Féminicides, écocide, nos corps ne sont pas des terres de conquête !

Nous marcherons ce 23 novembre 2019 pour un futur sans coups, sans viols, sans peur pour nos vies et celle de la Terre sur laquelle nous vivons, un futur où destruction, consommation et domination ne règneront plus en maîtres. Nous marcherons pour un futur durable, égalitaire, libéré de la domination masculine globale.

Les violences envers les femmes et minorités de genre contre lesquelles nous marcherons samedi sont présentes partout et à chaque instant.  Ces violences, nous les ressentons dans nos corps meurtris, nos boules au ventre lorsque nous rentrons chez nous, nos déplacements au sein des espaces prétendument publics. Ces violences sont aussi dans le silence et l'indifférence avec laquelle au moins 136 femmes ont été tuées par leurs compagnons ou ex compagnons depuis le 1er janvier 20191. Ces violences sont constitutives du patriarcat qui assassine, viole, abuse et harcèle tous les jours les femmes et minorisé.e.s de genre.

Nous, écoféministes, affirmons que les violences patriarcales sont devenues une norme qui justifie la destruction et la domination systémique de la nature et des femmes. Une norme qui les considère comme des terrains de conquête, d’expérimentation et d’exploitation.

En Amérique latine2, en Afrique3, en Inde4, aux États Unis5, en Europe6 et partout dans le monde depuis des siècles, les femmes résistent contre le militarisme croissant, contre le virilisme d’une culture qui nous asservit et nous traite comme de la matière inerte. A ceux qui ont oublié la moitié de l’humanité, nous réaffirmons notre opposition, notre mobilisation et nos forces. Nous disons et hurlons :

Non aux politiques et aux gouvernements qui ferment les yeux sur les violences faites aux femmes ! 

Non, l’humanité et la planète ne vous appartiennent pas !

Non à la culture du viol qui permet aux hommes de briser des vies en toute impunité ! 

Non à la néo-colonisation qui brutalise les femmes des Suds pour permettre au patriarcat capitaliste7 de perdurer, les plaçant en première ligne des catastrophes climatiques actuelles ! 

Non à l’accaparement des terres qui dépossède les femmes de leur autonomie !

Non à la violence omniprésente, de nos publicités jusque dans nos familles dont les secrets sont lourdement gardés, et chèrement payés.

Non à l’exposition des populations racisées à des conditions de vie insalubres, aux déchets toxiques, et à leur marginalisation dans des quartiers oubliés des politiques supposées “écologiques”. Le dérèglement climatique nous concerne tou.te.s, et en premier lieu celle et ceux qui n’ont pas la parole.

Il existe un continuum puissant entre les violences faites aux femmes et celles infligées à la nature ; l’une comme l’autre ne cesseront que lorsqu’une prise de conscience globale nous aura permis d’agir. Les mots “féminicide”, comme “écocide”, doivent être utilisés à chaque fois qu’il en est question, car sans nommer les choses nous n’avons pas de pouvoir sur elles. 


Nous marcherons ce 23 novembre 2019 pour un futur sans coups, sans viols, sans peur pour nos vies et celle de la Terre sur laquelle nous vivons, un futur où destruction, consommation et domination ne règneront plus en maîtres. Nous marcherons pour un futur durable, égalitaire, libéré de la domination masculine globale.

 

Pour vous inscrire : noustoutes.org

 

Signataires

Isabelle Attard, ex député écologiste du Calvados

Myriam Bahaffou, chercheuse et militante écoféministe du groupe Voix Déterres

Sophie Barre, militante #NousToutes

Léa Balage El Mariky co-secrétaire régionale EELV Ile de France

Margot Belair, militante écoféministe

Fatima Benomar, membre de Nous Toutes

Camille Bernard, militante féministe pour Nous Toutes et écologue

Michaël Bernard, comédien, allié aux causes écoféministes.

Nicole Bernard,  féministe, formatrice soins infirmiers, mère, grand mère 

Marie Boucaud, écoféministe et membre de Nous Toutes

Katia Bourdin, conseillère régionale EELV Nouvelle Aquitaine

Anne Clair Boux - Tête de liste EELV pour le 18eme arrondissement de Paris

Caroline Brac de la Perrière, Directrice Exécutive du Fonds pour les Femmes en Méditerranée

Geneviève Brotte, activiste Nous Toutes

Nicole Brunet, retraitée

Nathalie Buchot, une personne

Sophie Bussière, militante écoféministe, EELV

Mathilde Caillard, activiste Alternatiba Paris

Cyrielle Chatelain, militante ecofeministe, EELV

Clément Choisne, ingénieur décroissant, (Le) Locomotive

Mina Cugny, humaine, écoféministe, étudiante infirmière

Madeline Da Silva, militante écoféministe #NousToutes, maire-adjointe aux Lilas

Elen Debost, Adjointe au Maire du Mans, conseillère départementale, militante écoféministe, EELV

Caroline de Jouvancourt, cheffe de projet

Elisabeth de Jouvancourt, assistante de direction

Sophie de Jouvancourt, mère

Clémentine Delahaye, (Le) Locomotive, Génération Cobayes

Gaëlle Démare, militante #NousToutes

Alex Deval, coresponsable de la commission LGBT d'EELV

Lou Dimay, autrice

Laure Ducos, écoféministe, Greenpeace

Annabelle Dumoutet, doctorante en droit

Margaux Duthoit, membre du collectif La Vulva

Margot Duval,  étudiante et révoltée

Bethsabée Elhara-Lemberg du collectif La Vulva

Anne Fogeron, militante écologiste EELV

Nastasia Frolow, photographe, militante Greenpeace, féministe et animaliste

Audrey Gendre, chargée de production dans le spectacle vivant

Adeline Granvisir-Clerc, militante écoféministe

Léonor Guénoun, militante #NousToutes

Tatiana Halley, écoféministe, membre de #NousToutes

Julie Henches, activiste Alternatiba Paris

Jean-Sébastien Herpin, coresponsable de commission LGBT EELV

Laurence Hugues, élue écologiste, autrice

Roseline Hui-Bon-Hoa, ex-globe-trotteuse rebelle

Laura Jovignot, militante féministe #NousToutes

Jérôme Jubert, informaticien militant Extinction Rébellion

Samy Khaldi, délégué au PVE

Annie Lahmer, Conseillère Régionale IDF

Pauline Lallement, terrienne en rage

Audrey Landon, militante écoféministe du groupe Voix Déterres

Ophélie Latil, Fondatrice de Gorgette Sand

Morgane Le Bastard, militante Greenpeace et membres des décrocheuses

Camille Le Bloa, militante écoféministe

Anaïs Leleux, membre du collectif Nous Toutes

Guillaume Liberge, militant CGT

Flora Magnan, cofondatrice United4Earth

Douchka Markovic militante ecofeministe et animaliste, adjointe à la mairie du 18eme

Nelly Martin, Marche Mondiale des Femmes

Fabienne Meurice Gabbanelli, conseillère municipale EELV à Yerres (91)

Caroline Michon, militante écoféministe, activiste alternatiba Paris

Anne Mikolajczak Adjointe à la Maire de LILLE, écoféministe EELV

Anahi Miranda Rodriguez, écoféministe et membre de Nous Toutes

Alizée Montoisy, militante féministe #NousToutes

Élodie Nace, activiste Alternatiba Paris

Sophie Nicklaus, écoféministe, militante EELV

Juliette Nitecki, militante écoféministe EELV

Clothilde Ollier, tête de liste EELV à Montpellier

Pistil Paeonia, écoféministe

Maxime Paris, (Le) Locomotive

Vanessa-Jade Parisot, enseignante, militante écoféministe OLF25, PS

Emmanuelle Pierre-Marie, élue EELV, égalité femme homme et lutte contre les discriminations Paris12

Rachel Pinget, femme, maman, sœur, amie, militante pour la vie, formatrice coache pro

Marion Poirier, Maman au Foyer, écoféministe et militante Extinction Rébellion

Pomme 6kda, artiste, militante Extinction Rébellion

Pandora Reggiani, militante écoféministe

Sandra Regol, Porte Parole Nationale EELV

Amandine Richaud-Crambes, directrice de la Fabrique des Mobilités, responsable de la commission Roller Derby FFRS

Pierre Ristic, militant EELV

Sandrine Roudaut, Autrice, éditrice, citoyenne du monde, maman

Sandrine Rousseau, économiste autrice de "Parler"

Pierre-Édouard Roux, professeur de mathématiques, instructeur en self-défense féminine au Mans

Rosalie Salaün, responsable de la commission Féminisme d’EELV

Valentine Schmitt, étudiante, écoféministe et membre d’Extinction Rébellion

Jean-Marc Soubeste, adjoint au Maire de La Rochelle, tête de liste écologiste aux Municipales 2020

Charlotte Soulary, militante féministe et écologiste

Elena Souvannavong, militante féministe, herbaliste, Collectif La Vulva

Mathilde Tessier, co coordinatrice du réseau féministe des jeunes verts européens

Fiona Texeire, militante écoféministe

Julie Thia-Nam, militante écoféministe, EELV

Raphaël Thureau, (Le) Locomotive

Tian, artiste, militant Extinction Rébellion

Samir Tine, conseiller en insertion socio-professionnelle

Laëtitia Toulout, militante

Dominique Trichet-Allaire, militante écoféministe EELV

Sarah Trichet-Allaire, libraire et conseillère municipale à st Nazaire

Estelle Vaysse, militante écoféministe

Katy Vuyslteker, tête de liste Tourcoing Écologiste et Citoyenne

Le cercle écoféministe d’Extinction Rébellion

 

 

Notes

1 Alors même que les institutions européennes commencent à se soucier du du désintérêt de l’Etat face à ces questions.

Où le « corps-territoire » est à la fois celui des femmes et des terres, de façon indissociable. Au Brésil comme au Chili, les communautés de femmes autochtones sont touchées de façon dramatique par le vol des terres des multinationales occidentales et organisent de puissants réseaux de luttes.

Comme le Greenbelt Movement, et à sa tête Waangari Maathai.

Où le mouvement Chipko dès les années 70 est devenu un événement clé de l’histoire de l'écoféminisme.

Avec la Women’s Pentagon action en 1980 et toute la mouvance politique écoféministe qui existe depuis. 

On se rappelle de l’événement écoféministe  à Bure cet été contre l’enfouissement des déchets nucléaires.

Dans certains pays, notamment en Afrique, les femmes font 60 à 80% du travail agricole. En revanche, elles sont 10% à être propriétaires de la terre.(FAO, 2010) 

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