Guerre de succession : Sylvia Valentin Bongo entre en campagne !

« Si la fille d’Edouard Valentin croit qu’elle va réussir à nous imposer Brice Fargeon, son sex toy préféré du moment, elle se trompe lourdement. Le Gabon n’est pas un terrain de jeux pour délinquants aux mœurs douteuses. Ils nous trouveront sur leur chemin ! ».

Raccourci caricatural ou procès d’intention malveillant, en tout cas cette charge violente est « parfaitement assumée » par son auteur, un ingénieur statisticien de 34 ans. Notre interlocuteur, Loïc Rembendambya Nkero, au chômage depuis 2017, assure exprimer « tout haut le ras-le-bol et le ressentiment que de nombreux Gabonais éprouvent vis-à-vis de cette pègre qui a transformé le Gabon en une sorte de paradis de la luxure et du vice ».

Il dit avoir regardé, le 17 avril dernier « à la télé des Bongo, le spectacle dégoûtant de cette dame » qui, selon lui, « était arrivée de Londres la veille, pour lancer la précampagne présidentielle de son petit ami, en instrumentalisant la Journée nationale de la Femme ». C’est vrai que le faste de la commémoration cette année, en pleine période de crise, avait un côté à la fois surjoué et indécent. Car, on le sait, Sylvia Bongo a dû, pour la circonstance, abandonner son époux dans un hôpital londonien. Un époux dont on se demande, à la suite du média en ligne Afrik.com, s’il est encore en vie.

 

La campagne du "remplaçant intégral" d'Ali Bongo est lancée dans le Woleu-Ntem ! La campagne du "remplaçant intégral" d'Ali Bongo est lancée dans le Woleu-Ntem !

Ali Bongo « séquestré » à Londres par Sylvia

Dans tous les cas, dès l’instant où elle est parvenue à faire évacuer Ali Bongo en Angleterre où elle réside toute l’année, Sylvia Valentin Bongo a pris par la même occasion le contrôle total et exclusif des informations concernant l’état de santé du président gabonais. Elle pourra désormais gérer à sa guise la suite des événements, dans la mesure où pour ses concurrents de l’intérieur représentés par la bande à Marie-Madeleine Mborantsuo, le clan Dabany-Assélé, ou encore le PDG, il ne sera pas aisé d’obtenir les visas d’entrée en Grande-Bretagne.

Après donc avoir réussi à « séquestrer » Ali Bongo en le coupant totalement de sa famille et de ses collaborateurs, « la fille d’Edouard Valentin » pouvait passer à la phase 2 de son plan : occuper le terrain en vue de la prochaine élection présidentielle qui devrait, théoriquement, se tenir en 2023. A moins que l’« indisponibilité temporaire » du chef de l’Etat ne devienne – officiellement – définitive. Et là encore, c’est Sylvia Valentin Bongo qui donnera le tempo. Diabolique !

 

Fargeon, tel Tintin au Congo

En tout état de cause, le voyage-éclair qu’elle a récemment effectué à Libreville ne représentait qu’un avant-goût de ce qu’elle entend mener comme actions pour offrir le fauteuil présidentiel à son petit favori Brice Fargeon « Laccruche Alihanga ». A rebours de l’opinion communément admise, l’épouse d’Ali Bongo ne travaille pas pour son fils Noureddine. Elle se sert de ce dernier pour ne pas éveiller les soupçons sur ses vraies intentions, mais également pour tenir ce grand naïf en laisse. Quant au PDG, le parti présidé par son mari, Sylvia Bongo œuvre, depuis plusieurs mois, à son anéantissement au profit de l’Ajev, l’association multicarte de Brice Fargeon. 

L’intéressé lui-même n’est pas resté inactif pendant le court épisode de précampagne qui s’est déroulé la semaine dernière : alors que sa partenaire labourait le terrain à Libreville, le « remplaçant intégral » d’Ali Bongo, lui, était en tournée dans le Haut-Ogooué. Tel « Tintin au Congo », il a entrepris de déniaiser les populations Téké en leur expliquant qu’il n’était pas un vrai Blanc, mais plutôt le « fils d’un métis Obamba avec une Blanche ». Sauf que Brice le nouveau roi nègre est né des œuvres de Norbert Fargeon (un vrai Blanc qui vit à Marseille) et ce, bien des années avant que le métis Obamba Louis-André Laccruche Alihanga ne croise le chemin de sa mère Elisabeth Dupont, épouse Fargeon, une Parisienne née le 5 mai 1955 à Geneviève des Bois, dans l’Essonne. C’était vraiment comique de voir un petit Blanc en surcharge pondérale, le teint rougeaud, en train d’imiter à la caricature l’accent africain dans le but de passer pour un Noir… C’est à croire que les Bongo ont le don de rendre fous tous ceux qui les côtoient de trop près.

Bain de foule de Sylvia Bongo le 17 avril : image prise sur le compte Facebook d'un activiste gabonais Bain de foule de Sylvia Bongo le 17 avril : image prise sur le compte Facebook d'un activiste gabonais

« La France du XXIe siècle, avait prophétisé François Mitterrand, sera africaine ». Grâce à des individus comme Sylvia Valentin et Brice Fargeon, les prédictions de l’ancien président français ne devraient pas tarder à se concrétiser. Mais à l’envers, car à la faveur de la prochaine élection présidentielle, le couple infernal entend faire du Gabon un nouveau département français. Cela peut sembler invraisemblable, mais pour la petite histoire, il faut se souvenir qu’il y a cinq ans, Sylvia avait déjà imposé comme premier maire de la commune d’Akanda, au Nord de Libreville, son ex-compagnon, le Français Claude Sézalory. Avec le recul, certains Gabonais réalisent que ce n’était là qu’un test grandeur nature en vue de préparer les esprits à accepter l’inacceptable. Comme dit le scénariste Souleymane Boel : « Les crapules prospèrent sur l’apathie des peuples à tolérer l’inacceptable ».

 

 

 

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