récit d'une mère anti-omerta 3

Vous l'aurez peut-être remarqué, mes deux premiers billets ont été rédigés sur un ton quasi scolaire, bien sage, car c'est la première fois que j'écris dans un journal. Forcément ça intimide. Il n'est donc pas encore le moment d'exprimer ma révolte, mais ça viendra.

Revenons à la synthèse 2010 :

1- du coté des institutions

- pour la police, pas de témoignage de la victime donc pas de plainte donc main courante, point final.

- pour la psychiatre, signalement au procureur refusé par le conseil de l'ordre des médecins. Raison invoquée : la victime n'est plus en contact avec l'agresseur, donc n'est plus en danger actuellement. En clair, rien à signaler.

bref, débrouillez vous, madame....

 

2- Dans l'entourage

Hormis la famille entière de Vincent, tout le monde s'est accordé à admettre qu'il s'était forcément passé "quelque chose".

Angie était en seconde à ce moment là, certains proches comme ma sœur me conseillaient de "zapper" cette histoire pour ne pas "perturber la scolarité de la petite"...

Flash Back sur ma sœur :

de cinq ans ma cadette, elle m'a révélé en 2001 avoir subi une agression sexuelle de la part de mon oncle, alors qu'elle avait seize ans, donc en 1980.

mon oncle est décédé en mars 2001, ma sœur m'a confié cela en juillet....

mortification, stupeur, colère, sont les sentiments immédiats que je me souviens avoir ressentis. Colère d'avoir été respectueuse envers un oncle qui ne le méritait pas du tout.

Si seulement elle m'en avait parlé au moment des faits, j'aurais mis le boxon total, j'aurais fracassé le tonton minable, je l'aurais mis plus bas que terre...... et c'est justement pour cela qu'elle ne m'a rien dit, pour ne pas "briser une famille". Elle savait que je parlerai, y compris à nos parents, et que mon père ne ferait pas dans la dentelle, parce que ses enfants étaient "sacrés".

je m'en retourne ruminer tout ça dans mon lit, à plus.

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