Total Gabon : Fabrice Brouard, ce nostalgique du « temps des colonies »

La suffisance, l'arrogance, le mépris qu'il affiche à l’égard des « indigènes » rappelle douloureusement cette époque pas si lointaine où le Blanc se croyait tout permis en Afrique. Il, c’est Fabrice Brouard. Au quotidien, ce Français nostalgique du « temps béni des colonies » exerce la fonction de DRH à Total Gabon où personne, parmi les Gabonais qui y travaillent, ne trouve grâce à ses yeux.

Et il ne se gêne pas pour le faire savoir. Seulement, à trop accumuler frustrations et humiliations, les employés gabonais de Total, « ce nid de petits blancs racistes », pourraient amenés à se soulever. Et peut-être même brutalement, parce que « trop, c'est trop! », disent certains.

Certes, au fil des années, la mentalité étriquée et colonialiste des travailleurs immigrés français opérant dans le secteur pétrolier en Afrique a connu quelque légère évolution – sur la forme, du moins. Pour autant, l’on ne saurait passer sous silence la persistance de certaines poches de résistance, à l’instar, notamment, de celle qui perdure au sein de la société Total Gabon grâce à des personnages comme Fabrice Brouard. Du haut de son titre de directeur des Ressources humaines (DRH), ce dernier se croit au-dessus des Gabonais et des lois de leur pays. Alors qu’il a été affecté à ce poste pour une période bien déterminée de deux ans, l'immigré français joue des coudes pour prolonger son très lucratif  séjour en terre gabonaise. Parallèlement, il manœuvre avec acharnement afin d’écarter toute possibilité à un Gabonais d’occuper cette fonction qui, pourtant, ne requiert aucune expertise ni qualification particulières. En tout cas pas au point de devoir faire appel à un travailleur étranger...

Fabrice Brouard : cet homme n'a pas sa place en Afrique ! Fabrice Brouard : cet homme n'a pas sa place en Afrique !
 

Il convient d’ailleurs de rappeler que, selon les dispositions du droit du Travail gabonais, le poste de DRH, dans les entreprises installées au Gabon revient d’office à un employé local. C’est-à-dire à un citoyen gabonais. En l'occurrence, les orientations formulées par la direction du groupe Total vont dans le même sens. C’est ce qui, du reste, a conduit la multinationale à initier, il y a quelques années déjà, une politique de promotion des nationaux, partout où elle opère. Mais le Gabon étant demeurée, dans l’esprit de certains, une colonie française, des individus comme Brouard peuvent s'y installer, imposer leur loi et narguer ouvertement ressortissants du pays. Il nous a récemment été rapporté par diverses sources qu’à plusieurs reprises, il a tenu des propos orduriers, racistes et méprisants à l'encontre de ses collaborateurs, les accusant par exemple, sans preuve aucune, d’avoir pillé la société, d’être des voleurs et des incompétents. Il a quelques fois été mollement rappelé à l’ordre par le Directeur général de Total Gabon, mais sans succès.

 

Un nid de racistes en plein cœur de Libreville Un nid de racistes en plein cœur de Libreville

Tout de même, il est totalement inadmissible de tels comportements subsistent au sein d'un groupe qui exploite le pétrole au Gabon depuis plus de 90 ans et qui, dans sa communication officielle, ne manque pas d'indiquer qu'il oeuvre à la promotion de ses salariés gabonais. Le décalage entre le discours et la réalité amène à se demander si Fabrice Brouard et ses semblables ne bénéficient pas d’une protection à la Tour Total de la Défense à Paris.

En tout cas, dans le contexte frileux où Total Gabon a annoncé la cession d’une part importante de ses actifs et qu’un plan de départ est en préparation, il ne serait pas étonnant que les employés gabonais décident très prochainement de donner de la voix. Après tout, c’est peut-être la stratégie choisie par le groupe Total pour quitter définitivement le Gabon par la petite porte…

 

 

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