Histoire personnelle qui rejoint l'histoire des luttes.

Et si je luttais aussi pour la mémoire de mes aïeuls?

Je suis français. J'ai 44 ans.

Un français un peu différent de la plupart peut-être.

Des grands parents italiens communistes du côté paternel qui ont dû fuir leur pays et entrer en résistance en France contre le fascisme.

Des grands parents yiddish laïques depuis longtemps mais qui ont dû fuir aussi leur pays, l'Allemagne puis la Belgique à cause du nazisme et entrer en résistance pour la France libre.

La France a donc un goût spécial pour moi. Celui d'un espoir raconté maintes fois en chansons anarchistes, en histoires épiques et formidable, en souffrance aussi.

De la résistance, ces aïeuls sont passés dans l'industrie sidérurgique du bassin Lorrain, et une autre lutte a dû reprendre, celle contre le patronat et la misère.

Vous comprendrez donc que le choix du combat contre les inégalités n'en est pas vraiment un pour moi, qu'il est presque un réflexe citoyen et je m'en accommode largement.

Fier donc d'entrer en rébellion depuis très jeune et pour de bonnes causes, mes combats ont naturellement commencé par l'antiracisme, la précarité, et tout ce qu'il s'est imposé en injustices des gouvernement successifs (de droite ou de gauche) vers les populations affaiblies ou tout simplement oubliées, parfois mise à l'écart délibérément pour servir des intérêts plus vastes, toujours économiques.

Je pense ainsi que mes arrières grand-parents ne nous ont pas amené ici pour que, quelques générations plus tard, nous nous retrouvions dans une république bananière, ultra-libérale et violente comme jamais, oppressant son peuple dès qu'elle en a l'opportunité, et à la solde des plus puissant, sans que nous nous battions.

Vous l'aurez compris, ce qui me porte c'est mes combats plus que d'être français ou patriote.

Vous l'aurez compris, la mémoire de ces héros familiaux m'importe plus que n'importe quel gouvernement toujours plus crasse que le précédent.

Vous l'aurez compris, jusqu'à la mort, comme la leur, je n’arrêterai jamais le combat des justes. C'est la moindre contribution que je puisse faire pour les remercier de leur héritage. La moindre chose que je puisse faire pour continuer à faire vivre leur mémoire et leur histoire.

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