Et si Superman était le messie diabolique de l'Apocalypse ?

Un couple aimant vivant dans sa ferme du Kansas ne pouvant avoir d'enfants accueille comme un miracle le bébé extraterrestre qui a atterri chez eux. Devenu un adolescent de 12 ans, Brandon témoigne peu à peu d'une évolution toujours plus inquiétante dans l'expression de sa violence.

"Brightburn" réalisé par David Yarovesky © Sony Pictures "Brightburn" réalisé par David Yarovesky © Sony Pictures
Sortie Blu-ray : Brightburn, l'enfant du mal de David Yarovesky
Le thème du super-héros depuis ces dernières décennies n'a cessé d'alimenter les projets cinématographiques aux USA avec cette idée que l'attrait du public ne peut être entretenu qu'à partir du moment où l'on renouvelle le traitement autant que le propos. Ainsi, après avoir développé les faces sombres traumatiques des super-héros ces dernières années notamment à travers Batman, ou encore le badboy décomplexé avec Deadpool, le super-héros immature et régressif avec Shazam, les méchants des films de super-héros qui deviennent les personnages principaux d'un long métrage comme dans Venom ou encore récemment Joker, un nouvel horizon se présente en détournant un super-héros de son image positive en tueur psychopathe surpuissant et sans limites où la mise en scène du cinéma de gore vient parasiter le sacro-sainte mise en scène du super-héros. Et quoi de mieux pour proposer un film d'épouvante à partir de la figure détournée du super-héros que de prendre l'image la plus pure et messianique d'un homme aux supers pouvoirs qu'est Superman ? Tout en associant la candeur de ce personnage à l'enfance, plus particulièrement à l'âge de la puberté où tout change dans la vie d'un individu. C'est la très bonne idée de départ qui est non seulement un bon argument pour vendre un film mais qui permet d'exprimer par la métaphore l'horreur de l'expérience de l'adolescence pour certains.
Le scénario reprend quasi mot pour mot le contexte de la mythologie de Superman à laquelle s'ajoute la problématique de l'évolution adolescente. Ce lien entre adolescence, super-pouvoir et épouvante avait cependant déjà bien été abordé dans Carrie de Brian de Palma, auquel le film s'inspire également, ainsi que de tout un panel de cinéma d'horreur issu de l'un de ses maîtres : Dario Argento !
Le programme est ainsi audacieux et Brightburn a également pour lui de ne pas se perdre dans une grosse production qui aurait étouffé tout élan iconoclasme. De même, l'absence de grandes stars hollywoodiennes permet de se plonger plus facilement dans le cinéma d'horreur classique : ainsi l'économie même du film plutôt réduite permet un lien plus étroit entre le spectateur et la proposition filmique. En revanche, la première partie d'exposition du film où la trajectoire de l'enfance d'un pseudo Superman est exposée, est un peu longue et manque à la fois de dynamisme et de propositions réelles de récit. La seconde partie où l'enfant commence à accepter de devenir de plus en plus diabolique, fonctionne davantage car les scénaristes dans ces scènes ont été beaucoup plus inspirés pour écrire des séquences inédites et captivantes. Un film certes bancal mais qui n'en manque pas moins de perspicacité dans un contexte de production où le super-héros est traité jusqu'à l'overdose sans proposition innovante de récit.

 

 

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Brightburn, l'enfant du mal
Brightburn
réalisé par David Yarovesky
Avec : Elizabeth Banks (Tori Breyer), David Denman (Kyle Breyer), Jackson A. Dunn (Brandon Breyer / Brightburn), Matt L. Jones (Noah McNichol), Meredith Hagner (Merilee McNichol), Steve Agee (EJ), Becky Wahlstrom (Erica), Emmie Hunter (Caitlyn), Gregory Alan Williams (le shérif Deever), Stephen Blackehart (Travis), Michael Rooker (Big T)
USA, 2019.
Durée : 90 min
Sortie en salles (France) : 26 juin 2019
Sortie France du Blu-ray : 30 octobre 2019
Format : 2,35 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Sony Pictures

 

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