Une expérience politique originale

Le Collectif Hautes-Alpes solidaires, écologiques et citoyennes (Hasec) a travaillé en démocratie directe pendant 9 mois pour présenter 36 candidat.es aux départementales. Il rassemble des citoyen.nes sans étiquette (80% des 550 membres) et des citoyen.nes engagé.es (20%). Nous proposons une analyse de son parcours. Anne Gombert et Jean-Paul Leroux

Une expérience politique originale

Essai d’analyse du parcours du Collectif citoyen 05

Hautes-Alpes solidaires, écologiques et citoyennes

Remarques introductives

D’habitude chaque élection départementale se déroule canton par canton, le département ressemblant ainsi à une juxtaposition de petits territoires, plus ou moins liés. Pour la première fois dans les Hautes-Alpes, il y a une véritable campagne pour tout le département.

Cette dynamique nouvelle est la première réussite d’un collectif de citoyen.nes qui s’est nommé, après une procédure « référendaire » : Hautes-Alpes, solidaires, écologiques et citoyennes, (Collectif 05 ou HASEC pour simplifier dans le texte ci-dessous – voir le site https://collectifcitoyen05.fr/)

Cette réussite se manifeste dans la campagne qui s’est ouverte, puisque Hasec présente des candidat.es dans 9 cantons sur 15, le collectif a réussi à mobiliser 36 personnes pour porter son projet. Ce fait est notable compte tenu de l’ancrage à droite du département.

Mais l’important n’est pas là. Il tient dans le processus égalitaire, inclusif et/ou ouvert mis en œuvre dans l’implication d’une diversité de personnes d’âge, de genre, de localisation différentes et faut-il ajouter, de parcours politiques très variés. Par exemple, on trouve des aguerris de la politique, des personnes engagées socialement ou dans des associations et d’autres n’ayant pour certains jamais fait de politique qui ont su innover pour travailler ensemble. L’autre point à souligner est la construction d’un projet départemental, finalisé et construit à partir des besoins des hauts alpins avec des propositions contextualisables dans chaque canton.

Une histoire « presque » nouvelle

A partir de la mi-octobre 2020, des discussions politiques intenses et un travail programmatique étonnant ont été portés par le nombre important de personnes qui s’y sont impliquées.

Les discussions politiques et celles concernant le développement du collectif se déroulent au sein de « plénières », avec une périodicité de 15 jours, le vendredi de 20h à 22h-23h. Le choix du nom de « plénière » n’est pas anodin, il ne s’agit pas d’une AG traditionnelle mais d’un espace de développement du collectif. Les décisions se prennent au consensus et/ou au consentement mais aussi par des votes à choix multiples lorsque les deux premiers modes décisionnaires n’ont pas abouti. A noter également que les comptes rendus sont tous accessibles sur le site et soumis à un processus d’amendement et de validation collective avant d’être rendu lisible au plus grand nombre. A ce jour, 17 plénières se sont déroulées, avec un présentiel de 35 participant·es en moyenne. Une centaine de participant·es ont été présent·es au moins une fois. On peut donc noter que l’engagement « citoyen » a été une réalité forte et n’est pas une vue de l’esprit.

Les premières décisions et leurs conséquences.

L’importance du travail de co-construction.

Les premières plénières ont eu deux objectifs :

a) La construction du collectif lui-même (considéré comme une maison commune), autour de son organisation interne et des lignes des valeurs et fonctionnement concernant les modes de décision et les attitudes entre membres (voir la Charte de fonctionnement évolutive et les Essentiels sur le site).

b) La détermination du périmètre politique et des axes fondamentaux.

Au départ, il s’agissait d’une volonté de rassembler les forces de gauche, citoyennes et partis politiques dans l’objectif des départementales, avec comme méthode la participation égale de toutes et tous. De là, la question du périmètre politique s’est imposée. Cette question a été tranchée assez rapidement, et dès la 3ème plénière il a été décidé à l’unanimité que l’espace ne comprendrait pas LREM. Par ailleurs, il se trouve que le PS, initialement présent a mal intégré, dans son schéma, la dialectique de construction citoyenne (un membre = une voix) et a préféré celle plus classique d’organisation de parti. Il s’est retiré de lui-même dès la 4ème plénière. Finalement, le Collectif 05 est constitué de deux catégories de citoyen.nes : des citoyen.nes « ordinaires » et d’autres appartenant à une organisation politique, soit à des partis classiques (PCF, EE-LV) ou des mouvements politiques (LFI, Ensemble!05), soit à des associations citoyennes qui avaient présenté des listes aux élections municipales, Ambition pour Gap, Briançon Citoyenne. A ce propos, voici l’élément de langage travaillé en plénière et consensuellement posé pour ses membres le collectif est  : « Forts de nos 550 signataires, nous construisons un projet départemental et avons lancé un appel à candidatures en vue des prochaines élections Départementales. 20% des signataires de l'appel sont des militants de partis ou mouvements politiques : ni derrière, ni devant mais AVEC : Ambitions Pour Gap, Briançon Citoyenne, Ensemble 05, Europe Écologie les Verts, La France Insoumise et  Le Parti Communiste Français font partie de ce collectif. »

Les axes fondamentaux du projet politique sont au nombre de trois : solidarité, écologie, citoyenneté. En rapport avec ces trois axes, il y a eu l’écriture d’un appel pour inviter les citoyen.nes à rejoindre le Collectif 05. Cet appel a reçu 550 signatures. Il a été admis que chaque signataire était membre à part entière du Collectif. Le sens politique de ces nouvelles modalités inclusives, sur une base personnelle, a deux sens : le premier est la mise entre parenthèses des formes politiques traditionnelles, le second est l’émergence d’une construction politique nouvelle.

Deux événements internes au collectif 05 illustrent ces deux aspects.

Premier évènement : le débat sur le soutien du Collectif 05 à l’appel « Il est temps », lancé au niveau régional par l’ensemble des forces de gauche.

Le débat portait sur le point suivant : en tant que Collectif 05 constitué des présent.es à la plénière pouvions-nous engager tous les signataires de notre appel ? Nous étions tous d’accord que la plénièreest souveraine pour autant pouvions nous passer au-dessus des volontés et choix individuels ? La solution fût d’expliquer aux signataires l’enjeu d’un soutien à « Il est temps », en les invitant, s’ils le souhaitaient, à signer l’appel régional et en fonction du nombre de signatures engager alors le Collectif citoyen 05. Après cette démarche – style RIC interne – HASEC a soutenu l’appel. Cet épisode peut facilement s’interpréter comme un frottement entre une forme délégataire de démocratie et une forme de démocratie directe. A noter aussi que L’utilisation d’internet a permis, outre les plénières en visio, une rapidité de consultation des membres du Collectif, et a donc aussi contribué a part entière à la réussite cette nouvelle construction

Deuxième évènement : difficultés des structures politiques anciennes avec le fonctionnement inédit du Collectif 05.

Le Parti Socialiste voulait une organisation « supra » avec deux représentants par organisation et deux pour les citoyen.nes. Il a quitté le collectif, pour ne jamais y revenir étant entendu que cette organisation « supra » qu’il proposait a été refusé par le collectif. Par ailleurs, dès le départ la FI 05 s’est divisée sur le soutien à Hasec, et cela de manière publique. Si certain.es de ses membres en ont été des « moteurs » et se sont engagé.es pleinement dans la construction du collectif, d’autres n’y étaient pas favorables et ont fait obstruction sur certains points, avant de se raviser au cours du mois de mars 2021.

Les raisons d’un « succès ».

A) Une convention citoyenne auto-désignée et la nature de son protocole de fonctionnement.

Le fonctionnement interne d’Hasec, par beaucoup d’aspects, ressemble à celui des conventions citoyennes. Nous insisterons sur ce point. Jacques Testart en 2015 dans L’humanitude au pouvoir, décrit ainsi une des conditions de réussite de la convention citoyenne : elle « n’est bien sûr réalisable et productrice d’intelligence qu’en respectant scrupuleusement un protocole convenu, où dominent la qualité et l’objectivité des informations fournies, la protection intellectuelle du groupe contre des pressions extérieures, et des conditions matérielles favorables à son épanouissement. »

1) L’ordre du jour des plénières est préparé par un Groupe d’Animation [GA].
Le groupe d'animation compte aujourd'hui 15 personnes. Il peut intégrer de nouveaux participants au fil de l'eau. Il est le garant du fonctionnement et des décisions prises en plénières
Le GA est un organe facilitateur et régulateur, à l’interface des différents groupes de travail et des plénières. Il se charge de la bonne circulation de la communication et de la bonne marche des plénières. Il accompagne le processus de construction du "projet" sans faire "à la place" des membres du collectif. Il peut toutefois être amené à produire ou piloter des actions définies en plénière dès lors qu’il en a le mandat.

2) Bienveillance et écoute active

A ce propos, ci-après un extrait de la Charte de fonctionnement d’Hasec : « Nos principes de fonctionnement sont basés sur le respect des individus et des idées, chacun est attendu sur cette attitude bienveillante. Nous vous invitons également à pratiquer ce que l'on peut appeler l'"écoute active", afin d'éviter les répétitions et les incompréhensions lors des réunions. À ce titre, les messages numériques parallèles aux échanges oraux sont déconseillés et doivent respecter ces mêmes principes. Afin de ne pas prendre de temps pour répéter une intervention en cours, on peut manifester son accord ou non en utilisant les smileys "pouce vers le haut" ou "pouce vers le bas" du « chat ». Lorsqu'une prise de parole est souhaitée, n'hésitez pas à prendre des notes afin de garder votre idée en mémoire. »

B) Le travail très important organisé dans plusieurs groupes de travail [GT…].

- GT tech. et com (groupe de travail technique et de communication)

Une équipe technique chargée du site et des « outils » de travail en commun qui a mobilisé une dizaine de personnes selon les périodes.

- Le GT projet

Livret projet

Ce projet (maintenant compilé dans notre livret projet) est le résultat de plusieurs mois d’analyses, d’échanges et de discussions pour aboutir à des engagements précis pour le court, le moyen et le long terme avecl’objectif « clair et net » de changer le quotidien des hautes-alpines et hauts-alpins.

Pour le construire

  • Nous avons procédé à un état des lieux de l’existant (ce qui est positif, les avancées, les manques, les creux) à partir des compétences du département. Cet état des lieux a été réalisé en regard de ressources fiables (ex. rapports de la cour des comptes, articles d’analyse, entretien et témoignages d’experts…). Dans ce livret pas une des compétences du département ne manque.

  • Cet état des lieux a généré la rédaction de 29 fiches « thématiques » présentant des éléments « saillants » de l’état des lieux, des propositions (politiques et concrètes) et des ressources (pour ceux qui souhaiteraient « aller plus loin »).

  • Ces fiches ont été soumises, pendant un mois, à « consultation numérique » du demi-millier de signataires qui ont pu rectifier, enrichir et amener d’autres propositions. Tous les amendements ont été pris en compte dans les rédactions finale des fiches.Au total, ce livret constitue les engagements de HASEC pour une nouvelle majorité solidaire, écologique et citoyenne pour les Hautes-Alpes.

- Le GT RédacPro (rédaction du projet)

Le 4 pages programmatique

Une fois le livret projet réalisé, nous nous sommes posés la question de sa diffusion, vulgarisation, et lisibilité pour le plus grands nombres d’électrices et d’électeurs potentiels.

Nous avons choisi de présenter sous forme d’un 4 pages qui compacte les 29 thématiques de manière transversale par les droits et les besoins vitaux des hautes-alpines et hauts-alpins. Ce « 4 pages programmatique » est la base commune de la campagne dans les 9 cantons où nous sommes présent.es. Il donne le détail, en 58 propositions concrètes pour la solidarité, l’écologie et la citoyenneté.

- Le GT CandiC (candidat.es à la candidature).

Il avait pour mandat de définir les critères pour le choix des candidats à la candidature. Les choix au final sont fait dans les cantons par les signataires de l’appel et ces choix ont été ratifiés en plénière. Pour autant son travail a été essentiel dans la mobilisation des citoyens en vue de se présenter, dans la centralisation des informations émanant de chacun des cantons.

- Le GT d’animation de la campagne.

Il s’est agi de mener une campagne originale au-delà de la mutualisation du projet et des documents de campagne. Des événements communs ont été organisés à Gap, à Briançon pour montrer le collectif Hasec à l’œuvre, manifester la capacité d’une équipe citoyenne à prendre les rênes du département. Plus original, quatre « facebooklive » se sont déroulés sur les thèmes de l’économie de montagne, la culture, la citoyenneté et la solidarité. Ces « facebooklive » rencontrent beaucoup de succès puisque par exemple, celui sur la culture a été visionné plus de 800 fois ! Pour Hasec, il s’agit de renouer avec l’esprit de l’éducation populaire en utilisant les moyens technologiques que le confinement dû au Covid a rendu populaire ! Bien entendu, les moyens plus classiques, distribution de tracts, porte à porte, etc.. sont également à l’oeuvre.

C) Une conjoncture politique favorable.

Hasec, sa constitution, son fonctionnement, s’inscrivent dans un processus historique à l’œuvre dans de nombreux endroits et à différents niveaux. De la mise en place du budget participatif à Porto Alègre, aux expériences des « places », à l’émergence des conventions citoyennes ou le Hirak, etc.., la montée de la citoyenneté politique est une aspiration partagée par de nombreuses populations. Ainsi, le succès d’Hasec aujourd’hui, est aussi l’héritage d’un processus plus long qui met en son centre la question de la démocratie.

Ainsi, avant de conclure et sans prétendre l’exhaustivité des dimensions explicatives, nous souhaitons parcourir synthétiquement quelques étapes de cette histoire, celle qui a conduit à la réussite à la construction d’aujourd’hui.

La situation générale de crise politique et celle de la « gauche » en particulier a, paradoxalement, poussé les diverses organisations à accepter l’union comme réponse possible. Aucune organisation n’était en position d’imposer son « hégémonie », celles qui ont essayé sont parties, ou ont essuyé un refus et se sont finalement ralliées. Mais une chose est la nécessité, voire la volonté de l’unité, autre chose est de trouver une forme qui puisse la réaliser entre des partenaires aussi différents. Le mérite de celles/ceux qui l’ont mis en œuvre est certain. L’implication forte des citoyen.nes est la raison profonde du succès. Les « logiciels » en œuvre ne sont plus ceux des mouvements politiques mais celui de la citoyenneté. Mais il faut immédiatement ajouter que cette forme nouvelle, faite de créativité et de résistance, est issue d’une tradition citoyenne ancienne dans les Hautes-Alpes, qui bien entendu se manifeste aussi ailleurs, non seulement en France mais partout au niveau mondial.

En 2002, après le duel Chirac-Le Pen, la nécessité de repenser la politique et la démocratie aboutit à un groupe sur GAP nommé « Réveillons la démocratie ». Ce groupe avait pour but de dynamiser la démocratie en créant un espace public de débat. Plus de 100 débats furent organisés sur les thèmes les plus divers, du rôle des troupes françaises de Hautes-Montagnes, au débat sur le mariage pour tous, le référendum sur la constitution européenne, etc. Ces débats permirent de populariser l’idée de la nécessité de repenser la démocratie sur de nouvelles bases.

En 2007, un secrétaire de la CGT, obtint le soutien du PCF et de la Ligue communiste pour se présenter aux élections législatives sous l’étiquette : « Pour une Alternative Citoyenne à Gauche » (P.A.C.G) ». Le candidat ayant frôle les 10 % des voix, il fût nécessaire de créer une association pour recevoir les fonds publics. L’idée d’une alternative citoyenne venait d’avoir un beau succès dans le premier arrondissement des Hautes-Alpes. En 2008, PACG présenta une liste aux municipales de Gap sous l’étiquette : G.A.U.C.H.E : Gap, Alternative, Unitaire, Citoyenne, Humaniste, Écologique. Le fonctionnement de cette liste préfigurait sous de nombreux aspects celui du Collectif 05, en particulier en ce qui concerne la construction du programme. En 2014, il y eut une liste « Tous Capables – G.A.U.C.H.E » aux municipales. Mettre en avant l’expression « Tous Capables » revenait à affirmer que tous les citoyen.nes sont capables de faire de la politique, ils/elles sont égaux et égales devant les choix de société. Ce sont autant de « petites graines qui ont poussé ». Lors des législatives de 2017, l’idée d’une union devait aboutir à la création d’un groupe (Pcf, Ensemble!, EE-LV) dénommé « Convergence 05 » qui voulait présenter des candidat.es dans les 2 circonscriptions. L’appel aux citoyen.nes été une des marqueurs importants de cette Convergence 05. Cette unité est venue achopper sur le positionnement de« leadership » de la FI, nouvelle venue dans le champs politique. Dans la deuxième circonscription, avec un seul candidat, il aurait été possible d’être au deuxième tour, mais en fait, cet épisode malheureux a joué un rôle déterminant dans la volonté des citoyens hautes et hauts alpin.es de dépasser les clivages traditionnels.

Enfin, aux dernières municipales de 2020, des collectifs citoyens ont fédéré et ont su convaincre un nombre important d’électeurs et d’électrices. Il y a dans l’opposition des élus de «Briançon citoyenne » « qu’Ambition pour Gap » qui siègent. Certain.es aujourd’hui sont des membres actifs et chevilles ouvrières du collectif Hasec.

En synthèse, nous pouvons poser que la nouveauté d’Hasec est donc d’avoir réussi deux choses. La première de mettre en avant les citoyen.nes. Ceci a permis de neutraliser les querelles à gauche, et cela n’a été possible que par la constitution d’une « forme inédite » qui ressemble beaucoup aux conventions citoyennes.

Hasec envisage d’ores et déjà continuer son travail en étant un organe de soutien aux élu.es en impliquant le plus grand nombre de personnes dans les décisions et en soutenant une dimension forte d’éducation populaire (notamment par les « Lives » qui ont commencé autour des lignes de notre programme et qui ont remporté un franc succès).

Notre sincère conviction étant que la participation citoyenne est LE moyen et l’outil du changement pour un avenir plus juste, plus démocratique et plus écologique.

Quelle sera l’impact électoral de cette nouveauté ? La réponse sera donné le 27 juin au soir.

Est-ce que Hautes-Alpes, solidaires, écologiques et citoyennes aura un avenir au-delà des départementales et réussira sa transformation ?

Quoi qu’il en soit incontestablement cette affaire est à suivre …

Anne Gombert et Jean-Paul Leroux

Juin 2021

Pour des approfondissements, n’hésitez pas à consulter notre site  : https://collectifcitoyen05.fr/?Projet  car tout est à votre disposition en toute transparence car c’est notre éthique.

PS : Nous remercions l’ensemble des membres actifs d’Hasec, des participants, des signataires de notre appel pour la belle aventure que nous sommes en train de vivre, de construire, de « grainer » ...

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