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Billet de blog 23 sept. 2022

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FEFFS 2022 : "Diabolik" de Marco et Antonio Manetti

Dans les années 1960, la petite ville de Clerville est l'assaut d'un mystérieux Diabolik qui assassine et commet des vols qui déroutent sans cesse la police menée par l'inspecteur Ginko.

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15e édition du Festival européen du film fantastique de Strasbourg 2022 : Diabolik de Marco et Antonio Manetti

Les frères Marco et Antonio Manetti signe ici un hommage à la bande dessinée du même nom écrite par les sœurs Angela et Luciana Giussani en l'adaptant pour le cinéma, tout en offrant une véritable déclaration d'amour au cinéma de genre reposant sur des personnages à l'intelligence diabolique. On peut y voir aussi un hommage plus profond aux artifices assumés du cinéma depuis ses origines où est apparue de manière audacieuse sous la forme d'un feuilleton à épisodes la série Fantomas de Louis Feuillade.

"Diabolik" de Marco et Antonio Manetti © DR

Il s'agit également de la seconde adaptation pour le cinéma de cette BD après Danger : Diabolik (1968) de Mario Bava. Les frères Manetti à l'instar d'un Tarantino déclarent leur relation d'amour au cinéma de genre en assumant les grands effets démonstratifs comme autant d'actes mythologiques du genre, recyclant de nombreux clichés de mise en scène comme autant de regards complices avec un public qui n'a pas oublié le plaisir spontané du cinéma artisanal aux artifices assumés.

Il ne faut dès lors par prendre au premier degré ce récit où les motivations de personnages importent moins que leurs actions, souvent inattendues et surprenantes. Dans ce choix délibéré d'une mise en scène démonstrative où rien n'est laissé dans l'incertitude vie des retours en arrière explicatifs et des soulignements d'action, le film propose un dialogue fascinant avec le cinéma inventif à petit budget des années 1960 et 1970 en Italie, autant qu'à l'exploration aux multiples ressources expressives de la grammaire de la BD où Diabolik puise sa naissance originelle.

Dès lors, ce qui pouvait sembler lourd et compassé, notamment le jeu figé des acteurs qui ne font guère preuve de spontanéité, devient un clin d'œil assumé à un cinéma italien en sous-lecture, comme un élément nostalgique. De même les dialogues finissent par prendre plus de place que les scènes d'action proprement dites, jouant ainsi avec les attentes d'un public d'époque qui aime lui aussi, à l'instar de l'épouse de Diabolik, être manipulé avec de grosses ficelles visibles.

Diabolik
de Marco et Antonio Manetti
Fiction
133 minutes. Italie, 2021.
Couleur
Langue originale : italien

Avec : Luca Marinelli (Diabolik), Miriam Leone (Eva Kant), Valerio Mastandrea (l'inspecteur Ginko), Alessandro Roja (Giorgio Caron), Claudia Gerini (Mme Morel), Serena Rossi (Elisabeth), Roberto Citran (le directeur d'hôtel), Vanessa Scalera (la secrétaire de Caron), Pier Giorgio Bellocchio (agent Palmer), Stefano Pesce (le procureur), Massimo Triggiani (l'avocat), Daniela Piperno (la directrice de banque), Antonino Iuorio (le directeur de la prison), Davide Devenuto (le commissaire Driskell)
Scénario : Michelangelo La Neve, Mario Gomboli, Marco et Antonio Manetti d'après les personnages créés par Angela et Luciana Giussani
Images : Francesca Amitrano
Montage : Federico Maria Maneschi
Musique : Pivio et Aldo De Scalzi
Maquillage : Claudia Bastia
Effets spéciaux : Simone Silvestri
Décors : Noemi Marchica
Costumes : Ginevra De Carolis
Casting : Teresa Razzauti
Production : Mompracem, Rai Cinema
Producteurs : Marco et Antonio Manetti, Paolo Del Brocco, Carlo Macchitella
Distributeur (France) : Metropolitan FilmExport

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