L’industrie du cinéma français sous l’Occupation

Durant l’Occupation en France dans les années 1940, Natalia est contrainte de cacher ses origines juives pour pouvoir travailler en tant qu’actrice dans l’industrie du cinéma.

"Natalia" de Bernard Cohn © Doriane Films "Natalia" de Bernard Cohn © Doriane Films
Au sujet de l'édition DVD : Natalia de Bernard Cohn

Comme l’explique son réalisateur Bernard Cohn, Natalia, son premier et unique long métrage de fiction pour le cinéma à ce jour, serait le premier film à aborder la situation de l’industrie du cinéma français sous l’Occupation allemande. Il y a ainsi cette volonté autour de ce film de remuer les mémoires sur cette époque du cinéma autour d’une histoire assez simple, aux faibles enjeux et dont les dispositifs de mise en scène sont limités : il faut attendre le film de Bertrand Tavernier Laissez-passer (2002) pour disposer d’un véritable traitement ambitieux du sujet. En effet, les informations concernant cette époque sont présentées dans Natalia de manière trop discrète, comme si l’investigation historique n’avait pas été un préalable à nourrir l’écriture du scénario. L’histoire d’amour entre le réalisateur et son actrice prend trop d’ampleur alors qu’elle est non seulement non convaincante et en plus insipide. Quant au jeu des acteurs, il souffre de ne pas être au service du film, souvent ampoulé et trop centré sur le couple d’acteurs principaux constitués par Pierre Arditi et Philippine Leroy-Beaulieu dans une logique hiérarchique qui dessert là aussi l’enjeu de saisir une époque et plus particulièrement le cinéma français sous l’Occupation qui n’est finalement évoqué que comme une anecdote.

Cette édition DVD est cependant riche de bonus avec deux documentaires : le premier réalisé dans le but d’accompagner l’édition DVD et la restauration du film autour de l’approche historique des acteurs dans le cinéma français sous l’Occupation. Ce film de 52 minutes a pour avantage de recueillir les témoignages de plusieurs cinéastes dont, entre autres, Bernard Cohn, réalisateur de Natalia, Jean-Charles Tacchela et même Jean Delannoy en images d’archives. Ces paroles sont également accompagnées de celles des historiens qui tendent au final à démontrer que contrairement à ce que l’on pourrait penser, le milieu du cinéma français n’était dans sa globalité pas ouvertement collaborationniste. Là aussi, il manque une recherche historique plus poussée pour multiplier les regards et comprendre précisément comment fonctionnait en pratique le cinéma français sous l’Occupation notamment à la Continentale. Le second documentaire est réalisé par Bernard Cohn et profite de l’opportunité des 50 ans de la revue de cinéma Positif mis en valeur au Festival international de Cinéma de La Rochelle en 2002 pour interroger plusieurs rédacteurs historiques à la fois de Positif et de sa concurrente directe Les Cahiers du Cinéma.

 

 

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Natalia
de Bernard Cohn
Avec : Pierre Arditi (Paul Langlade), Philippine Leroy-Beaulieu (Natalia Gronska), Ludmila Mikaël (Catherine Valence), Gérard Blain (Claude Roitman), Michel Voïta (Tomasz), Dominique Blanc (Jacqueline Leroux), Gérard Boucaron (Jamain), Jacques Boudet (André Brachaire), Marc Cassot (le professeur), Fred Personne (André Valois)
France, Suisse, Canada – 1989.
Durée : 114 min
Durée totale du DVD : 218 min
Sortie en salles (France) : 12 avril 1989
Sortie France du DVD : 30 janvier 2019
Couleur
Langue : français.
Éditeur : Doriane Films


Bonus :
Ombres et lumière, les acteurs sous l’Occupation réalisé par Dominique Mailet (52 min). Entretiens avec Bernard Cohn, Jean-Charles Tacchella, Christine Ledeux, Gisèle Casadesus, Olivier Barrot, Alain Decaux, Dominique Delouche et Jean Delannoy

Positif, une revue réalisé par Bernard Cohn (52 min)

 

 

 

 

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