Avec les mains d’un étranger, tous les coups sont permis

Un chirurgien décide de faire la greffe des mains d’un inconnu à un pianiste virtuose qui a perdu les siennes dans un accident de voiture. Le pianiste en question accuse un comportement des plus instables.

"Les Mains d’un étranger" (Hands of a Stranger) de Newton Arnold © Artus Films "Les Mains d’un étranger" (Hands of a Stranger) de Newton Arnold © Artus Films
Sortie DVD : Les Mains d’un étranger de Newton Arnold

Les Mains d’Orlac est un roman policier fantastique écrit par Maurice Renard et publié en 1920 qui a connu plusieurs adaptations au cinéma. Ainsi, le cinéma expressionnisme allemand s’en empare avec la réalisation en 1924 de Robert Wiene. Les Mains d’un étranger est la quatrième adaptation au cinéma en 1962 et ne sera pas non plus la dernière. Ainsi récemment en 2013, le personnage du musicien devenu criminel à la suite d’une greffe de mains se féminise avec l’interprétation de Sylvie Testud dans le téléfilm Les Mains de Roxana réalisé par Philippe Setbon.

Newton Arnold, a qui est confié la nouvelle adaptation pour le cinéma du roman de Maurice Renard, réalises pour la première fois un film et n’en réalisera par la suite que deux autres, dont le dernier permet le véritable début de carrière au cinéma de Jean-Claude Van Damme : Bloodsport, tous les coups sont permis (1988). Il n’en a pas moins d’autres heures de gloire plus conséquentes puisqu’en tant qu’assistant réalisateur, il a participé aux tournages des chefs-d’œuvre du cinéma que sont Abyss (James Cameron, 1989), Blade Runner (Ridley Scott, 1982), Le Parrain 2e partie (Francis Ford Coppola, 1974), Pat Garrett et Billy le Kid (Sam Peckinpah, 1972), Dans la chaleur de la nuit (Norman Jewison, 1967). Les Mains d’un étranger le situe donc au début d’une remarquable filmographie avec une réalisation qui donne au film une dimension ambitieuse à ce qui aurait pu n’être qu’une commande pour film de série B bâclée. Tout d’abord, le film tient à prendre le temps de présenter chacun de ses personnages dans des dialogues plus subtils qu’il n’y paraît à première vue. Et c’est précisément là que le film se singularise car si le pianiste devient un criminel, c’est moins à cause de ses mains nouvellement greffées que de sa psychologie éminemment troublée à sa sociabilité bien fragile. Les mains d’un inconnu ne deviennent alors pour lui qu’un outil bien pratique pour cacher sa propre responsabilité et l’échec d’une vie reposant sur un rapport à soi destructeur. Même si les interprétations ne sont pas les plus mémorables de l’histoire du cinéma, il n’empêche qu’elles se tiennent bien, les acteurs jouant avec conviction leurs partitions et l’ensemble ne manque pas d’entrain dans sa dimension horrifique de l’exploration de l’âme humaine.

 

 

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Les Mains d’un étranger
Hands of a Stranger
de Newton Arnold
Avec : Paul Lukather (Dr. Gil Harding), Joan Harvey (Dina Paris), James Stapleton (Vernon Paris), Ted Otis (Dr. Ross Compton), Michael Rye (George Britton), Laurence Haddon (le lieutenant Syms), Elaine Martone (Eileen Hunter), George Sawaya (Tony Wilder, le chauffeur du taxi), Michael Du Pont (Dr. Ken Fry), Sally Kellerman (Sue), David Kramer (l’homme à la fête foraine), Irish McCalla (Holly), Barry Gordon ("Skeet" Wilder)
USA – 1962.
Durée : 82 min
Sortie en salles (France) : inédit
Sortie France du DVD : 3 décembre 2019
Format : 1,37 – Noir & Blanc
Langue : anglais - Sous-titres : français.
Éditeur : Artus Films
Collection : Classiques américains

 

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