Le cinéma peut tout! dixit Quentin Tarantino

En 1969 à Hollywood, l’acteur Rick Dalton en pleine dépression quant à sa carrière, se confie à son cascadeur, sa doublure etson homme à tout faire. Il est le voisin de Roman Polanski et son épouse Sharon Tate au moment où des membres de la « Famille » de Charles Manson rôdent.

"Once Upon a Time... in Hollywood" de Quentin Tarantino © Sony Pictures "Once Upon a Time... in Hollywood" de Quentin Tarantino © Sony Pictures
Sortie du Blu-ray : Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino

Le cinéma Quentin Tarantino semble se répéter à chaque film et pourtant chacun de ceux-ci est un nouveau miracle de propositions cinématographiques, comme si le cinéaste connaissait sans cesse un nouveau bain de jouvence. Once Upon a Time... in Hollywood est ainsi à la fois une synthèse de toute sa filmographie tout en proposant un non genre né de la fusion des genres. Il semblerait que le cinéaste n'ait jamais autant réussi à atteindre son ambition métacinématographique d’embrasser le cinéma dans tout son ensemble dans une véritable déclaration d’amour au cinéma en plongeant particulièrement dans ses marges : celles des acteurs dépressifs en quête de reconnaissance entre télévision et cinéma, des métiers qui vivent à l’ombre d’autres, une instabilité chronique des succès acquis… Le film se situe à la frontière entre le faux biopic et la vraie reconstitution d’une époque à travers le microcosme du monde hollywoodien en train de disparaître, du moins sous son ancienne forme, au moment où apparaît le « Nouvel Hollywood » d’une nouvelle décennie. Il est d’une certaine manière la continuité logique sous un tout autre ton et avec d’autres enjeux, de ce qu’avaient proposé les frères Coen avec leur film Ave, César ! (2016) qui faisait le portrait polyphonique d’un âge d’or d’Hollywood avec de nombreuses citations de personnes réelles à travers des personnages fictifs. Sur ce plan aussi, les frères Coen et Tarantino partagent de nombreux points communs, notamment dans leurs rapports néoclassiques postnostalgiques au cinéma hollywoodien d’antan. 1969 est une époque charnière pour l’industrie du cinéma hollywoodien comme pour la société américaine dans son ensemble. Comme son titre l’indique, Tarantino va chercher à l’instar de Sergio Leone et dans sa continuité en reprenant le début des titres de ses derniers films, la mythologie derrière une construction élaborée. C’est là le programme ambitieux qu’il s’est ici donné au moment où il a carte blanche (la fameux director’s cut et un budget conséquent) pour réaliser librement toutes ses envies de cinéphile cinévore dont l’appétit jamais ne s’éteind.

Si Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont au centre du récit, ils ne sont que de simples fils conducteurs d’une envie d’embrasser dans son ensemble toute une époque, en recréant, fantasme ultime, ce temps et ces lieux à Los Angeles où Tarantino de ses yeux d’enfants aurait voulu à son tour pénétrer. Tout son cinéma d’ailleurs repose sur cette envie insatiable de pénétrer un univers interdit par excès de fictions ou d’une vision irrémédiable de l’Histoire. Comme la vengeance des soldats juifs à l’égard des officiers nazis dans Inglorious Basterds (2009), Tarantino vient ici réécrire l’histoire du massacre traumatisant perpétré par Charles Manson au cœur d’Hollywood. Il prouve une fois de plus que la fiction du cinéma peut tout : notamment repenser le monde pour aller le comprendre de l’intérieur. Pour cela, il développe comme jamais auparavant son attrait pour les jeux d’acteurs en réalisant un véritable film choral dans une symphonie fantastique où la tension des situations est dans chaque instant. Bien entendu, Leonardo Di Caprio et Brad Pitt offrent une interprétation faite d’autodérision à partir d’une construction inédite de personnages et leur place dans le film donne la mesure des problématiques inhérentes au film. Un film qui ne laisse pas indifférent, qui déconcerte, surprend toujours là où ne l’attendait pas et qui poursuit son cheminement dans les conscience encore longtemps après un premier visionnage.

 

 

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Once Upon a Time... in Hollywood
de Quentin Tarantino

Avec : Leonardo DiCaprio (Rick Dalton), Brad Pitt (Cliff Booth), Margot Robbie (Sharon Tate), Emile Hirsch (Sebring), Margaret Qualley (Pussycat), Timothy Olyphant (James Stacy), Julia Butters (Trudi Fraser), Austin Butler (Charles « Tex » Watson), Dakota Fanning (Lynette « Squeaky » Fromme), Bruce Dern (George Spahn), Mike Moh (Bruce Lee), Luke Perry (Wayne Maunder), Damian Lewis (Steve McQueen), Al Pacino (Marvin Schwarz), Kurt Russell (Randy / le narrateur), Zoë Bell (Janet, la femme de Randy), Clifton Collins Jr. (Ernesto « The Mexican » Vaquero dans la série Lancer), Raul Cardona (« Bad Guy » Delgado dans la série Lancer), Marco Rodriguez (le barman dans la série Lancer), Michael Madsen (le shérif Hackett dans la série Bounty Law), Scoot McNairy (Bob « Business » Gilbert dans la série Lancer), Martin Kove (le shérif dans la série Bounty Law), James Remar (Ugly Owl Hoot dans la série Bounty Law), Damon Herriman (Charles « Charlie » Manson), Madisen Beaty (Patricia « Katie » Krenwinkel), Mikey Madison (Susan « Sadie » Atkins), Victoria Pedretti (Leslie « Lulu » Van Houten), Lena Dunham (Catherine « Gypsy » Share), Maya Hawke (Linda « Flower Child » Kasabian), Kansas Bowling (Sandra « Blue » Good), James Landry Hebert (Steve « Clem » Grogan), Dallas Jay Hunter (Delilah), Dyani Del Castillo (Pebbles), Parker Love Bowling (Tadpole), Sydney Sweeney (Dianne « Snake » Lake), Josephine Valentina Clark (Catherin)

Royaume-Uni, USA, Chine, 2019.
Durée : 161 min
Sortie en salles (France) : 14 août 2019
Sortie France du Blu-ray : 14 décembre 2019
Format : 2,39 – Couleur
Langues : anglais, français - Sous-titres : anglais, français, arabe, néerlandais.
Éditeur : Sony Pictures

Bonus :
7 scènes supplémentaires (25’)
La lettre d’amour de Quentin Tarantino à Hollywood
Bob Richardson : pour l’amour du cinéma
Entre spécialistes : les voitures de 1969
Recréer Hollywood : le décor de production du film
La mode de 1969

 

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