Cédric Lépine
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Billet de blog 31 août 2019

Entretien avec Bruno Smadja, fondateur du "Mobile Film Festival 2019"

L'appel à candidature pour participer au Mobile Film Festival 2019 vient d'être lancé et se terminera le 16 octobre 2019. Pour découvrir ce festival dédié à la mise en valeur des productions vidéos réalisées sur téléphone portable, voici un entretien avec Bruno Smadja, le fondateur de l'événement.

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Cédric Lépine : Quelles sont vos responsabilités dans l'organisation de ce festival ?
Bruno Smadja :
Je suis le fondateur du Mobile Film Festival que j’ai créé il y a 15 ans.
C. L. : Dans quels contextes et avec quels objectifs ce festival est apparu à l'origine ?
B. S. :
Le festival est né avec l’apparition des premières caméras mobiles.
Dès le début, l’objectif était de bénéficier de cette technologie qui allait devenir très accessible avec le temps afin de retirer toutes les contraintes économiques pour la création d’un film.
J’ai choisi aussi d’ajouter une contrainte créative forte, 1 Minute, afin de pouvoir sélectionner les meilleurs créateurs.
Ainsi est né notre format encore actuel et toujours unique, 1 Mobile, 1 Minute, 1 Film.
C. L. : Qui peut concourir à ce festival ? Est-ce que les films doivent nécessairement être originaux ?
B. S. :
Tout le monde peut concourir gratuitement.
Les films ne doivent pas être originaux mais du fait de notre format unique la plupart des films sont faits spécifiquement pour le festival.

C. L. :
Comment le thème de l'urgence climatique est-il apparu cette année ?
B. S. : Nous avions déjà abordé ce thème en 2015 pour la COP21 et déjà en partenariat avec l’ONU. Les films sélectionnés à l’époque étaient très créatifs et forts.
L’urgence aujourd’hui est encore plus grande qu’en 2015, la mobilisation citoyenne est aussi plus forte. Il nous a donc semblé important de reprendre ce thème et de nous inscrire dans le mouvement de mobilisation international et citoyen.
Nous nous sommes appuyés sur la tribune « résister et créer » lancer par le collectif On est prêt (partenaire du festival) et Cyril Dion, qui invitait lors du Festival de Cannes 2019 les professionnels du cinéma à s’emparer de ce combat pour inventer des futurs souhaitables. Notre objectif avec cette nouvelle édition, consiste à inviter, au travers des films, le public à agir maintenant et les aider à construire des imaginaires communs où l’on pourraient vivre en harmonie et gérer les effets du changement climatique.
C. L. : Pouvez-vous présenter vos partenaires YouTube Creators for Change et UN Climate Change et le type de partenariat conclu avec eux ?
B. S. : YouTube est le leader mondial de la vidéo sur Internet. YouTube est une filiale de Google. Cela fait 2 ans que nous avons initié ce partenariat, qui fait d’eux notre sponsor titre. En 2018, nous avions célébré les 70 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme avec le OHCR.
Grâce à YouTube nous avons pu mettre en œuvre un programme de bourses d’aide à la production, 2 bourses de 20.000 € cette année seront remises au Meilleur Film International et au Meilleur Film Français.
YouTube est une marque qui s’engage auprès des créateurs et sur des thématiques sociales et environnementales, comme avec le Mobile Film Festival. Enfin, nous étions heureux de comprendre la stratégie RSE qui leur permet d’être neutre en carbone aujourd’hui.
UN Climate Change ou UNFCCC est l’agence de l’ONU qui nous soutient sur cette édition et qui est en charge de toutes les négociations au niveau mondial sur les questions climatiques. Il n’y a aucune dimension financière à notre partenariat avec l’ONU.
Nous sommes aussi soutenus par plus de 90 ONG du monde entier, qui combattent tous les jours le changement climatique: https://www.mobilefilmfestival.com/partenaires/
C. L. : Est-ce que tous les films qui seront inscrits seront diffusés ou bien y a-t-il une sélection et si oui selon quels critères ?
B. S. : Nous réalisons une sélection importante car je pense que c’est le rôle et le plaisir d’organiser un festival que de pouvoir présenter une sélection de films.
La sélection officielle de 50 films sera mise en ligne le 14 novembre 2019.
Les critères sont objectifs quant à la qualité du film, de son histoire, du jeu des acteurs, …, et bien évidemment subjectifs quant au message porté. Le comité de sélection est constitué de l’équipe d’organisation du festival.
Ensuite, parmi les 50 films de la sélection officielle, le jury de professionnels désignera les lauréats.
Voici quelques exemples des films de l’édition 2015 que nous présentons à nouveau dans le cadre du lancement du Mobile Film Festival 2019 :
No Sense de Julien Lessi - Grand Prix International
Criminels de Jérémy Bernard et Guillaume Desjardins, primé en 2015 (Prix du Meilleur Scénario et prix de la meilleure interprétation masculine pour les 2 acteurs.
Les 12 films disponibles.
C. L. : Quels sont les espaces de diffusion des films ?
B. S. : Le premier des espaces de diffusion des films depuis la création du festival est le web, car je pense que le web est un magnifique espace d’expression artistique pour aller à la rencontre du public.
Aujourd’hui, nous sommes présents sur tous les réseaux sociaux et l’année dernière nous avons généré 21 millions de vues.
Nous développons de plus en plus de projections physiques dans des cinémas, des instituts culturels dans le monde entier. Plus de 80 projections en 1 an pour les films sur les 70 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, au Brésil, en Angleterre, en France, à Hong-Kong, au Mexique, en Afghanistan, …
Nous sommes ouverts à de nouvelles diffusions et nous mettons les films à la disposition gratuitement des cinémas, associations, institutions, lycées… qui souhaiteraient organiser une projection.
C. L. : Est-ce que les films réalisés pour le festival continuent à être diffusés en dehors de la durée du festival ?
B. S. : Oui sur le web en particulier sur notre chaîne YouTube où vous retrouverez les archives (https://www.youtube.com/mobilefilmfestival), mais aussi lors de projections physiques.
C. L. : Depuis sa création, est-ce que certains participants au festival ont pu suivre une voie de professionnalisation de leur pratique ?
B. S. : Plusieurs réalisateurs ont pris leur envol.
Morgan Simon, lauréat de la première bourse d’aide à la production, a réalisé 5 ans après un premier long métrage qui a été primé au Festival de San Sebastian, Compte tes blessures.
Benjamin Busnel, lauréat de la deuxième bourse d’aide à la production, a réalisé une série courte sur Canal + Le Département
Guillaume Renusson, lauréat de la troisième bourse d’aide à la production, prépare son premier long métrage qu’il tournera à la fin de l’année avec Tahar Rahim et pour lequel il a reçu l’avance sur recette.
Ce sont quelques exemples parmi beaucoup d’autres et dans de nombreux pays comme l’Inde, l’Indonésie, la Hongrie, l’Iran, la Tunisie, le Brésil… nos réalisateurs viennent du monde entier.

MFF 2019 #ActNow on climate change - Trailer 1 © Mobile Film Festival

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