"Les gens intelligents ne se font pas la guerre éternellement"

Dans un Paris dystopique, une brume inquiétante de poussière sort du sol et sème la mort sur son passage. Les gens se réfugient sur les hauteurs des immeubles pour survivre. Mathieu et Anna, couple séparé, luttent ensemble pour sauver leur fille contrainte de vivre dans une bulle de verre en raison d'une maladie incurable.

"Dans la brume" de Daniel Roby © DR "Dans la brume" de Daniel Roby © DR

Sortie Blu-ray : Dans la brume de Daniel Roby

Si l'association Romain Duris et Paris, compte tenu de la filmographie de l'acteur, notamment celle qui le lie à Cédric Klapisch, amène le spectateur sur un terrain connu, c'est pour mieux créer une situation inattendue. En effet, très vite le film vire au film catastrophe dans une atmosphère pré-apocalyptique où Romain Duris incarne un personnage d'action dans un survival familial. C'est surprenant, c'est plus sobre qu'un blockbuster du même genre et c'est globalement efficace, précisément en raison de cette sobriété. Les maladresses pourtant ne manquent pas, comme les souvenirs récurrents d'une jeune fille filmée de dos au ralenti dans un champ de blé, qui singe un peu trop l'esthétique de Terrence Malick pour être crédible. Le film, s'il s'affirme dans la sobriété, n'a pas non plus la prétention de s'afficher comme un film d'auteur avec une thèse sur les relations humaines, la survie de la société dans des préoccupations écologiques et politiques. Le scénario aurait pu avec profit développer ce terrain, mais il ne le fait pas. Cela aurait été un tout autre film. Dans la brume se concentre sur un récit simple au sein duquel se trouve l'histoire touchante d'un couple séparé suffisamment intelligent pour s'entendre au profit de leur fille. C'est vraiment là le cœur du film, beaucoup plus que l'amour filial qui, lui, hélas, a tendance a passé au second plan malgré les promesses initiales. Le film n'a pour autant pas prétention à ce que le public s'identifie dans les personnages, qui sont d'une force hors du commun, avec lui, l'optimiste instinctif et elle, la rationaliste légèrement défaitiste. Mais ils incarnent aussi un idéal de couple parental au-delà de la séparation. C'est ce qu'exprime magnifiquement Olga Kurylenko (Anna, la mère dans le film) au sujet de son personnage : « Elle est portée par son amour pour sa fille, séparée de son ex-mari. Le fait d’éprouver des sentiments communs pour un même être humain les réunit et les rend plus forts. Je pense qu’un enfant connecte les gens pour toujours, même s’ils ne s’entendent plus au quotidien. Dans les moments difficiles, c’est cet amour qui répare tout : les gens intelligents ne se font pas la guerre éternellement. »

 

 

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Avec : Romain Duris (Mathieu), Olga Kurylenko (Anna), Fantine Harduin (Sarah), Michel Robin (Lucien), Anna Gaylor (Colette), Réphaël Ghrenassia (Noé), Erja Malatier (Charlotte), Alexis Manenti (le policier ivre), Maurice Antoni (M. Belkacem), Robin Barde (le jeune soldat)
France, Canada, 2018.
Durée : 89 min
Sortie en salles (France) : 4 avril 2018
Sortie France du DVD : 7 août 2018
Format : 2,39 – Couleur
Langue : français - Sous-titres : français.
Éditeur : TF1 Vidéo
Bonus :
Making of (15’46”)

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