Un Américain à Calcutta

Le chirurgien américain Max Lowe, démoralisé de ne pas pouvoir sauver des vies, part s’oublier en Inde et découvre à Calcutta une réalité dans la cité des lépreux qui lui fait voir la vie sous un tout autre jour.

"La Cité de la joie" (City of Joy) de Roland Joffé © Pathé "La Cité de la joie" (City of Joy) de Roland Joffé © Pathé
Sortie de l’édition collector Blu-ray + DVD : La Cité de la joie de Roland Joffé

Dans le cadre de la politique de restauration de films de Pathé, La Cité de la joie réalisé par Roland Joffé bénéficie à son tour d’une nouvelle actualité plus de vingt-cinq ans plus tard. Le film est devenu avec le temps une œuvre plus modeste qu’à l’époque où l’on oubliait facilement le récit derrière la présence de la star internationale américaine Patrick Swayze qui enchaînait alors les rôles dans des films devenus cultes (Dirty Dancing, Ghost, Point Break). Avec le recul, l’acteur américain dont la présence semble avant tout là pour permettre de lancer la production du film car son rôle et sa présence sont assez négligeables, n’écrase aucunement la réalité que veut décrire le film et qui est l’adaptation libre du livre du même titre de Dominique Lapierre vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde.

Le personnage de l’américain qui découvre une réalité de l’Inde avant d’y plonger pleinement et y épouser l’identité, sert en premier lieu d’intermédiaire avec le public international alors que le récit est avant tout porté par le personnage local interprété par Om Puri, chef de famille venu en ville avec sa famille pour trouver du travail. Le récit est porté par lui alors que la star du film suit une destinée, certes relativement héroïque, mais surtout anecdotique. Le réalisateur britannique Roland Joffé comme la star américaine Patrick Swayze ont à ce titre plutôt bien équilibré les choses pour que le film puisse devenir un réel vecteur pour découvrir une partie des difficultés sociales où les lépreux sont mis au ban de la société, où la police est corrompue entre les mains d’un chef mafieux local, où la réalité du travail est précaire et misérable mais où la solidarité humaine est hors du commun. En revanche, le scénario n’est aucunement nourri d’une analyse sociale plus profonde puisqu’il n’y est pas question notamment du système des castes et de la place spécifique des femmes. Le cinéma de Satyajit Ray en quelques séquences reste à ce titre un meilleur témoin de la société indienne de son temps. Roland Joffé reste avec ce film le metteur en scène des grands drames humains à travers le monde et les époques (La Déchirure, Mission). Il signe ici un film qui ne vient aucunement questionner la grammaire du cinéma mais pose un regard honnête sur l’Inde et les fantasmes qu’elle génère encore de nos jours à l’instar du personnage qui y part dans un souci de réaffiliation.

 

 

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La Cité de la joie
City of Joy
de Roland Joffé

Avec : Patrick Swayze (Max Lowe), Om Puri (Hazari Pal), Pauline Collins (Joan Bethel), Vishal Slathia (Joey Barton), Shabana Azmi (Kamla Pal), Ayesha Dharker (Amrita Pal), Santu Chowdhury (Shambu Pal), Imran Badsah Khan (Manooj Pal), Shyamanand Jalan (Mr. Ghatak, le parrain), Anjan Dutt (Dr Sunil), Art Malik (Ashoka Ghatak), Nabil Shaban (Anouar), Debatosh Ghosh (Ram Chande), Sunita Sengupta (Purmina), Loveleen Mishra (Shanta), Pavan Malhotra (Ashish)

Royaume-Uni, France, 1992.
Durée : 134 min
Sortie en salles (France) : 30 septembre 1992
Sortie France de l’édition collector Blu-ray + DVD : 7 décembre 2019
Format : 1,85 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Pathé

Bonus :
« Retour sur La Cité de la Joie » : entretien avec Roland Joffé (40’)
Actualité Pathé de 1972 : L’Inde et le cinéma (4’)

 

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