"Cigognes & compagnie "de Nicholas Stoller et Doug Sweetland © Warner Bros. "Cigognes & compagnie "de Nicholas Stoller et Doug Sweetland © Warner Bros.

Sortie Blu-ray/DVD : Cigognes & compagnie de Nicholas Stoller et Doug Sweetland

Une nouvelle livraison express d’un produit d’animation vite ficelé et expédié à un public boulimique : tel est l’objet de ce film d’animation. En effet, le trait du dessin comme le scénario sont impersonnels au possible, répétant les formules consacrées. Les mimiques des personnages se répètent à l’envi sur le principe certainement de placer le public en terrain connu. Ainsi, on a beau proposer de nouveaux personnages, en l’occurrence ici les cigognes, celles-ci se comportent comme tout autre personnage de film d’animation issu des grands studios made in USA. L’histoire se déroule selon le schéma sempiternellement déroulé du buddy movie, associant deux personnalités antithétiques, style L’Emmerdeur d’Édouard Molinaro (à partir d’un scénario de Francis Veber que celui-ci répétera infiniment dans ses propres réalisations) côté français mais aussi Laurel et Hardy pour les références US plus anciennes. Ainsi, il est question de Junior, l’employé cigogne modèle que le grand boss de la multinationale (type Amazon, pour ne pas les citer) a choisi pour lui succéder, et une jeune humaine de 17 ans ultra gaffeuse mais jamais rebelle : dans le monde apolitique de ce genre d’animation, la jeunesse cherche seulement l’affection de figures tutélaires et ne remet pas en cause directement la société qu’elle découvre. C’est donc cette opposition de caractères qui est le carburant du scénario, dont le véhicule est en pilotage automatique. C’est-à-dire que le scénario procure des moments intenses de courses poursuites spectaculaires et improbables à la manière d’un épisode d’Indiana Jones, de James Bond, voire tout film d’action hollywoodien qui a envahi tous les espaces possibles de fiction jusqu’aux films d’animation destiné au jeune public. C’est peu dire que les rétines sont ardemment sollicités. Les classiques moments de calme mettent en scène, on ne s’en étonnera pas, les personnages principaux livrant leur cœur devant un feu de camp nocturne. Rien de bien original à l’horizon et ceux qui recherchent ce type de récit hyper contrôlé et balisé y trouveront totalement leur compte. C’est là le contrat sécurité passé entre les producteurs et un public consentant.
Il n’en reste pas moins des trouvailles comiques plutôt efficaces, comme ce personnage de petit canari premier de la classe prêt à dénoncer tout le monde pour se faire une place au sommet ou la bande de loups « transformeuse » voire même la caricature du cynique PDG capitaliste exploitant ses employés sans le moindre scrupule. Côté morale et bons sentiments on est encore bien servi, avec une possible critique d’une société consumériste où les parents sont tellement obnubilé par leur travail, notamment à travers la manne financière de l’immobilier, qu’ils en oublient totalement leur propre progéniture. Le récit mêlant en parallèle cette histoire d’humains avec celle de l’aventure des cigognes fonctionne plutôt bien. Il est dommage que cette pseudo critique de la société consumériste et capitaliste n’ose pas aller plus loin que le consensus mou, en faisant référence notamment à des événements bien concrets de la politique actuelle. Les apparentes bonnes intentions qui consistent ici à promouvoir les valeurs familiales se révèlent au final bien trop légères pour être crédibles, audibles et dépasser l’opportunisme hypocrite.

 

cigognes-compagnie

Cigognes & compagnie
Storks
de Nicholas Stoller, Doug Sweetland
USA – 2016.
Durée : 87 min
Sortie en salles (France) :
12 octobre 2016
Sortie France du DVD :
15 février 2017
Format : 1,85 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Warner Bros.

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