"Une raison pour vivre, une raison pour mourir" un film de Tonino Valerii

Durant la guerre de Sécession, des condamnés à la pendaison ont l’occasion de sauver leur vie en acceptant une mission suicide dirigée par le colonel Pembroke contre les Sudistes.

"Une raison pour vivre, une raison pour mourir" (Una ragione per vivere e una per morire) de Tonino Valerii © LCJ "Une raison pour vivre, une raison pour mourir" (Una ragione per vivere e una per morire) de Tonino Valerii © LCJ
Sortie DVD : Une raison pour vivre, une raison pour mourir de Tonino Valerii

Un an avant le mémorable Mon nom est personne (Il mio nome è Nessuno), Tonino Valerii réalisa Une raison pour vivre, une raison pour mourir (Una ragione per vivere e una per morire) avec un séduisant casting : James Coburn, Telly Savalas, Bud Spencer et Georges Géret. L’histoire est ouvertement adaptée des Douze salopards (The Dirty Dozen, 1967) de Robert Aldrich mais dans le cadre d’un western. Pour la filiation entre les deux, on retrouve Telly Savalas ici dans le rôle du grand méchant machiavélique à abattre. Le scénario a clairement été écrit sans imagination dans une volonté d’exécution la plus rapide possible même si cette écriture réunit en plus du réalisateur Rafael Azcona (scénariste de Marco Ferreri et de Carlos Saura) et Ernesto Gastaldi qui signait à cette époque plusieurs scénarios par an à un rythme phénoménal. Malgré un ensemble de scènes surprenantes et des interprétations singulières, l’ensemble du récit manque totalement de structure. Le groupe des « salopards » n’a guère non plus le temps d’être étoffé puisque ses membres meurent trop vite sans avoir eu l’opportunité d’affirmer leur psychologie spécifique. Bud Spencer est le seul à jouer le registre comique tout en cabotinant sans pour autant que la mise en scène suive en ce sens, laissant les séquences hors de propos, à l’exception de la scène où pour faire diversion, son personnage déclare la fin de la guerre et entraîne tout le monde dans une grande danse dans la rue.

La dynamique entre les personnages ne fonctionne guère davantage alors qu’il y avait en chacun d’eux une personnalité qui pouvait faire fonctionner un récit attractif. On notera la manie de Telly Savalas à gratter ses allumettes sous les testicules d’une statue d’un jeune éphèbe, l’humaniste sudiste fumant patiemment sa pipe jusqu’à son dernier souffle joué avec affabilité par le français Georges Géret, le charisme séducteur de James Coburn, l’adulte régressif joué par Bud Spencer… De bons ingrédients réunis ici dans une mise en scène totalement absente.

L'édition DVD présente ici uniquement la version française qui ne rend pas honneur à l'interprétation originale des acteurs, de même la durée est tronquée puisque la version longue dure 30 minutes de plus.

 

 

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Une raison pour vivre, une raison pour mourir
Una ragione per vivere e una per morire
de Tonino Valerii
Avec : James Coburn (le colonel Pembroke), Telly Savalas (le major Ward), Bud Spencer (Eli Sampson), Georges Géret (le sergent Spike), Reinhard Kolldehoff (le sergent Brent), Guy Mairesse (Donald MacIvers), José Suárez (le major Charles Ballard), Ugo Fangareggi (Fred), Benito Stefanelli (Samuel Pickett, un ex condamné), Adolfo Lastretti (Will Fernandez / Will Culder), Fabrizio Moresco (l’assistant de Ward), Francisco Sanz (le fermier), Joe Pollini (Jeremy), Mario Pardo (Roger, le fils du fermier), Sharin Sher (April), Carla Mancini, Concha Rabal, Alejandro de Enciso, Andrew Dean, Carson Drew, Don Getzson, Christopher Hill, David Landau, Graig Nicol, Bill Norden
Italie, France, Allemagne, Espagne, 1972.
Durée : 80 min
Sortie en salles (France) : 29 mai 1974
Sortie France du DVD : 12 janvier 2021
Format : 2,35 – Couleur
Langue : français.
Éditeur : LCJ Éditions

 

 

 

 

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