Forces du Désordre. Nous interdirons chasse au lapin, tir aux pigeons.

Le mouvement jaune a fait tomber le masque démocratique derrière lequel se cachaient nos représentants. A l'heure où la répression policière banalise des exactions qui sont des crimes contre l'humanité, se pose la question : de quelle police nous voulons ? Celle qui protège ou celle qui se livre au tir aux pigeons ?

jaune

Quiconque a mis les pieds dans une manifestation jaune le sait pertinemment : à aucun moment la police n'a été utilisée comme un service de maintien de l'ordre. A chaque fois il s'agit d'intimider, de blesser ou de discréditer ses participants. Une police politique, véritable milice, utilisée pour maintenir au pouvoir les plus jusqu’au-boutistes des ploutocrates. Le peuple ? Une bande d'inutiles, de factieux, ingrats incompétents, incapables de saisir la subtilité de leurs dieux.

La police, autrefois gardiens de la paix, ici agents du nouveau désordre mondial, applique sans sourciller des consignes qui la transforment en une force barbare et inhumaine. Ce ne sont pas même les manifestants violents qui sont maltraités, c'est la grande masse pacifique. A l'heure où chaque téléphone est une vidéo, combien de scènes où l'on voit l'un de ces fou-furieux brandir son arme de mutilation massive en direction de la foule, alors qu'aucun danger ne le guette ? Malheureusement d'autres images et d'autres témoignages prouvent qu'ils en font usage.

Cette colère sociale a mis à vif les appétences dictatoriales des gardiens de la finance, dont le bras violent est policier. A ce sujet bon nombre de gilets jaunes s'évertuent encore à distinguer le bon grain de l'ivraie, au motif que tous les flics ne brandissent pas un canon dans leur direction. Oui c'est un fait. Mais dans l'ensemble ? Le corps de ces forces de désordre fait bloc autour de cet inadmissible et par là-même assume les exactions des plus décérébrés d'entre eux. De quoi parlons-nous ? De violences graves et de mutilations, c'est-à-dire pénalement de crimes. Avez-vous vu un policier prendre la parole pour dénoncer ces horreurs ? Pas tous coupables, certes, mais tous complices.

Entendons-nous bien. Ce constat n'a pas pour but de légitimer aucune violence en retour. Mais bien de dire ceci : la police, dans ce qu'elle représente, n'en sortira pas indemne. Nous ne pourrons pas nous taper gentiment dans la main en nous disant "à la prochaine". Des réorganisations révolutionnaires devront avoir lieu. Et ceci d'autant plus urgemment que les violences ne sont pas accidentelles. Et que de semblables surgissent en d'autres lieux.

Chaque manifestant ayant côtoyé cette horreur peut désormais imaginer ce que vivent depuis des décennies certains adolescents pris en chasse par des furieux en bleu marine. Des jeunes qui meurent parfois de peur d'être attrapés par cette police. Traqués comme des lapins, coursés, violentés, quand ce n'est pas violés et handicapés comme le jeune Théo.

- Pourquoi courriez-vous quand la police est arrivée ?
- Je ne voulais pas finir dans le square machin-chose...

Il s'en passe des trucs dans les jardins hors caméra de ces endroits, juste derrière le périph'. Parce qu'il sont nés ici, parce que leurs parents viennent d'ailleurs, parce qu'ils ne portaient pas de casque, ils seront humiliés, blessés, quand ce n'est pas la mort qui les attendra au tournant. Allez donc vous plaindre ! Ces plaignants là ont toujours tort.

Une Inspection de la Police ne devrait pas être conduite par la police !
Pour une IGPN citoyenne. Comme les jurés, tirés au sort.

Et la police elle-même ne pourrait-elle pas être citoyenne ? Comme un service civil durant seulement quelques années. Une mission temporaire.

Doit-on se contenter de ces bleus qui font carrière, qui ne sont jamais remis en question et se nourrissent ainsi de la certitude qu'ils ont toujours raison ? Qu'est-ce qu'elles en disent, ces femmes venues pour dénoncer un viol et qui s'entendent dire qu'elles l'ont un peu cherché ? Stop ou encore ? Et celles qui viennent parce que chez-elles elles sont battues ? A peine écoutées qu'elles en crèvent. Et ces flicards qui foncent toutes sirènes hurlantes au risque de blesser les passants, juste pour le coup d'adrénaline... encore longtemps ? Enfin, des commissaires rétribués au nombre de gardes à vue, vous trouvez ça sécure ?

En réprimant les gilets jaunes les flics français se sont rendus coupables de crimes contre l'humanité. Ceci devrait nous éclairer sur leurs compétences à l'année. Et nous faire tout changer.

 

 

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