Gabon : Ces bobards et calomnies qui empoisonnent les réseaux sociaux

Certes, la révolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) a permis à nos sociétés de réaliser un prodigieux bond en avant. Les sciences et techniques, notamment, ont connu des progrès fulgurants. Pour autant, on ne saurait passer sous silence les dangereuses dérives et les effets pervers d’Internet qui, chaque jour, font de plus en plus de victimes.

M. Jean Ping M. Jean Ping

Alors que de nombreux Etats s’appliquent, depuis quelques années, à essayer de mettre en place des mécanismes visant à apprivoiser et exploiter les vertus et avantages des réseaux sociaux, on constate pour le déplorer, le désarroi des pouvoirs publics gabonais face aux  pernicieux phénomènes de la désinformation et de la calomnie.  Ainsi, livrés à eux-mêmes face à des « snipers » d’un type particulier, les citoyens, dans leur grande majorité, se résignent au silence et à l’inaction. Ce fut le cas, par exemple, des députés Romuald Lekogo, alias Ali Onanga et Jean-Pierre Oyiba à qui certains groupes d’intérêts proches de la présidence de la République avaient prêté l’intention de donner une conférence de presse, le 18 juin, à Libreville. Ces deux élus, présentés comme faisant partie des contempteurs de M. Brice Fargeon, alias Laccruche Alihanga (le directeur de cabinet du président Ali Bongo), étaient censés profiter de cette tribune pour prendre officiellement leurs distances avec les nouveaux dirigeants du Gabon que sont devenus Mme Sylvia Bongo et M. Brice Fargeon. En réalité, c’était une manœuvre grossière dont le but était de pousser MM. Lekogo et Oyiba à sortir du bois.

 

Attaque délirante contre Jean Ping

Véritables architectes de la rumeur, de la manipulation et des Fake news (fausses informations), certains internautes téléguidés ou malintentionnés ont investi les vecteurs d’information faciles d’accès et d’utilisation que sont  WhatsApp, Facebook, Twitter  et YouTube. S’affranchissant de toutes règles morale et déontologique, ils profitent de l’anonymat qu’offre Internet pour laisser libre cours à leurs instincts les plus vils.  Mensonges éhontés, accusations gratuites, calomnies, fausses nouvelles, intox, règlements de comptes, mettant en cause la probité et l’honneur des personnes visées, rien ne semble pouvoir les arrêter. A l’image d’un « activiste » du nom de Parfait Eyi qui, sans doute pour « faire le buzz », s’est lancé, le 11 juin dernier, dans une délirante attaque en règle contre M. Jean Ping. Dans des propos que la décence nous interdit de rapporter ici, il s’en est pris à la maman de celui que les Gabonais – et même la communauté internationale – considèrent comme le vrai vainqueur de l’élection présidentielle du 27 août 2016.  M. Ping, évidemment, lui a répondu par le silence et le mépris.

Mme Yolande Nyonda Mme Yolande Nyonda

C’est le même type de réaction qu’a eu Mme Yolande Nyonda lorsqu’elle fut accusée, à tort, d’avoir détourné l’argent publics issu des redevances collectées par l’exploitation des ponts-bascules. A l’époque, elle était Secrétaire générale du ministère de l’Equipement. Bien lui en a pris, puisque contrairement à ce qu’espéraient certainement les auteurs de cette conspiration, sa carrière n’en a pas souffert : l’intéressée ayant été invitée à intégrer le gouvernement pendant la même période.

 

Sophie Ndinga victime de son propre frère        

Une autre dame, magistrate, celle-là, a subi, au cours de ce même mois de juin, des attaques mesquines et injustifiées de la part de son propre petit-frère, magistrat, lui aussi. Dans une série de posts imprudemment relayés par un internaute bien connu de la blogosphère gabonaise, Thibaut Adjatys,  Mme Sophie Ndinga était accusée, entre autre, de vente illégale de terrains. Des affirmations sans démonstration ni base sérieuse qui ont vite été battues en brèche par le bloggeur Fabrice Gaetan Anvane Eyo. Après vérification, il s’est insurgé: « Thibaut Adjatys, tu fus un résistant, un ami et un frère aujourd'hui tu n'es plus qu'une boîte aux lettres qu'on utilise pour insulter ou dénigrer sans raison. Ton compte Facebook qui s'apparente  à une caisse de résonnance pour frustrés et aigris s'illustre  dans la publication de mensonges et d'insanités sur des personnes que tu ne connais ni d'Adam ni d'Eve. En échange de quoi ? Je te laisse répondre à cette question. (…) Dans l'une de tes dernières publications téléguidées tu as, sans le savoir, touché à la mauvaise personne. Pour ta gouverne et pour celle de ceux qui te lisent, sache que Mme Ndinga Sophie que tu dénigres allègrement est la victime d'une cabale orchestrée par son jeune frère. Ce frère qu'elle a élevé, hébergé et nourri lui en veut pour une sordide histoire de cœur ou plutôt d'alcôve ».

Ce dernier, en effet, reproche à sa sœur d’avoir contrarié son projet : celui d’entretenir une relation extraconjugale avec une jeune dame à qui Mme Ndinga accorde l’hospitalité depuis plusieurs années.

Mme Sophie Ndinga Mme Sophie Ndinga

Les exemples de règlements de comptes de ce type sont légion. Malheureusement. D’autant qu’ils nuisent à la réputation, à l’honneur, voire la sécurité des victimes qui se sentent abandonnées par les pouvoirs publics. Lesquels gagneraient à se rappeler que si l’usage perverti d’Internet est un phénomène mondial, ses effets et conséquences se font plus dévastateurs dans des pays comme le Gabon, déjà confronté, par ailleurs, à d’autres urgences.  

 

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