Benoit Hamon et l'école

Sorti premier de la primaire du PS, Benoit Hamon est candidat à la présidentielle. Hormis la continuité de la « Refondation de l’école » qu’il juge positive, il a énoncé ses priorités pour l'éducation dans ses différentes interventions ou interviews. Voici celles que j'ai retenues :

 

Benoit Hamon à la journée de la Refondation Benoit Hamon à la journée de la Refondation
– Il souhaite redonner toute sa place à la pédagogie :« Le pédagogue c’est celui qui fait travailler les élèves pour qu’ils apprennent. Je propose qu’un quart du temps en classe soit consacré à du travail encadré par l’enseignant. Il faut alterner de façon beaucoup plus systématique le passage du théorique à la pratique et au test répété des connaissances.

Le numérique est un outil, il n’est pas bon en soi. Il faut de le mettre au service des apprentissages et de la réduction des inégalités scolaires. Le numérique peut avoir des grands avantages car il désinhibe les élèves, il change le rapport à l’évaluation et à la faute qui est plus perçue comme une simple erreur que l’on peut aisément corriger, il favorise la participation de ceux plus en retrait, il permet la pédagogie différenciée.

Mais tout cela n’est possible que si les enseignants sont formés de façon permanente aux innovations. Le numérique implique encore plus de pédagogie de la part des enseignants. » (Extrait de l’interview paru dans « VousNousIls », le 23 janvier 2017).

– Et donc  relancer la formation continue des enseignants.

– « Je mettrai en œuvre un grand plan de formation continue des enseignants pour valoriser leur travail et leur carrière. En fonction de son ancienneté et des besoins qu’il exprimera, chaque enseignant bénéficiera tous les ans de 3 jours, 5 jours ou 10 jours de formation. Une bonification du nombre de jours de congés de formation sera attribuée aux enseignants en fonction du temps passé en REP. »

« 15 000 postes seront crées pour la formation continue et 2 000 postes pour garantir le remplacement des enseignants absents. »

– Pour lutter contre les inégalités scolaires, Hamon s'engage à recruter 40000 enseignants dont 20000 dans le primaire et à réduire les effectifs dans les classes : «  Je veux limiter le nombre d'élèves par classe dans le cycle 2 (CP, CE1, CE2) à 25, en valeur absolue, et non pas en moyenne. Aucune classe au-dessus de 25 élèves dans le cycle 2. Et j'irai même plus loin pour les DOM, des REP et REP+ et territoires ruraux qui apparaissent le plus en difficulté. Je proposerai 20 élèves maximum, ce qui permettra de faire une vraie différence avec ce qui relève de l'éducation prioritaire. »

– Il veut mettre en place un service public du soutien scolaire « pour donner à tous les chances de réussir à l'école », avec comme objectif d'inclure dans le temps scolaire des élèves « le travail personnel et les devoirs donnés à la maison ».

– Pour l’école maternelle : « Je veux rendre la scolarité obligatoire dès 3 ans, et garantir un droit à la scolarisation à 2 ans dans les REP ».

– Une nouvelle carte scolaire : « Il faudra revoir la sectorisation, qui relève des collectivités, de façon à ce que les bassins sur lesquels les recrutements s'opèrent soient beaucoup plus mixtes socialement qu'ils ne le sont aujourd'hui. Et revoir aussi l'affectation des élèves de façon à ce qu'ils puissent formuler plusieurs choix, et ensuite l'Etat distribuera les élèves en fonction d'un objectif de mixité sociale ». Il engagera si possible un dialogue avec l’enseignement privé.

Un service public d’orientation scolaire : « Je mettrai en place un service public de l’orientation scolaire qui valorise de la même manière toutes les formes de réussite, les filières générales comme les filières professionnelles ou techniques et qui garantisse l’accès aux voies d’excellence pour tous et toutes. Les discriminations à l’orientation, fondées sur des préjugés et parfois de l’autocensure, doivent disparaître. Un nouveau mode d’affectation en classe de troisième devra être créé pour lutte contre les inégalités.

– L’éducation artistique et culturelle une priorité des pouvoirs publics : Les « Arts pour tous à l’école »  seront développé en partenariat avec les collectivités locales.


Bien sûr peu de probabilités pour que Benoit Hamon soit président de la République et donc que ces propositions voient le jour au sein d'un ministère. Mais au vu du peu d'intérêt des autres candidats pour l'éducation et surtout du danger de certaines propositions... ne nous privons pas.

Et peut-être – c'est mon côté utopiste – ces propositions influeront-elles le PS, voir plus à gauche ! 

 Le 30 janvier 2017,

 

 

 

 

 

 

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