Crise financière à la SGS : quand Mounguengui fait chanter Andjoua

Pas un jour ne passe sans que les dirigeants de la Société gabonaise de Service ne sortent un nouveau lapin de leur boîte à malices. Cette fois, c’est l’impayable Benjamin Mounguengui, DG par défaut, qui fait chanter son ancien DJ de patron Jérôme Andjoua. Cocasse !

Pendant ce temps, les employés dont les salaires sont devenus une véritable Arlésienne ne savent plus à quel saint se vouer. A moins que – oh miracle ! – le salut ne vienne d’une…« sainte ». En l’occurrence Pascaline Bongo, celle-là même par qui les malheurs de la SGS sont arrivés. Car, comme nous le disions dans une précédente publication, c’est elle qui a installé son cousin et homme de main Jérôme Andjoua à la tête de la SGS. Objectif principal, cannibaliser l’entreprise afin de permettre aux partenaires israéliens de « Mme Pascaline » de l’acquérir à un prix dolosif. La contrepartie ? Une bonne poignée de dollars transférée discrètement par les Israéliens sur une banque libanaise pour le compte de la fille d’Omar Bongo. Mais l’affaire a rapidement tourné au fiasco, Jérôme Andjoua, du fait de son incompétence, ayant eu la mauvaise idée de confier la direction de la société à Benjamin Mounguengui, un personnage très peu recommandable. Et comme il fallait s’y attendre, ce dernier va se livrer à de telles indélicatesses que la SGS va, en l’espace de quelques mois, se retrouver en situation de cessation de paiement. Les factures des différents fournisseurs, les cotisations sociales à la CNSS, les charges fiscales… plus rien ne sera réglé. Pire : les travailleurs vont accumuler plusieurs mois d’arriérés de salaire. Du jamais vu !

Pascaline Bongo au pied du mur Pascaline Bongo au pied du mur

Le 26 août dernier, à la suite de nos révélations sur le train de vie princier de Benjamin Mounguengui, son « patron » Jérôme Andjoua a convoqué une réunion d’urgence pour le lendemain à 15 h. Il faut indiquer que dans le même temps, la grogne était en train de monter chez les salariés. Principal sujet à l’ordre du jour de la fameuse réunion, l’origine des fonds ayant permis au flamboyant « Benji » Mounguengui de monter des immeubles valant plus d’un milliard de francs CFA, une somme astronomique au regard de sa capacité d’endettement, proportionnellement à ses revenus.

Contre toute attente, la réunion a été renvoyée sine die. Selon nos informations, Benjamin Mounguengui aurait menacé Jérôme Andjoua de dénoncer les conflits d’intérêts dans lesquels celui-ci est impliqué. En effet, Andjoua a monté une société quasi informelle ayant pour objet la location, par la SGS, de véhicules (dont des Toyota Prado) destinés à effectuer des missions à l’intérieur du pays. Informé de la situation, le gestionnaire de la SGS Franck Sima Mba serait discrètement intervenu pour faire annuler la réunion et, par voie de conséquence, le grand déballage qui allait en découler. Quoi de plus normal ? Dans sa position, Franck Sima Mba connait les montants relativement élevés des factures de location qui sont généreusement payées directement à Jérôme Andjoua par Benjamin Mounguengui, alors que dans le même temps, les comptes de la SGS sont l’objet de nombreuses saisies attributions, notamment celles récemment opérées par Gesparc pour défaut de paiement. Et puis, les révélations de Mounguengui pouvaient éclabousser toute la petite camarilla qui pille allègrement la SGS au point de la précipiter vers une inéluctable liquidation.

Pour sauver la face, Jérôme Andjoua va alors faire semblant de croire les fariboles de Mounguengui qui a prétendu que les immeubles en construction étaient la propriété de son cousin, un certain Cédric Ndoumba. Tout cela, évidemment, ne peut résister à la moindre analyse, et est du reste fortement battu en brèche par le fait que deux employés de la SGS – Wilfried De Souza Mboutsou et Tatiana Mbeang Ntoutoume – ont été réquisitionnés par le tout puissant Mounguengui pour assurer l’achat des matériaux de construction.

Si, comme il se raconte, Pascaline Bongo décidait enfin de monter au créneau afin de tirer au clair cette ténébreuse affaire, on découvrira sans aucun doute que Cédric Ndoumba n’est qu’un prête-nom. Et peut-être également une des nombreuses petites mains dont se sert Benjamin Mounguengui pour alimenter ses différents trafics. Mais l’intervention annoncée de Pascaline Bongo sera aussi et surtout l’occasion pour elle de mesurer l’ampleur de la catastrophe financière provoquée par le trio Andjoua/Mounguengui/Sima Mba… Attention les yeux !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.