Brice Fargeon et « ses » Gabonais de la honte entrent en campagne !

A voir les images de la tournée de Brice Fargeon dans certaines provinces du Gabon dont la Nyanga et le Woleu-Ntem notamment, les observateurs étrangers peuvent avoir l’illusion que la vie politique gabonaise se déroule paisiblement malgré l’absence prolongée – et certainement définitive – d’Ali Bongo de la présidence du pays.

Brice Fargeon et "ses" Gabonais Brice Fargeon et "ses" Gabonais

Sans équivalent au monde, celui qui est toujours officiellement le président de la République est purement et simplement remplacé par son directeur de cabinet ! Ce dernier, non seulement signe des actes au nom du Président, mais également entreprend, pour son propre compte, de faire le tour du pays à la rencontre des populations. Disposant des moyens financiers, de la logistique et des ressources humaines de l’Etat, Brice Fargeon alias Laccruche Alihanga s’est lancé, depuis quelques mois, dans une précampagne qui ne dit pas son nom. Objectif pour lui : mobiliser ses troupe – ou du moins son troupeau – en vue de la future élection présidentielle (anticipée, sans doute) à laquelle il entend se présenter.

Et les Gabonais, dans tout ça ? Une fois de plus, ils s’enfoncent dans le déshonneur le plus absolu et, comme projeté hors de la planète Terre, ils assistent, impuissants, aux facéties de ce jeune escroc français, du nom de Brice Fargeon. Bombardé directeur de cabinet du chef de l’Etat, à la faveur de sa « très grande proximité » avec sa compatriote Sylvia Bongo, il s’autorise, depuis près d’un an, à remplacer le président de la République. Au vu et au su de tout le monde ! Les dernières nominations dans les fonctions civiles et militaires portent sa signature – quoi que non officielle. Mais alors, peut-on se demander, quel est le rôle du Premier ministre ? Que fait le gouvernement ? A quoi servent les présidents du Sénat, de l’Assemblée nationale, de la Cour constitutionnelle et de toutes les autres institutions budgétivores dont le pays dispose ?

 

Ce repris de justice n’a rien de gabonais 

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L’autre point, tout aussi ubuesque, est la mobilisation que l’on observe autour du fameux Brice Fargeon. Les images des courbettes et autres salamalecs qui lui sont adressés par une faune de courtisans sans honneur, donnent des haut-le-cœur ! On a beau réfléchir, il est difficile de comprendre comment des compatriotes, des êtres humains dotés de conscience, de capacité de réflexion, peuvent s’abaisser à ce point et faire allégeance à un individu qui, en 2013, avait été licencié de la banque BGFI, placé en garde à vue et condamné pour escroquerie et malversations diverses. Pire encore, ils savent tous que  ce repris de justice n’a rien de gabonais (*). Sur ce point, on peut même dire que le Nigérian Ali Bongo est plus gabonais que Fargeon ! Quelles peuvent donc être les motivations de ces « Gabonais pure souche » qui vendent leur pays et leur âme à un tel individu ? Comment en arrive-t-on à ce à quoi l’on assiste depuis que Fargeon est le directeur de cabinet d’Ali Bongo, et plus particulièrement depuis l’AVC fatal de ce dernier ? On pensait que le Gabon avait touché le fond  avec le Béninois Maixent Accrombessi mais c’était sans compter avec la capacité de certains Gabonais à  repousser sans cesse les limites du ridicule.

Pour autant, on a du mal, beaucoup de mal à comprendre que ces pères et mères de familles, tous des individus dotés de bon sens et d’intelligence a priori, donnent autant de pouvoir à un obscur personnage sorti de nulle part. On a l’impression qu’il ne manque que le tipoye, le fouet et le casque colonial à Fargeon pour compléter le tableau. Mais qu’est-ce qu’il se passe donc au Gabon ?

 

Les peuples, dit un vieil adage, ont les dirigeants qu’ils méritent. Aussi, les esclaves gabonais de Brice Fargeon alias Laccruche Alihanga méritent sans doute d’avoir le petit délinquant marseillais comme « patron ». Quant au reste des Gabonais, ils ont le devoir, pour eux et pour leurs enfants, de tout faire pour sortir leur pays de cette malédiction dénommée  « Bongo-PDG-Ajev ».

 

(*) Brice Fargeon alias Laccruche Alihanga n’est pas gabonais « comme on l’entend » !

 

Les professionnels de l’amalgame et de la diversion vont sans doute essayer d’en faire leur miel en criant à la xénophobie, au racisme, etc. Ils sont bien payés pour ça, grand bien leur fasse ! Mais les faits sont là : Brice Laurent Jean-Joseph Fargeon était déjà né, lorsqu'en octobre 1984, sa mère Elisabeth épousa en secondes noces le franco-gabonais Louis-André Laccruche Alihanga, dont elle était l'assistante à la Société nationale des bois du Gabon (Snbg). L’enfant était alors âgé de 4 ans. En 1998, Brice a 18 ans quand il passe son baccalauréat à Marseille. A cette époque-là, le jeune homme porte encore son patronyme de naissance : Fargeon.

Au vu de la situation actuelle, deux questions au moins viennent à l’esprit. A quel moment Brice Fargeon a-t-il pris le nom de son beau-père Laccruche Alihanga dont il use et abuse depuis maintenant quelques années ?  Et qu’en est-il de sa prétendue nationalité gabonaise ? Croyant prendre les devants sur ces questions essentielles, ce bonimenteur raconte, avec l’incroyable aplomb qui le caractérise, qu’il est « le fils d’un métis obamba ». Son père Norbert Fargeon serait-il subitement devenu métis ? Car, si tel n’est pas le cas, on ne voit pas alors comment Brice Fargeon peut espérer berner son monde en se prévalant d’une autre filiation. En tout état de cause, la retranscription de la copie intégrale de son acte de naissance, obtenue le 9 mai dernier par des activistes gabonais basés à Marseille, est sans équivoque :

« Le premier juillet mil neuf cent quatre vingt à onze heures dix est né : 77 rue du Docteur Escat 6è – BRICE LAURENT JEAN-JOSEPH – du sexe masculin, fils de Norbert André Marie FARGEON, informaticien, né à Montpellier (Hérault) le six novembre mil neuf cent cinquante quatre et de Elisabeth Solange Etiennette DUPONT, comptable, née à Ste Geneviève des Bois (Essonne) le cinq mai mil neuf cent cinquante trois, son épouse, Domiciliés 22 rue Marignan VIIè, Dressé le quatre juillet mil neuf cent quatre vingt à onze heures trente sur la déclaration de Marelly FARGEON, sans profession, cinquante sept ans, 22 rue Marignan VIIè, grand-mère de l’enfant qui, lecture faite et invitée à lire l’acte a signé avec Nous, Paulette HOSS, officier de l’Etat civil par délégation. »

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Dès lors, il va falloir que Brice Fargeon qui séjourne en France depuis le 9 septembre, explique à ses interlocuteurs, mais également à « ses » Gabonais de la honte, comment il a obtenu la nationalité gabonaise. Car, être le favori de Sylvia Bongo ne suffit pas. Au  Gabon, comme en France, du reste, la loi offre trois possibilités pour acquérir la nationalité : l'adoption, le mariage ou la naturalisation. A ceux qui présentent Brice Fargeon comme « fils adoptif » de Louis-André Laccruche Alihanga, il convient de rappeler qu’en dehors des Pupilles de la nation et « des enfants déclarés abandonnés par décision de justice suite à un désintérêt de leurs parents depuis plus d’un an », les seuls enfants adoptables sont ceux dont le père et la mère ou le conseil de famille ont consenti à l’adoption. Dans cette hypothèse, peut-on sérieusement croire que le père Fargeon qui a vu sa femme le quitter pour un autre homme, ait pu « consentir à l’adoption » de son fils Brice par cet homme ?

En tout cas, l’homme en question a visiblement pris ses distances avec cet encombrant rejeton. Normal, Louis-André Laccruche Alihanga – connu pour sa rectitude morale – ne tient certainement pas à être associé, à terme, à une affaire de faux en écriture publique en rapport avec l’état-civil gabonais douteux du fils de son épouse… Et il a bien raison, car mieux que quiconque, il sait que son beau-fils Brice Fargeon n’est pas gabonais « comme on l’entend ». Qu’en outre, ce dernier, en dépit de son titre officiel de directeur de cabinet de l’imposteur Ali Bongo, n’est rien d’autre qu’un dangereux imposteur vénal et tourmenté qui rêve de succéder à son chef à la tête du pays.

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Un Marseillais, futur président du Gabon ? Pourquoi pas un Martien pendant qu’on y est !

 

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