Une histoire d'amour mélodramatique à Hong Kong en 1949

En 1949 à Hong Kong, la femme médecin et autrice Han Suyin rencontre le journaliste américain Mark Elliot. Cependant, elle ne peut se résoudre à céder à son charme, toujours marquée par le deuil de son défunt mari.

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Sortie du combo Blu-ray / DVD : La Colline de l'adieu de Henry King

Ce mélodrame hollywoodien est tout d'abord le best seller autobiographique d'Han Suyin. Jennifer Jones, encore au firmament de son statut de star, retrouve Henry King avec qui elle avait débuté à Hollywood une décennie plus tôt en interprétant Bernadette Soubirous dans le film religieux Le Chant de Bernadette (The Song of Bernadette, 1943). Elle s'approprie avec sobriété le rôle d'Han Suyin avec conviction, même si elle est moins convaincante quand elle travaille à l'hôpital. Toute la partie du contexte socio-politique dans laquelle se retrouve Hong Kong et la Chine à la même époque, à défaut de rappeler l'immigration massive des Chinois à Hong Kong en 1949, est traité avec une grande désinvolture : on est là à mille lieues du film qui prend en considération la société qu'il a choisi comme toile de fonds. Il est malgré tout question du racisme à l'égard du métissage et de l'indépendance d'une femme veuve condamnée par la « bonne société » hypocrite coloniale. Du côté de la réflexion politique, à part une séquence d'altercation entre Han Suyin et son collègue médecin chinois où ils confrontent leurs visions opposées à l'égard de la Chine communiste, le film évite la propagande anticommuniste primaire que l'on peut retrouver à la même époque dans d'autres films produits par Hollywood.
L'environnement historique n'est ici qu'un prétexte pour présenter une histoire d'amour, l'enjeu même du film. Effectivement, si l'on se concentre seulement sur l'histoire d'amour, le réalisateur la conduit avec subtilité dans sa mise en scène, à travers des petits gestes, quelques remarques et des situations inoubliables comme la colline qui domine une ville marquée par le désordre géopolitique du moment ou encore les cigarettes allumées l'une l'autre comme pour un baiser qui n'a pas encore eu lieu. L'amour naissant est suivi toujours à distances, en évitant les gros plans, comme si la stature des comédiens, leurs paroles, leurs prises de position à l'égard de leur environnement suffisaient à rendre compte de la naissance de leur amour. C'est un parti pris du réalisateur qui se révèle au bout du compte assez judicieux et permet de dépasser la molesse d'interprétation d'un William Holden qui ressemble toujours à lui-même d'un film à l'autre, toujours trop sûr de son charme inhérent. C'est ainsi le savoir-faire de Henry King qui permet au spectateur d'être pris pleinement dans ce mélodrame flamboyant.

 

 

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La Colline de l'adieu
Love Is a Many-Splendored Thing
de Henry King
Avec : Jennifer Jones (Han Suyin),William Holden (Mark Elliot), Torin Thatcher (M. Palmer Jones), Isobel Elsom (Adeline Palmer Jones), Murray Matheson (le docteur John Keith), Virginia Gregg (Ann Richards), Richard Loo (Robert Hung), Soo Yong (Nora Hung), Kam Tong (le docteur Sen), Philip Ahn (le troisième oncle), Jorja Curtright (Suzanne), Donna Martell (Suchen, la sœur de Han), Salvador Baguez (Vicente, le directeur de l'hôtel)
USA, 1955.
Durée : 101 min
Sortie en salles (France) : 30 mai 1956
Sortie France du combo Blu-ray / DVD : 27 février 2019
Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : BQHL Éditions
Bonus :
Livret 28 pages : « Jennifer Jones, l'indomptable captive »

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