Cédric Lépine
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Billet de blog 10 juin 2022

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Entretien avec Véronique Mériadec au sujet du festival de Dreux 2022

La deuxième édition du festival du court métrage "Histoires de Femmes" de Dreux se déroule les 10 et 11 juin 2022 dans la salle de théâtre de Dreux autour de projections de films, de master class en présence de nombreux invités. Femme de cinéma, Véronique Mériadec est à l'origine de ce nouvel événement.

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Cédric Lépine : Pouvez-vous définir précisément vos responsabilités en tant que fondatrice du Festival de Dreux ?

Véronique Mériadec : Étant à l’origine de ce festival Histoires de Femmes, je supervise l’ensemble des étapes. De la sélection des films à l’embauche d’une équipe, le choix du jury, la recherche de financement, de la charte graphique, des outils à mettre en place et de l’organisation générale.

C. L. : Quel a été le contexte qui vous a conduit à faire naître ce nouveau festival de cinéma de courts-métrages au féminin ?

V. M. : Lorsque j’ai terminé mon premier long-métrage En mille morceaux, (sorti en 2018) avec Clémentine Célarié et Serge Riaboukine j’ai été interviewée par un média qui m’a demandé si c’était compliqué de faire du cinéma en tant que femme. N’étant pas de nature victimaire, j’ai immédiatement répondu que je ne m’étais jamais posé la question mais ça a éveillé quelque chose en moi, des questionnements. Et puis il y a eu #MeToo, l’engagement d’artistes comme Andréa Bescond et Éric Métayer et des événements compliqués que ma fille a traversés… C’est ainsi que je me suis sentie pousser l’âme d’une féministe et que j’ai eu envie d’apporter ma pierre à l’édifice.

C. L. : Quels sont les enjeux politiques, sociaux et artistiques que vous défendez autour de cette manifestation ?

V. M. : Aujourd’hui, le féminisme est une notion qui nous semblent parfois lointaines telles que le test de Bechdel, le syndrome Trinity, le male gaze, etc. Histoires de Femmes est une façon simple, directe, en prise avec le réel d’offrir un espace de paroles à la femme en étant devant ou derrière la caméra. De plus le court métrage est une porte ouverte aux jeunes talents, il permet de convoquer plein d’univers différents, de réalisateurs et réalisatrices de tout horizon, il intéresse les jeunes comme les seniors et on n’a pas tant l’occasion d’en voir que ça. Pour moi, c’est le festival idéal.

C. L. : Pourquoi le festival s'est enraciné à Dreux ?

V. M. : Je suis drouaise depuis 30 ans, je n’imaginais pas proposer une telle manifestation à une autre ville puisque Dreux est une ville qui a l’ambition d’être terre de cinéma. Et j’ai bien fait car la ville de Dreux nous soutient à 100 % grâce au maire, Pierre-Frédéric Billet, ses adjointes Fouzia Kamal, Caroline Vabre ou Mélanie Méghrate, Louisa Ayache, l’équipe du théâtre et tous les services de la Ville de Dreux. Sans eux, Histoires de Femmes n’existerait pas, il ne faut pas l’oublier.

C. L. : Comment relève-t-on les nombreux défis pour organiser une première édition de festival en 2021 dans le contexte de la pandémie, de la fermeture des salles et des restrictions d'accès à la diffusion de la culture ?

V. M. : En se remontant les manches, en se battant, en y croyant, en luttant contre les obstacles nombreux. Ma devise est celle de Jules Clarétie : "Tout homme (ou femme) qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire et surtout la grande armée des gens, d'autant plus sévères, qu'ils ne font rien du tout."

Cette année nous organisons, en plus des projections et grâce au soutien de la Politique de la Ville, la première master class autour des métiers du cinéma à travers des parcours de femmes. Nous attendons 500 élèves.

C. L. : Quelle équipe œuvre à l'organisation du festival ?

V. M. : Théo Groia est mon bras droit, c’est le directeur artistique du festival, c’est un jeune homme très pointilleux, d’une rare intelligence et d’une grande finesse. Il est d’ailleurs lecteur pour Arte. Ensuite, j’ai un staff qui s’occupe de la com, des réseaux sociaux et de l’organisation proprement dite : Louise Roudière, Joanna Gagueche, Kris Vidjanagni. Il y a aussi une présentatrice, Véronique de La Maisonneuve, une cinquantaine de bénévoles qui participent en amont, pendant et en aval du festival. Ils sont trop nombreux pour que je puisse les citer mais je les remercie encore une fois de tout mon cœur. Ce sont des personnes magnifiques. Et bien entendu tout ça n’existerait pas sans Gérald Massé qui est le Président des Lumières de la Ville, l’association porteuse du projet. Sans oublier notre attachée de presse Jamila Ouzahir.

C. L. : Quels sont les soutiens financiers et autres dont le festival bénéficie ?

V. M. : Divers et variés : la Ville de Dreux, le Conseil départemental d’Eure-et-Loire, la Politique de la Ville, des partenaires privés et institutionnels et des bénévoles.

C. L. : Comment s'est déroulée la première édition ?

V. M. : Nous étions quasi la première manifestation d’après COVID. On avait encore un peu les masques, le gel, les gestes barrières, etc. donc forcément c’était un peu compliqué et en plus c’était une première édition, et pourtant aucun couac. Je pense que c’est pour cela que la Ville de Dreux nous a renouvelé sa confiance.

C. L. : Quelles sont vos attentes sur cette deuxième édition ?

V. M. : Paillettes, rires, échanges, émotions et des bons films.

C. L. : Comment présenteriez-vous ces films sélectionnés cette année ?

V. M. : De haute tenue : nous avons reçu 1 400 films et retenu 17 en compétition officielle. Nous avons essayé d’avoir tous les genres, drames bien entendu mais aussi des films noirs ou humoristiques, il y a même quelques films d’animation. Maintenant, vous savez, il n’y a plus de différence entre des longs et des courts donc la qualité est au rendez-vous.

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