Et la réalité virtuelle s'empara de nos aspirations

En 2045, l'humanité est plongée dans une extrême pauvreté où la seule soupape est la réalité virtuelle de l'OASIS, accessible avec un visiocasque. Une compétition est lancée par le concepteur défunt de ce monde virtuel avec comme enjeu la possession de le l'OASIS.

"Ready Player One" de Steven Spielberg © Warner Bros. "Ready Player One" de Steven Spielberg © Warner Bros.

Sortie Blu-ray : Ready Player One de Steven Spielberg

Plus de quinze ans après A.I. et Minority Report, Steven Spielberg revient à la science-fiction en se focalisant cette fois-ci sur le développement tous azimuts des mondes virtuels en adaptant le roman d'Ernest Cline. Dans la même veine de ses précédents films, Spielberg est toujours aussi efficace à mener son récit tambour battant en défendant ses valeurs profondes autour de la liberté, de la famille. Ici, les héros sont avant tout des adolescents confrontés à un monde adulte cynique qui a complètement perdu sa capacité à rêver. L'histoire est d'autant plus appropriée à Spielberg qu'elle est un vibrant hommage à la culture pop des années 1980 avec l'arrivée massive des premières consoles vidéo et des films cultes pour de nombreux geek encore. Les fans apprécieront ces références infinies à des films. Car l'OASIS développe tout un imaginaire nourri de toutes les fictions populaires de ces dernières décennies, proposant aussi la métaphore du cinéma comme oasis pour fuir une triste réalité. Le film a encore pour notable intérêt de proposer une réflexion critique du développement des réalités virtuelles qui a le vent en poupe actuellement. Là encore, comme le cinéma hollywoodien ne cesse de défendre des grandes valeurs humanistes mais sans les défendre fondamentalement dans le fond, le paradoxe du film, comme c'était le cas d'Avatar de James Cameron, est de défendre l'importance de la réalité tout en faisant un spectacle très attractif du monde virtuel. De même, à certains moment il est rappelé au personnage principal, véritable geek auxquels de nombreux spectateurs n'auront pas de peine à s'identifier, qu'ils soient adolescents ou non, qu'il est essentiel de s'impliquer politiquement dans la réalité en faisant partie de la rébellion : là encore, tout le contenu politique est très vite évincé du scénario. Il n'en reste pas moins que Ready Player One est un efficace film d'anticipation, multipliant à l'excès les scènes d'action comme un supplément d'âme, proposant, ce n'est pas rien, une modeste introduction à la réflexion sur la place de la réalité virtuelle dans nos vies quotidiennes.

 

 

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Ready Player One
de Steven Spielberg
Avec : Tye Sheridan (Wade Owen Watts / Parzival), Olivia Cooke (Samantha Evelyn Cook / Art3mis), Ben Mendelsohn (Nolan Sorrento / Sorrento), T. J. Miller (i-R0k), Simon Pegg (Ogden Morrow / le Conservateur), Mark Rylance (James Donovan Halliday / Anorak), Lena Waithe (Helen / Aech), Win Morisaki (Toshiro / Daito), Philip Zhao (Xo / Sho), Hannah John-Kamen (F'Nale Zandor), Susan Lynch (Tante Alice), Ralph Ineson (Rick), Simone Kirby (Loretta), Letitia Wright (Reb), Mckenna Grace (une écolière)
USA, 2018.
Durée : 139 min
Sortie en salles (France) : 28 mars 2018
Sortie France du Blu-ray : 8 août 2018
Format : 2,39 – Couleur
Éditeur : Warner Bros.
Bonus :
Les années 80 : l’inspiration (5’38”)
Déchiffrer le code (57’22”)
Les effets spéciaux d’un nouveau monde (24’39”)
Niveau supérieur : le son du futur (8’03”)
Meilleur score : fin de partie (10’04”)
L’Excellente aventure d’Ernest et Tye (12’)

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