Le Père Frimas © Doriane Le Père Frimas © Doriane

Dans les Alpes, l’équilibre d’un village hivernal est régi par le Père Frimas et Sylvain, deux êtres légendaires. Rien ne va plus lorsque Sylvain est dérangé dans son sommeil par un homme venu chercher du bois.

 

Youri Tcherenkov puise dans le folklore russe pour livrer un court métrage animé enchanteur produit Les Films de l'Arlequin. L’animation en 2D associe le dessin et le papier découpé pour mouvoir les personnages. Dans un monde hivernal où le blanc est de mise, la couleur est magnifiée dans une tradition qui reflète bien l’esprit des studios Folimage où Youri Tcherenkov a notamment œuvré depuis deux décennies en tant qu’animateur en chef du long métrage La Prophétie des grenouilles de Jacques-Rémy Girerd (2003) et coscénariste de plusieurs films des studios Folimage (Tante Hilda, Mia et le Migou, La Prophétie des grenouilles). L’histoire opère une belle synthèse entre le conte traditionnel à la Perrault où la marâtre est à l’origine du drame dans la paisible relation entre un père et sa fille, et les contes nordiques avec les personnages mythologiques que sont le Père Frimas garant de la neige en hiver et Sylvain protégeant la forêt des intrusions extérieures alors que la faune et la flore en repos sont vulnérables aux intrusions humaines. Ce sont la découverte de ces personnages mythologiques nordiques qui font dans un premier temps la force du récit. Ensuite, viennent les choix heureux de l’animation artisanale qui privilégie la mise en valeur du trait contrairement au rendu réaliste sans âme d’une fabrication numérique. L’avantage est qu’ainsi chaque élément de l’image, qu’il s’agisse des vêtements, de la neige, de la laine des moutons, etc., prennent un véritable relief et satisfont chez le spectateur la sensation du toucher. À cet égard, le choix d’animation est ici le plus juste, merveilleusement pensé par ses créateurs. Ajoutons également une sensibilité écologique du récit qui n’est non plus sans lien avec l’esprit de Folimage, puisque la marâtre réclamant un confort urbain bouleverse l’harmonie sociale et écologique d’un environnement donné.

En bonus, quatre courts métrages viennent remplacer Le Noël de Komaneko de Tsuneo Goda qui constituait le programme présenté lors de sa diffusion en salles sous le titre Le Père Frimas. Ces films ont comme point commun d’aborder l’hiver en animation. Trois d’entre eux revisitent l’histoire du cinéma d’animation des studios d’Hollywood puisqu’ils datent de 1924, 1933 et 1948. Ce sont là des curiosités offrant un regard rétrospectif à ce qu’a pu être l’animation au jeune public, mais ne constitue pas des moments forts de récit et d’innovation, à la différence de Bonhommes de Cécilia Marreiros Marum (2004) qui ose faire éclater son récit à l’instar d’une bande dessinée avec ses cases. Son récit à la fois fraîchement fantaisiste et ludique offre encore un autre aperçu réjouissant de l’inspiration hivernale que l’univers de Youri Tcherenkov. La liberté du récit et son goût pour sortir des cases normées et trop sages de l’animation, donne envie de découvrir davantage l’univers de Cécilia Marreiros Marum.

 

 

 

perefrimas

Le Père Frimas

de Youri Tcherenkov

France – 2013.

Avec les voix de : Barbara Beretta, Bernard Alane, Hervé Caradec

Durée : 26 min

Sortie en salles (France) : 11 décembre 2013

Sortie France du DVD : 5 décembre 2014

Format : 1,78 – Couleur

Langue : français.

Éditeur : Doriane Films

Bonus :

Bonhommes de Cécilia Marreiros Marum (2004, 8’32”)

Le Bonhomme de Neige (The Snowman) de Ted Eshbaugh (1933, 8’)

L’Hiver arrive ! (When winter comes) de Paul Terry (1924, 6’)

Adieu l’hiver (Winter draws on) de Seymour Kneitel (1948, 7’)

 

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