"Okja" un film de Bong Joon Ho

La société Mirando a développé une variété de cochon aussi grosse qu’un éléphant, les confiant à divers éleveurs aux quatre coins de la planète. Mija, dans la campagne coréenne, vit depuis ses 4 ans avec Okja, l’une de ces variétés animales. Lorsqu’Okja doit être emmené à New York pour servir de chair pour les consommateurs, Mija part à son secours.

"Okja" de Bong Joon Ho © Netflix "Okja" de Bong Joon Ho © Netflix
Sortie mondiale sur Netflix du 28 juin 2017 : Okja de Bong Joon Ho

Ce long métrage de Bong Joon Ho est l’un des rares parmi sa filmographie florissante à avoir été interdit de diffusion en salles en France en raison de sa production par Netflix. Ceci avait alors entraîné un lever de boucliers de la part des exploitants lorsque le film fut promu par Cannes en l’intégrant dans sa sélection officielle. Depuis, de nombreux cinéastes cannois ont trouvé chez Netflix les moyens ambitieux de production qu’ils ne pouvaient trouver ailleurs, au moment où Hollywood préfère concentrer ses budgets sur des méga blockbusters de super-héros. Il est vrai que le projet avec toute la partie d’effets numériques que suppose la présence de l’animal fantastique éponyme requérait un tel budget mais Bong Joon Ho conserve malgré tout à mettre en œuvre un récit intimiste alors qu’il dénonce l’industrialisation à outrance de la violence faite aux animaux à des fins mercantiles.

On retrouve là les thèmes écologiques à l’œuvre dans le formidable The Host (2006) associés à une amitié entre une enfant et un être fantastique qui renvoie autant à ET de Spielberg qu’à Mon voisin Totoro de Miyazaki. Le fantastique ici rend compte de la démesure du massacre de masse que permet la logique agroindustrielle qui utilise sans vergogne les OGM à l’instar des choix d’une entreprise comme Monsanto dont l’entreprise Mirando du film de Bong Joon Ho s’inspire largement (notamment en rappelant que la société a fait fortune dans l’élaboration du napalm durant la guerre au Vietnam). Bong Joon Ho réussit à lier récit d’aventure, tendresse enfantine et horreur de l’organisation du monde entre les mains de quelques puissantes multinationales.

 

 

Okja
de Bong Joon Ho

Fiction
121 minutes. Corée du Sud, USA, 2017.
Couleur
Langues originales : anglais et coréen

1re projection en France : 19 mai 2017 au festival de Cannes

Avec : Ahn Seo-hyeon (Mija), Tilda Swinton (Lucy/Nancy Mirando), Paul Dano (Jay), Jake Gyllenhaal (Dr. Johnny Wilcox), Byeon Hee-bong (Hee-bong), Steven Yeun (K), Lily Collins (Red), Yoon Je-moon (Mundo Park), Shirley Henderson (Jennifer), Daniel Henshall (Blond), Devon Bostick (Silver), Choi Woo-sik (Kim), Giancarlo Esposito (Frank Dawson

Scénario : Bong Joon-ho et Jon Ronson
Images : Darius Khondji
Montage : Meeyeon Han et Jin-mo Yang
Musique : Jaeil Jung
Direction artistique : Lee Ha-joon et Kevin Thompson
Costumes : Choi Se-yeon et Catherine George
Décors : Bae Jeong-yoon, Deborah Jensen et Gwendolyn Margetson
Production : Choi Doo-ho et Lewis Taewan Kim ; Brad Pitt et Ted Sarandos (délégués)
Société de production : Lewis Pictures
Coproduction : Kate Street Picture Company et Plan B Entertainment2
Société de distribution : Netflix

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.