"J’aimerais qu’il reste quelque chose" un documentaire de Ludovic Cantais

Chaque mardi après-midi, des bénévoles du Mémorial de la Shoah à Paris accueillent les personnes souhaitant transmettre leur passé autour d’objets, de photos et de récits oraux réactivant leur mémoire.

"J’aimerais qu’il reste quelque chose" de Ludovic Cantais © La Luna Éditions "J’aimerais qu’il reste quelque chose" de Ludovic Cantais © La Luna Éditions
Sortie DVD : J’aimerais qu’il reste quelque chose de Ludovic Cantais

La connaissance historique n’est pas une donnée posée à jamais car la mémoire a toujours besoin d’être réactivée. Chacun a un rôle spécifique en tant que dépositaire de la mémoire et Ludovic Cantais a voulu rendre compte de la formidable expérience qui se déroule chaque semaine entre les murs du Mémorial de la Shoah en réalisant un film documentaire dont les maîtres mots de la mise en scène sont la sobriété, la pudeur et la sensibilité. La démarche n’est pas ici de lancer une investigation mais d’ajouter un outil en plus dans un scénario déjà écrit. Celui-ci consiste notamment à recueillir la mémoire de la Shoah où les acteurs sont d’un côté les personnes qui délivrent leur mémoire et de l’autre ceux qui la reçoivent, dans un magnifique exercice d’humilité et d’émotions profondes à l’égard de ce que sous-entend comme drames enfouis les récits activés.

Ludovic Cantais est parti aussi du principe qu’il est toujours indispensable d’entretenir, aujourd’hui comme hier, la mémoire des temps à la fois pour former la conscience citoyenne et évacuer les fantômes qui hantent encore différentes générations par le traumatisme de l’irreprésentable. Le rituel qui se déroule devant la caméra se répète chaque semaine et développe toute sa portée thérapeutique de libération de la parole. Ludovic Cantais a eu l’intelligence de poser sa caméra en plan fixe pour suivre respectueusement ce qui se joue dans ce lieu qui recueille indéfiniment des histoires de vie pour lutter contre l’oubli et l’idéologie nazie d’éradication d’une partie de l’humanité.

Le dispositif de mise en scène est simple mais efficace, tout le travail de récit mélangeant les différents témoignages étant orchestré au moment du montage avec là encore une sobriété et une perspicacité dans les choix de séquences.

 

 

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J’aimerais qu’il reste quelque chose
de Ludovic Cantais
France, 2019.
Durée : 79 min
Sortie en salles (France) : 13 novembre 2019
Sortie France du DVD : 12 février 2021
Couleur
Langue : français - Sous-titres : anglais.
Éditeur : La Luna Éditions

Bonus :
Bande-annonce
Les preuves du temps

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