L’école de la transgression.

L’héritage de Freluquet.

Par rapport à eux, nous resterons des cancres ...

 

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Tandis que l'inénarrable Marlène Schiappa, manquant comme souvent singulièrement de tenue, pérore toute voile dehors sur le risque que nous encourons en n’écoutant pas les sages paroles de l’extraordinaire président de faire prétend-elle sans honte le jeu du terrorisme, rien moins que ça ! Les citoyens lassés de toutes les mesures coercitives prennent désormais massivement le chemin de la transgression en toute bonne conscience et légitime défense de leur santé mentale.

Comment le leur reprocher quand ils agissent avec rigueur, prenant les précautions qu’il convient mais oubliant les innombrables mesures liberticides d’un pouvoir de plus en plus autoritaire, injuste et franchement déloyal vis à vis de son propre peuple ? Quand l’absurde se conjugue avec l’injuste, quand l’arbitraire est devenu la norme, il n’est plus possible de rester dans les clous tout en constatant que plus rien ne justifie autant de contrariétés tombées du ciel, de vexations tournant en rond, de privations injustifiées.

Lors du premier confinement, l’immense majorité a répondu aux attentes, se pliant de bonnes grâces aux injonctions d’un pouvoir qui pourtant n’avait pas été avare de mensonges, de cachotteries et de mesures pour le moins délirantes. Contrairement à la réputation qu’on se plaît à accoler à l’esprit national, la discipline fut alors la loi commune. Pourtant, petit à petit s’est instillé le venin de l’arbitraire, des sanctions non fondées qui tombaient sur des pauvres gens victimes de cerbères tatillons, confits en obéissance aveugle

Les exemples se sont multipliés sur les réseaux sociaux tandis que le nombre de procès-verbaux dressés était affiché comme un trophée de guerre contre le peuple taillable à merci. La colère a grandi, elle a fini par devenir un poison civique. Le second confinement n’a cette fois pas brillé par son universalité, chacun comprenant que ce qui était exigé pour les uns ne l’était pas pour beaucoup d’autres.

Une mesure n’est acceptée que lorsqu’elle se fonde sur une égalité intangible démontrée par l’exemplarité de ceux qui sont en charge de prendre les décisions. Ce fut tout le contraire qui se passa. Les cloîtrés ont assisté aux gesticulations infondées de ceux qui sont au-dessus des règles qu’ils édictent. La pire des choses en matière de pédagogie. La vertu de l’exemple n’étant pas au programme de cette clique En-Marche, tout ne pouvait qu’aller à vau l’eau.

Les citoyens bon prince n’ont rien dit. Ils se sont contentés de trouver les failles, de détourner les règles, d’user de parades et d’astuces pour transgresser en toute bonne conscience. Le but du jeu étant naturellement d’échapper à ceux que désormais le pouvoir mettait en première ligne pour passer pour les ennemis du peuple : les policiers et les gendarmes.

Fort heureusement, beaucoup ont renoncé à appliquer de manière impitoyable des directives qui marchaient manifestement sur la tête, ceux-là sont l’honneur de la profession tandis que d’autres se sont fait un malin plaisir à frapper sur les plus vulnérables, accentuant plus encore le fossé d’incompréhension entre le peuple et son pouvoir régalien.

Nous sommes devenus les rois de la transgression tout en portant en nous désormais une haine farouche pour ce pouvoir qui trompe, qui entrave, qui leurre, qui ment, qui favorise les puissants et s’en prend aux plus faibles. Les manipulations deviennent lettre morte, le degré de lucidité n’a fait que croître dans la population, du moins parmi ceux qui ne sont pas tombés dans l’impasse de la terreur, diffusée par les médias aux ordres de ces canailles.

Nous pouvons nous réjouir, nous avons fait le premier pas qui nous rapproche un peu de tous les soutiens, amis et détenteurs du pouvoir en place, ces privilégiés qui pratiquent une forme plus élaborée de tricherie qu’ils nomment optimisation fiscale. Qui sait, nous allons peut-être profiter d’une formation accélérée pour ne plus être les derniers imbéciles à payer des impôts et des amendes dans ce pays.

Transgressivement leur.

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