Une fleur de genêt...

À la boutonnière.

S'accrocher à la vie ...

a2-1

S'il est une plante dont l'histoire est enracinée dans notre sol, c'est bien celle du genêt qui serait le candidat idéal pour servir de signe de ralliement à tous ceux qui aimeraient que ça change. Cet arbuste capable de s'accrocher à la vie dans les conditions les plus délicates nous redonnerait le moral et l'envie de tenir bon jusqu'à l'éradication totale et définitive des canailles de la Haute.

Revenons tout d'abord à nos origines celtes. Chez les irréductibles gaulois il se disait « Balano » qui donna tout naturellement ce fameux balai dont un coup salutaire pourrait nous permettre de rejeter au loin les impuretés diverses et autres immondices libérales qui s'accrochent aux parquets de la République. En cela, il mérite toute notre considération d'autant que pour la sauvegarde de la Planète, comme l'affirme Prosper Mérimée, nos sorcières enfourchant un balai de genêt pouvaient se rendre partout à travers le monde…

Commençons donc par la base de cette merveilleuse plante qui se passe aisément d'engrais pour pousser bien qu'elle puisse remplir ce rôle sans enrichir l'industrie. Ses racines abritent des bactéries qui fixent l'azote. Ne l'ébruitez pas, voilà une solution parfaitement naturelle qui déplairait à ceux qui dirigent l'agriculture nationale tout en recevant des subsides des semeurs de mort.

Le genêt est multiusage c'est ce qui en fait son charme. Il allume le feu ce qui à vrai dire serait fort utile pour mettre les poudres en action dans ce pays anesthésié. Il ne donne pas sa part au lion et le cas échéant servirait de fourrage à nos animaux d'élevage en retirant le pain de la fourche des marchands de soja transgénique.

Comme notre économie file un mauvais coton souvent asiatique, genêt, chanvre et lin se rappelleraient à nous pour permettre d'habiller pour l'hiver ces odieux tenants du commerce international pourvu que rien ne soit fabriqué en France. Il est même possible d'en faire des cordes que l'on mettrait au cou de ces bradeurs d'industrie, si possible du haut d'un arbre.

Ses fleurs jaunes sont du plus bel effet pour la décoration et viendraient ainsi mettre de la couleur dans les processions, les cortèges et les manifestations. Cette couleur qui fleure désormais bon la révolte des gueux donnerait un peu de joie au cœur. Cela changerait un peu de ces drapeaux qui claque au vent sans vraiment annoncer le printemps des peuples.

Le genêt attire les pucerons alors que broyé, il fournit un matériau idéal pour la fabrication des nids. Les oiseaux y trouveraient leur compte et nous n'aurions plus besoin de ces insecticides de malheur. Il est vrai que des solutions gratuites ne sont pas de nature à réjouir les rois de la corruption.

Le genêt remplace aussi le chaume pour couvrir les maisons et les cabanes. Moins de chômage si nous pensions enfin exploiter nos ressources locales plutôt que d'aller encombrer le canal de Suez et nos routes avec des produits artificiels de substitution. Un autre Monde est possible, le bel arbuste en est la preuve.

Le genêt a du cœur, il nous en fait profiter en régulant le rythme cardiaque tout en luttant efficacement contre la goutte et les rhumatismes. Il peut aussi agir contre les morsures de serpent venimeux. Pourrait-il faire taire les langues de vipère ? C'est une autre question à laquelle je vous invite à apporter une réponse en constituant des fagots pour brûler les effigies du libéralisme.

Au lieu de vous infuser les discours ineptes de nos gouvernants, passez donc à l'infusion de fleurs de genêts pour soigner arythmie, extrasystoles, insuffisance cardiaque, troubles urinaires, infections urinaires, œdème, calculs rénaux, rétention d’urine, goutte, rhumatismes, insuffisances veineuse, varices… La liste est longue et celle-ci largement bienfaitrice.

Alors plus d'hésitation, portez une fleur de genêt à la boutonnière pour affirmer votre désir de printemps et de renouveau. En Sologne et dans nombre de nos provinces, rien n'est plus facile.

Naturellement sien

a1

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.