Marcel Aymé adapté pour le premier long métrage d'Henri Verneuil

Dans un petit village du sud de la France, Urbain Coindet découvre sa femme pendue chez lui et dès lors des rumeurs courent selon lesquelles il l'aurait assassinée. Dans le même temps, Frédéric Gari est arrêté pour contrebande de tabac et à sa sortie, il suspecte Urbain de l'avoir dénoncé.

"La Table-aux-crevés" d'Henri Verneuil © Les Documents Cinématographiques "La Table-aux-crevés" d'Henri Verneuil © Les Documents Cinématographiques

Sortie DVD : La Table-aux-crevés d'Henri Verneuil

Avec l'adaptation au cinéma de La Table-aux-crevés, le roman de Marcel Aymé, Henri Verneuil réalisait son premier long métrage, imposé par Fernandel auprès des producteurs. Porté par Fernandel, le film est entièrement au service de la célèbre vedette provençale, changeant le cadre initial du Jura du récit de Marcel Aymé pour le Sud de Pagnol. L'humour sardonique est ici cruel : on ne manque pas de faire de l'humour autour du corps d'une femme pendue et les oppositions politiques du petit village où ont triomphé les républicains aux municipales, est aussi sujet de diverses disputes. La vision politique acerbe de Marcel Aymé, le plus anarchiste des hommes de droite, se fait sentir tout au long du film, dans un regard assez nostalgique d'une France rurale, celle opposant l'agriculture, la chasse et la pêche, les activités des personnages antagonistes principaux, interprétés par Fernandel et Andrex, au monde urbain dans sa globalité où il ne fait pas bon vivre.
Henri Verneuil pour son premier long métrage livre une réalisation soignée, sachant bien marier les prises de vue en décors naturels près de Marseille et les intérieurs plus classiques où le récit se poursuit. Le film s'inscrit pleinement dans la logique des adaptations littéraires portées par une vedette de l'époque, une recette à succès de cinéma que les critiques de la Nouvelle Vague ne manqueront pas de vouer aux gémonies. La Table-aux-crevés est cependant un film bien réalisé, qui n'a jamais la prétention de proposer une mise en scène révolutionnaire, mais soigne méticuleusement la commande initiale. Fernandel reste quant à lui un acteur talentueux, qui en fait souvent un peu trop, faute de recadrement de la part de son metteur en scène. Le film se laisse voir sans déplaisir et laisse déjà deviner la tonalité des films à venir d'Henri Verneuil autour de la désillusion dans les rapports humains.

 

 

table-aux-creves
La Table-aux-crevés
d'Henri Verneuil
Avec : Fernandel (Urbain Coindet, paysan et conseiller municipal), Andrex (Frédéric Gari, contrebandier et frère de Jeanne), Édouard Delmont (Capucet, le garde-champêtre ivrogne), Fernand Sardou (M. Forgeral, le maire), Antonin Berval (le père Gari), René Génin (le curé), Maria Mauban (Jeanne Gari, la belle jeune femme courtisée par Urbain), Henri Vilbert (Victor), Alexandre Arnaudy (le père Milloin, le beau-père d'Urbain), Marthe Marty (Léontine Milloin, la belle-mère d'Urbain), Jenny Hélia (La Cornette), Marcel Charvey (Rambarde), Nicolas Amato (le brigadier Jantet), Edmond Ardisson (M. Cugne, le forgeron), Mado Stelli (Louise, la femme de Victor), Manuel Gary (Félicien Berger, le marin), Max Mouron (M. Le Corne, le bistrot), Cambis (un habitué du bistrot), Jeanne Mars (La commère au cimetière), Luce Dassas (une des filles Milloin)

France, 1951.
Durée : 88 min
Sortie en salles à Paris : 1er février 1952
Noir & Blanc
Langue : français.
Éditeur : Documents cinématographiques
Bonus :
Bande annonce
L’Abeille et les hommes de Guy Dhuit



 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.