"Vivian and Johnny, la légende de Nashville" un film de Matt Riddlehoover

Derrière la vie du chanteur mythique Johnny Cash, il y a celle de Vivian Liberto, sa première épouse. Pour redonner sa vraie place, ses quatre filles racontent son histoire devant la caméra d’un des membres de la famille.

"Vivian and Johnny, la légende de Nashville" (My Darling Vivian) de Matt Riddlehoover © Destiny Films "Vivian and Johnny, la légende de Nashville" (My Darling Vivian) de Matt Riddlehoover © Destiny Films
Sortie VoD (France) du 23 juin 2021 : Vivian and Johnny, la légende de Nashville de Matt Riddlehoover

Si le film de fiction Walk the Line (2005) de James Mangold fut une véritable réussite avec la performance de ses acteurs principaux, autour de l’histoire d’amour entre Johnny Cash et June Carter, c’était au détriment de l’histoire de Vivian Liberto, la première épouse avec laquelle le chanteur eut quatre filles. C’est bien avec cette volonté de réhabiliter la mémoire de leur mère, que les quatre sœurs offrent leurs témoignages à Matt Riddlehoover, époux du fils de l’une d’elle, ce qui fait du film une véritable construction familiale. Vivian and Johnny, la légende de Nashville (My Darling Vivian) s’inscrit également dans le contexte émancipateur d’une époque qui fait un peu trop tardivement la place aux femmes reléguées depuis tant de siècles derrière leurs homologues masculins. Car derrière la consécration d’une figure hyper médiatique, combien de souffrances se trouvent du côté des femmes enfermées dans leur prison de verre en tant que gardienne immémorielle du foyer ? Si l’on dépasse le statut de la première épouse d’une célébrité, Vivian Liberto est également représentative de toutes ces épouses qui ne se sont pas épanouies dans leur conjugalité mais qui n’ont contrairement aux hommes pas eu l’opportunité de trouver la légitimité de manifester leur désarroi dans des espaces publics pour requestionner et remettre en cause les normes sociétales patriarcales. C’est à ce titre que l’histoire de Vivian Liberto mérite d’être partagée en plus de l’initiative familiale de reconstruire une nouvelle unité pour soigner une âme dont la vie incarnée a été une somme de souffrances.

Le film se concentre exclusivement sur le regard des quatre sœurs sur leur mère, ce qui constitue un parti pris et une limite si l’on veut prendre en considération le contexte social d’une époque. Si Johnny Cash est le grand absent de l’histoire, c’est bien aussi la place qu’il a occupé auprès de ses filles, ce qui est justifiable dans ce montage. Dommage en revanche que Vivian Liberto ne puisse exister en dehors de la souffrance qui la lie tout au long de ce récit à Johnny Cash, comme elle souffrait déjà enfant du manque affectif auprès de ses parents. Il manque aussi de la part de Matt Riddlehoover en tant que réalisateur et monteur, l’affirmation d’une femme qui a construit et s’est construite par la même occasion.

Quant au fond sonore, on ne pouvait espérer de pire avec une musique jouée au synthétiseur omniprésente pour souligner l’état dramatique du récit, laissant ainsi peu de liberté à la personne découvrant le film de vivre et projeter ses propres émotions.

 

 

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Vivian and Johnny, la légende de Nashville
My Darling Vivian
de Matt Riddlehoover
documentaire
90 minutes. USA, 2020.
Couleur
Langue originale : anglais

Avec les témoignages de : Rosanne Cash, Kathy Cash Title, Sara Cash Schwoebel, Cindy Cash
Images : Josh Moody
Montage : Matt Riddlehoover
Musique : Ian A. Hughes
Son : Galen Milender
Production : Element Twenty Two
Producteurs : Dustin Tittle, Matt Riddlehoover
Coproductrice : Tara Cash Schwoebel
Distributeur (France) : Destiny Films

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