"Bienvenue à Zombieland" et "Retour à Zombieland" de Ruben Fleischer

Voici réunis en un même coffret "Bienvenue à Zombieland" et "Retour à Zombieland" de Ruben Fleischer, réalisés à une décennie de distance sur le thème de la pandémie mondiale de zombification pour questionner l'appréhension de l'autre à travers le gore et la comédie.

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Sortie du coffret Blu-ray : Bienvenue à Zombieland et Retour à Zombieland de Ruben Fleischer

Bienvenue à Zombieland (2009)

Alors que le monde est ravagé par une virulente épidémie de zombies, Columbus qui se croyait seul, effrayé de tout, fait la rencontre de Tallahassee, un tueur de zombie tête brûlée puis de la séduisante Wichita et de sa sœur Little Rock.

Il y a dix ans, Bienvenue à Zombieland qui surfait sur la vague de l’intérêt puissant porté aux histoires de zombies, proposait une histoire originale portée par un quatuor d’acteurs singuliers et convaincants à la forte personnalité. Même si le second volet sent un peu trop le réchauffé, Bienvenue à Zombieland reposait sur de bons personnages antagoniques avec à la clé la recomposition familiale hétérogène dans un monde chaotique où toutes les règles de sociabilité commune n’ont plus cours.

Le ton se situe dès le début dans la comédie gore, avec une représentation réaliste de la violence qui fera sursauter plus d’un spectateur mais sans jamais ressentir le malaise d’une fin d’humanité. Car la représentation a beau être réaliste, la dynamique du film est avant tout celle du plaisir ludique d’un jeu vidéo où il s’agit de dégommer à tout va de méchants zombies avec un cynisme assumé à toute épreuve où les réflexions métaphysiques n’ont plus cours, comme le rappelle une citation avortée de Jean-Paul Sartre en toute fin du film. Les nombreux clins-d’œil cinéphiles, musicaux et autres, propres à la culture populaire abondent, dans ce film fédérateur s’adressant aux multiples générations à l’image du quatuor formé sous les traits d’une famille atypique. Comme si le film avait pour but de réunir adolescents et parents séparés les uns des autres, à l’image de la destinée de Columbus.

 

Bienvenue à Zombieland
Zombieland
de Ruben Fleischer
Avec : Woody Harrelson (Tallahassee), Jesse Eisenberg (Columbus), Emma Stone (Wichita / Krista), Abigail Breslin (Little Rock), Amber Heard (406), Mike White (le propriétaire de la station d'essence et la victime des toilettes), Bill Murray (lui-même), Derek Graf (le clown zombie)
USA – 2009.
Durée : 88 min
Sortie en salles (France) : 25 novembre 2009

 

Retour à Zombieland (2019)

Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock sont de retour pour de nouvelles aventures qui les conduisent de la Maison Blanche au paradis du pacifisme en passant par Graceland, tout en massacrant au passage, afin d’assurer leur propre survie, une pelletée de zombies.

Ruben Fleischer a réussi à réunir son quatuor d’acteurs pour reprendre leurs personnages dans Zombieland une décennie plus tôt. Cette suite se veut aussi irrévérencieuse que le premier volet, en mettant toujours en avant la singularité d’une « famille » recomposée autour de quatre personnages aux singularités disparates : certains jouant au couple, d’autres à la relation père-fille, sans pour autant s’y trouver pleinement, ce qui entraînera une séparation. Les scénaristes se sont ici reposés sur le premier scénario pour en reprendre les grands enjeux, dans une paresse décomplexée, oubliant que proposer une suite c’est aussi faire de nouvelles propositions de récit pour attirer le spectateur sur de nouveaux chemins inattendus. Ainsi, squatter la Maison Blanche se révèle être un gag aux enjeux extrêmement limités. Quant à l’idéologie selon laquelle les pacifistes sont des utopistes irresponsables qui ne doivent leur survie que par l’esprit vindicatif et assoiffé de sangs des héros de cette histoire, elle est d’autant plus malheureuse qu’elle finit par justifier en tant que tel le spectacle de la violence à l’égard des zombies.

L’humour fonctionne à divers endroits du film, de même que le quatuor de personnages hétéroclites offre toujours de bons moments d’échanges autour de l’opposition Woody Harrelson / Jesse Eisenberg, au détriment des actrices féminines invisibilisées et ne prenant jamais part aux grandes décisions qui font avancer l’histoire. Le gore est assumé dans des séquences au ralenti d’explosions crâniennes multiples, tout comme l’ironie, les références cinématographiques de la pop culture et l’esprit assumé du jeu vidéo de massacre. Une suite théoriquement décomplexée mais qui ne renouvelle pas le regain d’intérêt pour le film de zombies et s’enferme trop sagement dans un scénario prédigéré selon les codes des grands studios.

 

 

Retour à Zombieland
Zombieland: Double Tap
de Ruben Fleischer
Avec : Woody Harrelson (Tallahassee), Jesse Eisenberg (Columbus), Emma Stone (Wichita / Krista), Abigail Breslin (Little Rock), Rosario Dawson (Nevada), Zoey Deutch (Madison), Avan Jogia (Berkeley), Thomas Middleditch (Flagstaff), Luke Wilson (Albuquerque), Bill Murray (lui-même), Ray Park (le premier zombie T-800)
USA – 2019.
Durée : 99 min
Sortie en salles (France) : 30 octobre 2019

Sortie France du coffret Blu-ray : 11 mars 2020
Format : 2,39 – Couleur
Langues : anglais, français, allemand, japonais - Sous-titres : anglais, arabe, flamand, français, allemand, japonais, néerlandais, turc.
Éditeur : Sony Pictures

Bonus :
Bêtisier
Scènes alternatives
Les sosies
Une journée avec Bill Murray
Les véhicules de Zombieland
Les règles du film de zombies
La conception de Babylone
Du sang neuf
Commentaires du réalisateur

 

 

 

 

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