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Billet de blog 7 juil. 2022

Aidez-moi à comprendre.

Expliquez-moi pourquoi nous devrions encore avoir confiance.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Si vous n’en avez pas entendu parler, je fais référence à l’article du Media « Blast » à propos de la jeune Karine, 25 ans, victime de viol et dont l’agresseur est sorti libre, je dis bien LIBRE, du tribunal.

Dans les faits, l’agresseur en question a été poursuivi par 3 victimes, pour 3 chefs d’accusation : viol pour 2 d’entre elles et agression sexuelle pour la troisième. 

Après 6 ans de procédures judiciaires, le verdict tombe : Coupable et condamné à 6 ans de prison… Mais!

Sur ces 6 ans de prison il faut décompter : 

  • 4 ans de sursis
  • 2 ans de ferme AMENAGEABLES!

Sous forme mathématique : (4S + 2FA) * 3V = 0 prison 

Même en allant chercher tous les cosinus, arrondis au carré et autres logarithmes, je ne m’explique pas ce résultat. 

Peut-être parce que ce résultat n’a aucun sens. 

Comment expliquer de façon logique (ou par le bon sens) qu’un violeur multi-récidiviste, sous le coup d’accusations de trois victimes, qui n’a pas nié les faits de surcroît, puisse ne pas voir l’intérieur d’une cellule? 

A quel point est-ce que notre système judiciaire peut-il être à ce point en déficit moral?

Pourrions-nous diriger notre regard vers les hautes sphères du pays pour un peu d’espoir?

Je vous laisse quelques instants pour apprécier la blague.

Est-ce que c’est la sphère judiciaire qui est en déficit moral ou les sphères décisionnaires? Celles qui manipulent les budgets dont les services publics manquent cruellement? 

Rappelons tout de même que ces sphères décisionnaires comptent : 

  • Gérald Darmanin (dont Mediapart a déjà abondamment parlé) - 2 accusations, une pour viol, la seconde pour abus de faiblesse et dont les deux plaintes ont été classées. 
  • Damien Abad - 4 femmes l’accusent désormais de faits de violences sexuelles.

Pour ne parler que des plus récents (ou célèbres, c’est selon), on peut mentionner l’actuelle affaire Cocquerel, lancée par Rokhaya Diallo.

Cette affaire a, bien évidemment, lancé les divers éditorialistes de caniveau des médias d’info en continu dans des diatribes acides envers l’élu LFI. Ces mêmes éditorialistes qui tombaient dans un silence de cathédrale lorsque les deux accusés susmentionnés étaient montrés du doigt.

De mon côté, j’aimerais respecter le principe du ‘tous à bicyclette’, c’est-à-dire qu’à partir du moment où des accusations de violences (sexuelles, physiques ou psychologiques) sont faites, et que des témoignages concordent sur ce point, l’accusé devrait être suspendu de toutes fonctions dans la représentation populaire et ce quel que soit son poste. L’enquête qui en découlerait montrera alors la marche à suivre. 

Ainsi, si Eric Coquerel devait tomber pour les faits qui lui sont reprochés, Damien Abad et Gérald Darmanin devraient, en toute logique, visiter eux aussi les cellules de la Santé. 

Spoiler alert : cela n’arrivera pas. 

Gerald Darmanin a été conforté dans sa position de Ministre de l’intérieur, il a même vu son portefeuille élargi aux territoires d’Outre-mer. 

Damien Abad a quitté le gouvernement, certes, mais seulement pour redevenir député sous drapeau En Marche / Renaissance, et donc intouchable d’un point de vue juridique. 

Est-ce là l’une des raisons pour lesquelles notre Justice est si faible ou immorale quand les affaires de violences sexuelles tombent sur les bureaux des magistrats?

Nous pouvons rajouter à cela les grandes difficultés qu’éprouvent les femmes victimes de violences à ne serait-ce qu’enregistrer une plainte, où elles doivent trop souvent faire face au scepticisme ou au jugement des gendarmes / policiers qui les reçoivent. 

Pour en revenir à la première partie de ce billet, comment est-ce qu’une jeune femme comme Karine peut faire face à de telles dissonances?

Son témoignage est déchirant au point de l’insupportable. 

Son dépôt de plainte est un cas qui devrait être enseigné dans les écoles des Forces de l’Ordre comme la chose à ne pas faire.

Et ces gens disent défendre le peuple? 

Mais peut-être aurions-nous besoin d’une protection contre eux?

Comment pouvons-nous encore expliquer à de jeunes femmes qu’il vaut mieux qu’elles subissent les agressions du quotidien parce que si elles portent plainte il ne se passera rien?

Comment expliquer à ces mêmes jeunes femmes que des postes clé du gouvernement sont occupés par un potentiel agresseur sexuel multi-récidiviste?

Qu’un autre, protégé par son statut de député, ne verra sans doute jamais le début d’une procédure judiciaire?

Qu’un prétendant à la fonction suprême des dernières présidentielles était lui aussi sous le coup de 7 accusations qui ne l’ont pas empêché de se présenter et de bénéficier d’une couverture médiatique hallucinante?

Je n’ai pas d’enfants mais j’ai partagé la vie d’une femme qui en a 2 et qui est elle-même survivante d’un compagnon alcoolique et violent. Cela fait dix ans, DIX ans que les procédures se sont alignées et qu’elle ne dort toujours pas tranquille parce que cet homme est toujours aujourd’hui en liberté.

Comble de l’indécence, un tribunal avait même jugé faisable que ces deux petites puissent voir leur père durant les weekends et ce sans surveillance. 

Comment peut-on encore avoir confiance?

Pourquoi devrions-nous avoir confiance?

Combien de victimes comme Karine devrons-nous encore avoir pour que la Justice réalise à quel point elle scarifie encore davantage des victimes qui doivent déjà encaisser le pire et subir une double peine?

Aidez-moi à comprendre.

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