"Les Sept bérets rouges" de Mario Siciliano

Un groupe de mercenaires est envoyé dans une zone contrôlée par des indépendantistes au Congo pour récupérer des papiers d’une extrême importance ainsi qu’une journaliste retenue en otage.

"Les Sept bérets rouges" (Sette baschi rossi) de Mario Siciliano © Artus Films "Les Sept bérets rouges" (Sette baschi rossi) de Mario Siciliano © Artus Films
Sortie DVD : Les Sept bérets rouges de Mario Siciliano

Avec Les Sept bérets rouges (1969) et Écorchés vifs (1978) tous deux réalisés et produits par Mario Siciliano, les éditions Artus Films initie une nouvelle collection dédiée à la guerre. C’est ainsi un nouveau genre que s’est là aussi emparé avec inspiration le cinéma italien des années 1960 et 1970 en surfant autant sur la vague du succès du genre que le contexte militaire international en Afrique comme au Vietnam avec les mouvements indépendantistes face à l’oppression post-colonialiste des puissance militaires à l’idéologie résolument impérialiste.
Pour sa première réalisation après une première expérience en tant que producteur, Mario Siciliano signe un film qui veut témoigner des luttes raciales de son époque en citant Martin Luther King dès la fin du générique initial. Le récit de ces mercenaires internationaux, racistes et d’une violence sans nom pour une grande partie d’entre eux, se veut ainsi résolument politique en dénonçant l’implication non officielle des puissance étrangères dans la destinée politique des pays réclamant leur indépendance, ici notamment au Congo.
Plus qu’un film de guerre, il s’agit surtout d’un survival où un groupe se déchire en fonction de leurs divergences bien affichées quant à leur vision de l’humanité. Ainsi, certains mercenaires prennent un malin plaisir à tuer et détruire sans jamais envisager de faire de prisonniers. Néanmoins, cette violence vient dialoguer avec la première séquence où les insurgés mettent en scène la mise à mort digne d’un film d’horreur de mercenaires poussés malgré eux à s’entretuer d’un côté et une journaliste violée par plus de trente hommes se jetant sur elles. Ces hommes noirs en armes parmi lesquels on ne trouve aucune femme, aucune personne âgée malgré la présence inopinée de deux enfants, n’ont jamais droit à la parole, meurent en train grand nombre sous les balles des mercenaires et constituent une menace permanente dans tout le film, assassinant les personnages les plus bienveillants, comme ce mercenaire qui reçoit une balle alors qu’il était en train de chanter une berceuse à un jeune enfant pour qu’il puisse trouver la paix du sommeil. Tous les protagonistes au sein de ce groupe de mercenaires y compris l’infirmière, la journaliste et le guide et marchand d’armes sans scrupules français sont des êtres torturés qui semblent s’être abandonnés dans une mission suicidaire par dégoût profond de l’humanité.
Dans ses meilleures intentions, le scénario propose cette piste philosophique de réflexion sur l’humanité, tout en étant un film de guerre codifié en survival avec de nombreuses épreuves à traverser sur un territoire naturel et humain particulièrement hostile. Le ton du film est suffisamment singulier pour retenir l’intention, dénonçant le racisme universel de l’époque et avec une composition musicale d’une brillante singularité signée Gianni Marchetti.

 

 

les-sept-berets-rouges-3760137631979-0
Les Sept bérets rouges
Sette baschi rossi
de Mario Siciliano
Avec : Ivan Rassimov (Alain Carrès), Sieghardt Rupp (le sergent Vlasky), Kirk Morris (O'Fearn), Pamela Tudor (le sergent Mary Wooder), Dale Cummings (le capitaine De Brand), Serge Nubret (Martinez), Arthur Brauss (le sergent Kimber), Wilbert Gurley (le capitaine Lauderwood), Gino Marturano (le commandant du camp), Angelica Ott (la journaliste), Ugo Adinolfi, Carla Calò, Marco Siciliano, Thomas Baptiste
Italie, Allemagne, 1969.
Durée : 93 min
Sortie en salles (France) : 1er février 1973
Sortie France du DVD : 3 novembre 2020
Format : 1,85 – Couleur
Langues : italien, français - Sous-titres : français.
Éditeur : Artus Films
Collection : Guerre

Bonus :
Diaporama d’affiches et de photos
Présentation du film par Curd Ridel

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.