"La Malédiction de Belphégor" de Georges Combret et Jean Maley

Alors qu’une adaptation de "La Malédiction de Belphégor" est prévue à l’opéra de Toulon, des assassinats se multiplient au sein de l’équipe responsable de la mise en scène.

Sortie du DVD : La Malédiction de Belphégor de Georges Combret et Jean Maley

Suite au succès de la série télévisée Belphégor ou le fantôme du Louvre (Claude Barma, 1965), une adaptation pour le cinéma est mise en chantier dans une coproduction entre la France et l’Italie comme cela se pratique régulièrement à l’époque. Ce n’est pas la première fois que le cinéma s’intéresse à Belphégor car, lorsqu’est sorti en 1927 le roman policier d’Arthur Bernède, la même année était diffusée sa première adaptation pour le cinéma réalisée par Henri Desfontaines dans un film de 293 minutes divisé en quatre épisodes. Ici, l’histoire n’est pas une adaptation du roman original puisque la scène ne se situe pas dans le musée du Louvre mais dans l’opéra de Toulon et dans ses environs. Le film exploite ainsi le succès du personnage pour lui offrir un prolongement dans un récit inédit, largement influencé par la trilogie des Fantômas (1964, 1965 et 1967) d’André Hunebelle puisque Belphégor est un criminel masqué disposant d’une technologie de pointe pour mettre au point ses forfaits et échapper à la police lancée sur ses traces.

Le commissaire est ici interprété par une star du petit écran, puisqu’il s’agit de Raymond Souplex tout droit issu de la série Les Cinq dernières minutes qui a eu droit à 56 épisodes de 1958 à 1972, autrement jusqu’à la mort de l’acteur. Aux côtés du commissaire, on retrouve également son adjoint qui joue le même rôle dans la série. Cette transposition pour le cinéma misait ainsi énormément sur le capital sympathie de la télévision et aussi sur la gouaille enjouée d’un certain Raymond Bussières, qui joue ici le personnage d’un comique malgré lui.

L’ensemble de l’interprétation est affligeant de médiocrité, la plupart du temps les acteurs ne sachant guère apparaître devant la caméra lorsqu’ils sont plusieurs à être filmés en même temps. Quant à l’histoire, conçue sur la multiplication des morts promises, elle n’a rien de bien captivante à suivre à l’exception du rôle d’Achille Zavatta, dont la singularité des outrances de sa corporalité, en fait un personnage bien sympathique même si c’est au profit d’un humour non dénué d’homophobie. De son côté, le pourtant très attendu Raymond Souplex dans le rôle du commissaire, n’a droit qu’un rôle accessoire n’ayant guère d’impact sur le déroulement de l’histoire en dehors de la seule sympathie entretenue avec les spectateurs. Voici une bien curieuse production à découvrir pour saisir les jeux d’influence qui existaient alors déjà dans les années 1960 entre la télévision et le cinéma.

 

 

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La Malédiction de Belphégor
de Georges Combret et Jean Maley
Avec : Paul Guers (Fred), Raymond Souplex (Legris, le commissaire), Dominique Boschero (Nadia), Raymond Bussières (M. Plumme, le concierge de l'opéra), Annette Poivre (Mme Plumme, la femme du concierge), Achille Zavatta (Hubert), Jean Daurand (Lefèvre, l'adjoint du commissaire Legris), Maurice Chevit (Garnier), Jean Maley (Marc), Noële Noblecourt, Maurice Sarfati, Marcel Charveyson
Italie, France, 1967.
Durée : 101 min
Sortie en salles (France) : 8 novembre 1967
Sortie France du DVD : 8 juillet 2020
Couleur
Langue : français.
Éditeur : LCJ Éditions

 

 

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