Défense et illustration du mythe bondien

Depuis plus d'un demi-siècle déjà, James Bond occupe une place comme aucune autre à laquelle le temps ne semble n'avoir aucune prise. À l'heure où sort sur les écrans du monde entier le nouvel épisode de la saga, Claude Vannier délivre sa passion inébranlable pour les films qui ont su créé et renouvelé ce personnage proprement cinématographique.

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Parution du livre James Bond. Une esthétique du plaisir de Claude Monnier

Depuis plus d'un demi-siècle déjà, James Bond occupe une place comme aucune autre à laquelle le temps ne semble n'avoir aucune prise. À l'heure où sort sur les écrans du monde entier le nouvel épisode de la saga, Claude Vannier délivre sa passion inébranlable pour les films qui ont su créé et renouvelé ce personnage proprement cinématographique. À l'appui d'une analyse méticuleuse, il ose braver la politique des auteurs et montrer tout l'intérêt à étudier les films bondiens, selon l'idée qu'il y a plus à redouter de la dictature d'un homme imposant son univers mental à toute une équipe sur un film (cinéma d'auteur) que l'heureux travail artisanal où l'œuvre est le résultat de la coexistence du travail et du talent de chacun. C'est un peu caricatural comme proposition mais n'en mérite pas moins une réelle prise en considération. La proposition de l'auteur de voyager en terre bondienne et découvrir toute la richesse qui s'y cache vaut agréablement le détour, pour les fans comme pour ceux qui le sont moins, car James Bond, devenu un mythe populaire international, est aussi expressif du monde contemporain, dans son économie, ses enjeux géopolitiques comme dans ses fantasmes et ses peurs. L'ouvrage se compose de deux parties : la première est consacrée aux caractéristiques qui parcourent la saga bondienne tandis que la seconde décortique chaque films présentés dans un ordre chronologique en s'achevant par Skyfall (SPECTRE n'ayant pas encore été vu par l'auteur au moment de la première édition de son ouvrage). Les analyses de Claude Monnier sont appuyées par des exemples précis mettant en valeur la construction astucieusement élaborée de chacun des films, même les moins brillants. D'ailleurs, la qualité d'un film en particulier ne conduit jamais l'auteur à hiérarchiser et à passer outre son analyse. L'intérêt de cet ouvrage est de présenter à chaque lecteur, quelles que soient ses préférences bondiennes (un acteur, une période, un réalisateur, un bad guy, etc.), les éléments qui composent l'univers bondien pour enrichir son regard et attiser le désir de faire l'expérience personnelle de cette analyse sur le dernier film en date. Comme le sous-titre l'indique, il s'agit ici d'une analyse esthétique poussée qui permet de comprendre la naissance du plaisir chez le spectateur. Et pour Claude Monnier cela nécessairement par un travail étudié, qu'il s'agisse du scénario, de la mise en scène, de la musique, des décors, des interprétations, des éclairages, des costumes, etc. Un seul bémol pourrait apparaître dans cette écriture : celle du peu de places accordés aux méchants de service et aux acteurs choisis pour les interpréter. Certes, le plus souvent ces bad guys sont les doubles maléfiques de James Bond, mais il mériterait cependant une analyse également systématique pour chacun des films.

 

La réussite de la saga repose selon Claude Monnier également sur une naissance qui tombe à point nommé, puisque ses précurseurs ont pour noms Alfred Hitchcock et Howard Hawks. Il a fallu l'expérimentation cinématographique durant quelques décennies de ces monuments du cinéma américain pour donner naissance à la saga bondienne. James Bond n'apparaît donc nullement ex nihilo : il arrive au moment le plus propice où le cinéma était suffisamment mature pour accoucher de lui et continuer les décennies suivantes en poursuivant son éducation de film en film. La rigueur de Claude Monnier est ici d'autant plus appréciable qu'il évite le piège si fréquent en matière bondienne du fétichisme creux de certains ouvrages qui lui sont consacrés. Ce projet pourrait aussi s'intituler « Défense et illustration du mythe cinématographique bondien » tant, à l'instar des poètes de la Pléiade, il y a cette envie de rendre hommage à la langue vernaculaire du cinéma, celle artisanale du travail bien fait, où le savoir faire est au service d'une œuvre commune.

 

 

James Bond. Une esthétique du plaisir

de Claude Monnier

 

Nombre de pages : 270

Date de sortie (France) : août 2015

Éditeur : L'Harmattan

Collection : Cinéma(s)

 

lien vers le site de l’éditeur : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=47973

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