"C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !"

Phano veut monter un grand coup : cambrioler la caisse de retraite de la SNCF en perçant discrètement un accès par les toilettes publiques. Il engage Max et Riton et ensemble ils doivent tromper la vigilance de Rose, la dame-pipi.

"C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !" de Jacques Besnard © LCJ "C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !" de Jacques Besnard © LCJ
Sortie Blu-ray : C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ! de Jacques Besnard

Même si les dialogues ne sont pas signés Michel Audiard, ils fleurent bon ceux des Tontons flingueurs en reprenant d’ailleurs Bernard Blier et Jean Lefebvre avec toujours leur même infatigable gouaille. S’ajoutent à eux Michel Serrault et Tsilla Chelton autour d’une affaire de braquage pas comme les autres, aussi audacieuse qu’improbable. Les trois acteurs masculins s’en donnent à cœur joie pour interpréter des voleurs maladroits au demeurant forts sympathiques par les péripéties auxquelles ils sont confrontés. On est bien loin sur le même sujet de casse hors du commun de la saga Oceans de Steven Soderbergh, puisque la coolitude est ici remplacée par un goût marqué pour les situations rocambolesques ainsi que les maladresses.

Jean Lefebvre et Michel Serrault forment un duo comique pince-sans-rire puéril, prêts à se trahir juste pour porter un costume plus aguichant. Quant à Bernard Blier, il joue les pères fouettards de ces deux adultes régressifs mais sans véritable méchanceté. Les acteurs jouent sur le capital sympathie dont ils bénéficient de prime abord avec leur public en explorant leurs registres comiques construits sur les bons mots de dialogues qui mettent en valeur la truculence faubourienne parisienne. Le film redécouvert plusieurs décennies plus tard génère la nostalgie d’une époque et d’une société révolues. Du côté du cinéma en revanche, les propositions sont bien faibles en termes de mise en scène, cadrages, choix de caméra. De même, les personnages interagissent peu au final avec leur milieu immédiat. Il n’en reste pas moins une comédie française plutôt réussie reposant sur les talents incontournables de leurs acteurs principaux.

 

 

c-est-pas-parce-qu-on-a-rien-a-dire-qu-il-faut-fermer-sa-gueule-br
C’est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !
de Jacques Besnard
Avec : Bernard Blier (Stéphane, dit Phano), Jean Lefebvre (Riton), Michel Serrault (Max), Tsilla Chelton (Rose, dite « dame-pipi »), Marion Game (Lulu), Maurice Travail (le passager du train), Gérard Jugnot (Gaston, le contrôleur), Christian Clavier (le CRS homosexuel dans les toilettes), Thierry Lhermitte (un militaire à la gare), Max Amyl (l'agent de police devant la gare), Popeck (un flic à la gare), Bob Asklöf (l'ami de Lulu), Marcel Gassouk (un client des toilettes), Sébastien Floche (un client des toilettes)
France, 1975.
Durée : 80 min
Sortie en salles (France) : 22 janvier 1975
Sortie France du Blu-ray : 14 avril 2021
Format : 1,77 – Couleur
Langue : français
Éditeur : LCJ Éditions



Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.