La belle livraison que voilà.

Du roman à la chanson.

« Dessous de soi »

 

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Alors que je pensais clos le premier chapitre de l’aventure du Roman « Règlement de Conte sur la Loire » dont nous avons épuisé le stock initial, un message me parvint me demandant si je pouvais livrer un exemplaire sur l’agglomération. Il y avait donc encore un acquéreur potentiel plus d’un an après pour se souvenir de cet ouvrage et en réclamer un. Quelle bonne surprise !

Je m’enquis donc de son adresse et rentrai en contact avec ce personnage dont les motivations éveillaient ma curiosité. Ce ne sont pas les articles et les critiques qui pouvaient justifier ainsi une demande en total décalage avec notre activité. Avec ma collègue d’écriture, nous avons repris dans le secret de notre collaboration, la rédaction d’un nouveau livre, travail qui demande temps et engagement quand il se fait ainsi comme le précédent à quatre mains.

Nous nous sommes d’ailleurs promis de rééditer le premier livre à l’occasion de la sortie du second dont l’enfantement prend beaucoup de temps. Nous fûmes donc surpris que quelqu’un se signalât à nous, un peu à contre-temps de notre actualité rédactionnelle. Je voulais en savoir plus. Arnaud m’expliqua alors qu’il avait lu et beaucoup apprécié ce polar ligérien et qu’il souhaitait l’offrir à l’un de ses amis.

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Nous entamâmes alors une conversation téléphonique si chaleureuse que bien vite mon interlocuteur me suggéra d’apporter deux autres romans. La chose était délicate, je n’en avais plus sous la main. Fort heureusement, je me souvins qu’une librairie d’Orléans en avait encore quelques oubliés en dépôt vente. Je pouvais satisfaire la frénésie d'achat de notre ultime lecteur.

Nous prîmes rendez-vous pour une livraison à domicile agrémentée d’un apéritif. Comment pouvais-je reculer devant pareille perspective. C’est donc muni de trois romans que je sonnai chez Arnaud. Là, deux autres personnes devisaient tranquillement. Sur le canapé, deux guitares semblaient frémir à leur heure, tandis que sur un meuble, un accordéon diatonique était installé bien en évidence. La table basse était couverte de victuailles et de verres dont un formidable pâté berrichon dont j’allais me délecter…

La conversation fut aimable ça va sans dire, agréable et bien vite amicale. Nos échanges me permirent de rédiger trois dédicaces totalement personnalisées, de cette facture bavarde qui fait ma caractéristique en la matière. Rien n’est plus désagréable à mes yeux que ces auteurs prétendument spécialistes de la belle prose qui signent sous une formule qui tient plus de la fadaise que de la belle tirade langagière !

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C’est alors que la conversation passa au domaine de la chanson. Éric, l’ami présent expliqua qu’il était le parolier du duo « Dessous de soi » qu’il formait avec Arnaud mon hôte. Nous discourûmes alors des secrets de fabrication d’une chanson, ils m’expliquèrent leur manière de travailler. Puis joignant les paroles aux actes, ils prirent tous deux leurs guitares. J’eus ainsi droit à un merveilleux récital tandis que madame hésitait à prendre son accordéon.

Je fus étonné de la qualité des textes. Il y avait les influences de nos grandes plumes de la chanson française. Brassens naturellement, Tachan, Caussimon, Salvador et Leprest. Je ne pouvais qu’être admiratif et surpris de leur discrétion sur la scène locale. En fait, Éric m’avoua être tétanisé à l’idée de se produire en public tandis que tous deux se désolaient qu’il n’y ait plus place pour la chanson de facture classique dans le paysage culturel.

Il est vrai que leurs paroles exigeaient attention et esprit poétique, des qualités qui font défaut au public contemporain tandis que les mélodies ne dépareillaient pas avec celles de leurs modèles. La voix d' Arnaud chaude et grave avait de quoi m’enchanter, la virtuosité d’Éric soulignant l’accompagnement plus classique de son camarade. C’était un merveilleux moment, j’en profitai pour reprendre du pâté de Pâques ! (Il n’y a décidément plus de saison…)

Ces deux-là devraient un peu sortir de leur coquille. Pour se faire, ils me confièrent qu’il était possible d’écouter leurs chansons sur le site « Dessous De Soi ». Je vous invite vivement à y faire un petit crochet, ils ne passeront jamais à la radio ni même sur une scène locale à moins que quelques amateurs éclairés ne parviennent à les y pousser. J’ai bien quelques noms et lieux en tête et espère vivement qu’ils franchiront le pas.

Ainsi se termina cette livraison à domicile qui ne fut sans doute qu’une première étape. Voilà deux compères avec lesquels j’aimerais pouvoir partager un jour, une petite aventure scénique sans désespérer d’entendre alors quelques notes d’accordéon.

Mélomanement leur.

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