. Enfermez ces gueux que nos Maîtres ne sauraient voir, bâillonnez ces ploucs qui risqueraient de clamer leur colère, liez les membres des protestataires qui voudraient se dresser contre leurs agissements …

L’armée, la police, pourtant composées de citoyens comme vous et moi, se mettent au garde à vous pour cautionner cette confiscation totale de toute forme de liberté. Dans le sillage des Princes, seule la soumission et la servitude sont admises. Ils ont franchi une étape, abandonnant à jamais leurs oripeaux d’humains pour pénétrer en pleine gloire dans l’Olympe des Divins gredins. Rien n’est trop beau ni trop cher pour déployer le tapis rouge, leur offrir les meilleurs mets, les plus beaux palais, les plus grands vins. On ne compte pas pour ceux-là quand on mégote sans cesse pour tous les autres.

La Planète parlons-en, se passerait bien de cette petite plaisanterie qui va déplacer des centaines d’avions, des milliers de véhicules, pour que ces gredins, au final, déclarent la main sur le cœur, qu’ils ont pris la mesure du péril climatique. La Belle farce que voilà, ils sont les représentants de commerce de ce fameux péril et dans la bande, seul l’odieux dragon américain joue carte sur table en affirmant clairement ce que ses homologues pensent tout bas : «  Tout ça, c’est une vaste connerie, nous pouvons continuer de plus belle à saccager la Planète ! »

C’est d’ailleurs ce qu’ils font derrière leurs grimaces. Ils ont des mines de premiers de la classe quand il est question de l’environnement mais troquent rapidement leur joli sourire pour remettre dents de requins et sourire carnassier afin de négocier des traités de libre échange commerciaux. Après eux, le déluge. Louis XV l’affirmait, eux vont réaliser ce vieux rêve des dictateurs, des monstres sanguinaires, des potentats cruels. Ils laisseront une Terre exsangue et sans espoir. En attendant, ils profitent !

Je rêve d’un immense tsunami, d’une vague gigantesque balayant la côte landaise en cet endroit précis. Les sept maîtres d’un Monde abandonné de ces Princes seraient ainsi justement récompensés de tout le mal qu’ils ont cautionné. Bien sûr, il y aurait des dégâts collatéraux, tous les valets, les adorateurs, les commentateurs zélés, les anges gardiens de ces monstres disparaîtraient avec eux. C’est sans doute le seul espoir pour notre malheureuse planète, elle seule peut se sauver. Les humains dès qu’ils ont les plus petites responsabilités, oublient totalement qu’ils ne sont que de passage.

Que pouvons-nous faire ? Rien en vérité puisque nous ne disposons d’aucun pouvoir réel, d’aucun droit à montrer et encore moins exprimer notre désaccord. Ils ne gouvernent pas au nom des humains, ils dirigent une Internationale de la Destruction Planétaire au service des actionnaires, des grands groupes et d’une idéologie qui conduira à la ruine et au désastre. Alors vive le déluge s’il ne touche que ceux qui pensent comme eux.

Détestablement leur.

a1

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.