Désertion : en pleine crise de Covid-19, Ali Bongo quitte clandestinement son pays !

Le Gabon est confronté, depuis près de deux semaines, à une augmentation significative du nombre de personnes atteintes par le coronavirus. A la date du 29 avril, le pays déplorait 3 décès pour 276 personnes contaminées officiellement. C’est, paradoxalement, le moment qu’a choisi Ali Bongo pour s’éclipser en catimini.

Ali Bongo dans son manoir londonien en compagnie de Noureddin : le sourire carnassier du "fils" qui a déjà enterré son père Ali Bongo dans son manoir londonien en compagnie de Noureddin : le sourire carnassier du "fils" qui a déjà enterré son père

Un peu comme un capitaine qui abandonne son navire en plein naufrage. Laissant ainsi à la merci des flots, ses passagers et les autres membres d’équipage.

Après avoir annoncé une série de mesures démagogiques, cosmétiques, superficielles et, finalement inapplicables, Ali Bongo, le « président Androïd » (il ne dirige plus le Gabon qu’à travers les réseaux sociaux) a quitté son pays sur la pointe des pieds dimanche dernier. Le 26 avril, en effet, le Boeing 757-200, immatriculé 9H-AVM, a décollé de Libreville à 8h05 avec, à son bord, le chef de l’Etat gabonais. Cette fois, contrairement à ses habitudes, l’avion d’Ali Bongo ne s’est pas posé à l’aéroport londonien de Stansted, mais plutôt à Basingstoke, une petite bourgade provinciale située dans le centre-sud de l’Angleterre. C’est donc là, dans ce petit coin perdu de la province du Hampshire, que le général déserteur Ali Bongo est allé se planquer. Très loin du théâtre d’opérations gabonais où le Covid-19 fait de plus en plus rage. Où la distribution désastreuse des kits alimentaires tourne quasiment à l’émeute populaire au risque de virer, à terme, au bain de sang. Où, également, certaines structures sanitaires de pointe affichent de sérieuses défaillances. C’est le cas, notamment, à Libreville : rien que dans la journée du 30 avril, deux formations hospitalières de référence ont été partiellement ou totalement mises à l’arrêt. Au pire moment, en plus, le CHU d’Angondjé, dédié au suivi des patients Covid-19, étant complètement débordé.

Mais le directeur de l’hôpital pédiatrique « Mère-Enfant » (ex-Jeanne Ebori), qui a dû ordonner la fermeture de cet établissement  pour une opération de désinfection, n’avait pas le choix. Le personnel soignant ne se sentait plus en sécurité dans un lieu qui s’était, au fil du temps, transformé en véritable cluster. D’ailleurs, selon nos informations, c’est dans ce gigantesque foyer de contagion devenu, qu’une jeune maman âgée de 20 ans a été infectée par le coronavirus. Son décès, annoncé de manière évasive et laconique par le Copil, a mis les autorités gabonaises dans l’embarras. Rien, semble-t-il, n’ayant été entrepris pour retrouver les personnes qui ont pu être en contact avec la défunte...

Ce communiqué du Copil est révélateur de l'échec du régime Bongo-Valentin dans la lutte contre le Covid-19 Ce communiqué du Copil est révélateur de l'échec du régime Bongo-Valentin dans la lutte contre le Covid-19

Et puis il y a eu, toujours le 30 avril, le casse-tête du plus grand hôpital du pays, le Centre hospitalier et universitaire de Libreville. L’afflux de plus en plus important de patients présentant des symptômes de contamination au Covid-19 a amené le personnel soignant à alerter la direction de l’hôpital. Après analyse de la situation, il a été décidé de la fermeture sans délai, ni mesures de réorganisation, des services d’Infectiologie et de Cardiologie. De plus, au niveau des médecins, un mouvement d’humeur n’est pas à exclure : les praticiens, à qui l’on demande, de manière arbitraire et discriminatoire, d’effectuer des gardes de 24 heures – une aberration ! – se plaignent de ne pas disposer du minimum pour se protéger  eux-mêmes et pour préserver les patients.

A cela, il faut ajouter ce que certains, dans l’opinion, appellent « la faim du Covid », en référence à cette crise alimentaire qui sévit dans les foyers gabonais. Celle-ci a du reste poussé le gouvernement, en l’absence du chef de l’Etat, à décider, en dépit du bon sens, d’une levée partielle des mesures de déconfinement. Très rapidement rattrapés par leur propre incurie, renforcée par une bien curieuse gestion politicienne de la crise, les pouvoirs publics ont été amenés à choisir entre deux inconvénients : soit laisser les gens mourir de faim, confinés dans leurs maisons, soit lâcher du lest pour permettre à l’activité économique de redémarrer, au risque de relancer les contaminations.

Pendant ce temps, pas de nouvelles d’Ali Bongo. Ni bonne, ni mauvaise. Enfin, presque… Puisque selon une source proche du palais royal marocain, « le président gabonais aurait été transporté d’urgence à la Clinique Candover, un établissement privé affilié à l’hôpital de North Hampshire ». Sans plus de précision. Mais une interrogation tout de même : il y aurait-il un lien entre ce mystérieux séjour en Angleterre et le fait que, moins de 72 h avant de quitter clandestinement le Gabon, Ali Bongo ait annulé à la dernière minute et sans explication, une intervention pourtant annoncée par Télé-Gabon ?

Les seuls à pouvoir  répondre avec précision à cette question capitale, à savoir  Sylvia Valentin Bongo (la régente) et Noureddin Valentin (l’héritier pressant), sont, eux-aussi, portés disparus. Quelle histoire !

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