Argentine: la commémoration du coup d'État confinée

Pour la première fois en Argentine, les marches et les manifestations commémorant le coup d'État civico-militaire du 24 mars 1976 ne pourront avoir lieu à cause du confinement. Les organisations de défense des droits humains appellent à confectionner des foulards blancs et les suspendre sur les balcons et les fenêtres des maisons. Déclaration de l'ACAF en France

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Un 24 mars 2020 sans rassemblement cette année à Paris, mais une mémoire toujours présente 

Le 24 mars nous commémorerons le 44ème anniversaire du coup d’État qui imposa à l’Argentine la dictature la plus sanglante de son histoire.

Alors que le pays sort de quatre années de politiques d’austérité néo-libérales, dévastatrices, mises en place par l’administration Macri et qui ont, entre autres, détérioré le système sanitaire, le nouveau gouvernement de A. Fernandez doit affronter la pandémie mondiale. Les mesures draconiennes prises ces derniers jours sont indispensables pour combattre le virus et éviter qu’il ne se propage encore plus cruellement sur la partie de la population argentine déjà victime du chômage, de la pauvreté et de la famine.

Pour sortir de la crise économique et relancer son économie, l’Argentine a besoin de restructurer la dette frauduleuse contractée, en violant les normes internes du pays en particulier le vote du parlement ainsi que les règles du FMI. FMI qui a octroyé le prêt le plus important de son histoire, sous juridiction des USA et comme cadeau électoral de Christine Lagarde à Mauricio Macri.

Cette restructuration implique une enquête sur la légitimité de la dette par une commission bicamérale du parlement argentin, avant même que ne soient revus son montant, ses intérêts et son échelonnement.

Alors que le système financier vacille, il est urgent de revenir au développement des économies locales et non spéculatives et engager une ré-humanisation des rapports économiques et politiques.

Ce 24 mars est aussi marqué par l’exigence de la mise en liberté de tous les prisonniers politiques victimes d’une justice partiale, pratiquant le « lawfare » sous la présidence de Mauricio Macri.

Nous exigeons la libération de Milagro Sala et la révision, par une justice indépendante, de tous les procès ayant une cause politique et non délictuelle ou criminelle.

Mais ce 24 mars surtout est le moment de commémorer nos 30000 disparus et de mettre fin à toutes formes de négationnisme de notre histoire. Réviser, relativiser, nier des faits qui ont été, prouvés, jugés et condamnés, c’est demander à la victime de répéter et justifier son histoire et ainsi de revivre l’horreur. C’est empêcher un véritable travail de mémoire, de justice et de reconstruction collective. Ceux qui réfutent l’existence même des crimes commis doivent être sanctionnés.

Nous demandons qu’en application des conventions et traités et internationaux signés par l’Argentine, les condamnés pour crimes contre l’humanité accomplissent la totalité de leur peine en prison sans conditionnelle ni domiciliaire.

Ce 24 mars comme depuis 44 ans, nous exigeons :

  • Mémoire, Vérité et Justice pour tous les crimes perpétrés durant la dictature civico-militaire ainsi que durant les années de démocratie par des forces de l’ordre agissant dans l’impunité.
  • Prison commune et effective pour tous les génocidaires ! Assez de prisons domiciliaires et de conditionnelles !
  • Restitution des 500 enfants appropriés par le terrorisme d’état.
  • Vérité et justice pour l’assassinat de Santiago Maldonado et de Rafael Nahuel.
  • Liberté pour Milagro Sala et tous les prisonniers politiques.
  • Non au paiement de la dette frauduleuse.

 

 

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