Police / Milice. Une lettre qui fait débat.

"Que fait la police ? Ça crève les yeux" pouvait-on lire dans les cortèges. Des mots que chaque manifestant ressent au plus près, tandis que les effarouchés brandissent le mot casseur pour justifier leur cécité devant une répression d'une telle violence qu'on en reste bouche bée. Sommes-nous encore en France ? Une Police mettant en oeuvre une telle haine, c'est par un M qu'il faut l'appeler.

Chronique Jaune © Cédric Lamarcelle Chronique Jaune © Cédric Lamarcelle

 

 

 

 


Le pouvoir pratique la Novlangue, ce néoparler que le peuple a fini par apprendre. Le pouvoir dit : "Je ne veux pas d'une police brutale". Et chacun de comprendre : "Nous faisons tout pour qu'elle le soit".

Le pouvoir dit : "Je vais donner aux riches pour que les pauvres le soient moins". Faut pas pousser. On est con-con mais pas à ce point. C'est moi ou bien ils sont allés trop loin ?

Le pouvoir dit : "Aucun policier n'a attaqué de manifestant". Et là, ça pleure sévèrement dans nos cœurs.

Le pouvoir dit : "La loi casseurs protège la liberté de manifester". Il faut le reconnaitre, ça fait du bien de se marrer !

Seulement, quand on aura fini de rigoler, certaines choses devront s'expliquer. Il faudra bien se justifier de ces tirs portés au visage. De ces mutilations. Bien expliquer pourquoi on lance des grenades quand c'est la foule qui est encerclée. Il faudra dire pourquoi on nasse pendant des heures, pourquoi on tire sur les sauveteurs, pourquoi on charge sur les blessés, pourquoi on vise les journalistes. Si nous étions sur un théâtre de guerre, on parlerait de crimes. Oui messieurs-dames, on parlerait de crimes de guerre. Mais comme c'est sous notre balcon, la bien-pensance de nos représentants n'en a que faire.

Le pouvoir dit : "Nettoyez-moi tout ça". Mais là c'est du franc-parler. Et la milice s'y met.

 

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