Lundi, c’est la rentrée. Panique d’une maman confinée

Lundi 20 avril, c’est la reprise de l’école pour la zone C. Des millions d’enfants et leurs parents confinés vont reprendre le chemin de l’école à la maison. Je ne sais pas pour vous mais moi, ça me panique sur les bords.

L’école à la maison, ça m’a fait marrer les 3 premiers jours. Et puis après, plus du tout. Les enfants, c’est pareil. Le grand (CE2) répète d’ailleurs en boucle depuis quelques jours : « je n’ai pas envie de recommencer l’école lundi ». Avec un peu (beaucoup) de drama dans la voix.  

J’ai beau me répéter en boucle : « ne te mets pas la pression », je me la mets quand même.

Comme si le fait de réussir à faire l’école à ses enfants était le gage d’être un bon parent.

Comme si c’était possible de faire l’école en même temps que de télé-travailler et d’organiser la vie de la maison (ménages, linge, repas, ...).

J’ai bien conscience pourtant de faire partie des parents ultra-privilégiés. Nous avons des écrans, un accès internet sans limite, une imprimante et des réserves de papier. Et nous sommes deux adultes à nous partager les temps d’école et tout le reste.

Et pourtant, même en étant ultra privilégiée, je trouve ça dur.

Dur d’obliger les enfants à s’assoir à une table pour travailler alors qu’ils n’ont qu’une envie : jouer. Dur d’essayer de leur transmettre des connaissances alors que ce n’est pas mon métier. Dur d’imposer d’apprendre des choses comme si de rien n’était alors que le monde s’est quasiment arrêté dehors.

J’ai donc décidé assez vite de pas essayer de faire « l’école ». De considérer les temps « d’école à la maison » plutôt comme des moyens de rythmer la journée et d’occuper les enfants. Pas comme des défis pédagogiques à réussir pour être sûre que mes enfants apprennent le programme de leur année scolaire.

Je ne suis pas enseignante. Et quand bien même je le serai, je ne suis pas sûre que j’aurai l’envie ou la capacité de faire la classe à mes propres enfants.

Le fait de faire peu l’école, voire pas du tout, pendant quelques semaines n’aura pas de conséquences graves sur les enfants. Ce qui peut avoir des conséquences, c’est s’ils sont soumis chaque jour à des tensions, des cris, des énervements de la part des adultes qui sont présent.e.s autour d’eux. Et l’école est source de tension et de stress.

Nous sommes confinés. Enfermés.

Je ne vois plus mes ami.e.s. Mes enfants sont en manque de leurs copains et copines.

Mon entreprise tourne au ralenti.

Tout ça me déprime.

Ma priorité, c’est d’aller le mieux possible.

Ma priorité, c’est de prendre soin de moi et des personnes qui m’entourent. Avant d’apprendre les tables de multiplications ou la conjugaison des verbes du 3ème groupe. Ma priorité, c’est de veiller à mon moral, mon niveau de stress, ma fatigue. Avant l’histoire de France ou le fonctionnement du corps humain. Ma priorité, c’est de préserver un maximum les relations au sein du foyer. Avant les pronoms personnels ou une leçon d’anglais.

Je ne vais pas me faire croire que je fais la classe, avec des objectifs et des exercices. Je vais prendre ces « temps d’école » (2 heures par jour ici) comme des temps d’occupation et de stimulation. Je partage ici toutes les idées que j’ai trouvé. Objectif prioritaire : ne pas péter un plomb. Voire essayer d’y prendre du plaisir (soyons ambitieuse).


On va faire des maths en s’amusant. Merci l’académie de Lille qui a mis en ligne des jeux super bien faits pour tous les niveaux du CP à la 6e.

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Pour l’orthographe, on va faire des dictées inversées. L’enfant nous lit un texte (drôle), on écrit en faisant plein de fautes et il doit corriger.

 

On va regarder des épisodes de « C’est pas sorcier » en lui demandant derrière de nous le résumer en 3 minutes. Tous les épisodes sont disponibles ici.

On va écouter des podcasts sur l’actualité et leur faire raconter. Le podcast d’Asptrapi et de France Info, pour les 7-11 ans, est super.

On va lui faire lire chaque jour Le Petit Quotidien (15 jours gratuits) et leur demander de nous faire un résumé en 3 lignes.

Pour la poésie, on va chercher des textes qui vont faire rire.

Pour la géométrie, on va leur faire faire des frises et des schémas rigolos (des Pokémons, des personnages de Zelda ou de Browl Star en pixel)

Et bien sûr, on va s'appuyer sur tous les éléments envoyés par la maîtresse qui se démène pour fournir aux parents des outils pédagogiques adaptés (cœur sur elle).

Bref, la priorité, c’est de faire en sorte que ça se passe bien. Objectif : zéro tension, zéro énervement, zéro cris. C’est un objectif hein, j’ai pas dit qu’on allait y arriver. Mais se fixer cette ligne d’horizon, permet de mettre toutes les chances de son côté.

 

Caroline, militante féministe et maman confinée.

 

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