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Le Club de Mediapart mer. 25 mai 2016 25/5/2016 Dernière édition

Allee der Kosmonauten … lieu très passager.

sasha-waltz-3.jpgUn samedi soir, le Théâtre de la Ville, Place du Chatelet à Paris. Comme chaque soir, cet ancien lieu de « dissidanse », a fait le plein de spectateurs, pour la plupart des abonnés.Arrivée en trombe, en vélo, un peu à la dernière minute, sans billet. Nostalgie…de cette excitation outrepassée, glaner un billet sur les marches, est sans doute une façon de rester en marge et peut-être aussi …sur le trottoir, mais une fois encore la chance me sourit.

Il règne une ambiance joyeuse et enthousiaste, est-ce moi qui l’imagine ? Les gens ont l’air heureux.

 

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<!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]-->Au programme, Allée des cosmonautes, reprise d'une ancienne création de l’icône Berlinoise, la chorégraphe Sasha Waltz. <!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]-->

 

Cette pièce pour six danseurs, fut créée en 1996, dans la continuité du cycle de Travelogue (1993-1995), qui imposa la chorégraphe héritière de Pina Bausch, comme la nouvelle figure de la « post-danse-théâtre »,ce cycle plein d'humour grinçant qui fit connaître l'artiste, parle sa vision sur l'Allemagne des années 90, après la chute du mur de Berlin.

 

 

 

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photo (M. Zölle)

 

 

 

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Pour cette création, Sasha Waltz, est allée chercher la matière de son propos à la source, accompagnée du vidéaste américain Elliot Caplan, elle s'est introduite au cœur d'une cité populaire berlinoise, et a interviewé une dizaine de familles, vivant dans le même immeuble…

 

 

L'année suivante, la version filmée de la pièce, remporte le Prix Adolf-Grimme.

 

 

L’allée des cosmonautes, est dansée,chorégraphiée par et avec les danseurs de la Sasha Waltz & Guests cette compagnie cosmopolite fondée en 1993 par Sasha Waltz et Jochen Sandig à Berlin, au cœurde la jeune Allemagne réunifiée.

 

 

 

Sur le plateau.. ..dans la pénombre,un danseur affublé d’un survétement usagé et juché sur un improbable « perchoir » maugrée, soliloque, le corps traversé par une multitudes de tics, gesticulations et gestes répétitifs.. une entrée matière, qui donne le ton, mélange de burlesque, d’évocation de fragilité dérisoire, d’ennui et de vulnérabilité, d’insignifiance du quotidien, de solitude.

Instant concis, où ce corps virtuose nous livre son message.

 

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photo (Sébastien Bolesch)

 

 

 

La lumière se fait sur le décor d’un salon d’un appartement très banal, où sur un canapé

 

avachi , le père et la mère, dans une scène comique, se disputent un journal, le frère et la sœur se querellent. Les chamailleries se succèdent.L'un tente d'interpréter un air d'accordéon, l'autre impose le son saturé de sa "sound music".

 

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photo (Mathias Zölle)

 

 

Très peu d’éléments dans ce décor, évoque misérabilisme et précarité, quelques objets du quotidien matériel et ordinaire, Comme cet aspirateur prétexte à une danse hystérique endiablée ou la ménagère semble possédée par l’objet devenu incontrôlable.. une ambiance de terrain vague...Avec dans un coin, un tas de vieilles planches.. matériau malléable et propice à la création d’une multitude de tableaux de la vie courante, prétexte encore a des gags très classiques, et comiques, qui mettent à rude épreuve la souplesse et la rapidité des danseurs.Mélange subtil du loufoque du tragique et du dérisoire..

à travers les activités domestiques, les pauvres distractions d’une famille nombreuse, Sasha waltz nous livre l’intimité de ses personnages, entres étreintes violentes ou furtives, rêves et petites mesquineries, dans un mélange savant d’évocations cruelles ou mélancoliques, elle nous parle de la vie.

 

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photo (Sébastien Bolesch)

 

 

 

 

 

 

 

Dans un univers à la Deschamps, entre Tati et Buster Keaton,les danseurs vétus de costumes vintages exécutent les différentes scénettes de cette comédie populaire faussement loufoque. Ils déploient une forte implication physique, dans des duos ou des trios, des corps à corps, qui se succèdent. Une gestuelle très organique, pas de prouesses athlétiques, danse insicive, les corps traversés de toutes ces tracasseries, ses joies, ces instants de vie pathétiques qui s'en font l'écho. Un langage direct et vivant du corps .

 

 

 

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« Je recherche la façon de rendre les gens plus sensibles aux choses et à leur propre perception de ces choses. J'aimerais que ma place soit à l'exacte opposé de ce monde et de sa culture du "fun". Mais sans m'adresser seulement à l'intellect, je voudrais interroger les choses par le biais du sensible et du sensoriel.

Nous dit Sasha Waltz....

 

 

Sasha Waltz,cette artiste, fille d’architecte, voulait être plasticienne, j'aime le regard acéré qu’elle porte sur le monde, son langage, la façon dont elle restitue ces différentes réalités.

Que ce soit comme ici, une réalité très triviale du quotidien, la vulnérabilité de l’individu, ou elle mêle gestuelle et théâtralité. ou comme dans cette trilogie autour du corps, composéedu mythique Korpër , métaphore vivante des turbulences du monde.

 

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photo (Bernd Uhlig)

 

suivi de S, propos autour de la sexualité et de l'érotisme.

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NoBody enfin, présenté dans la cour du Palais des Papes à Avignon en 2002 où plane sur le plateau une gigantesque structure gonflable blanche et qui interroge le corps dans son rapport avec la mort.

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Photo (David Baltzer)

 

 

Aucun sujet n’est épargné, il faut tout dire.

 

Quelles sont vos racines réelles ou imaginaires?

 

Mes racines culturelles sont en Europe. Je me sens inspirée par les arts plastiques.

 

Quelle est votre obsession principale dans le travail?

 

Tester les frontières du possible. Rendre visible ce qui n'est pas été encore experimenté, encore touché. La possibilité d'étendre le langage du corps.

 

Quel sens donné vous à votre activité?

 

J'espère que mon travail amène les spectateurs à réfléchir, à réver, à ressentir.Qu'ils deviennent conscients, qu'ils se ressentent eux-mêmes.Le mouvement doit laisser des traces. Je me bats pour que la danse contemporaine ait absolument sa place aux côtés des autres arts.

 

(extrait d'Interview de Rosita Boisseau tiré de l'ouvrage : Panorama de la Danse contemporaine Ed Textuel)

 

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<!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]-->Ce soir le temps est clément, ce sera un bonheur de rentrer en vélo. Pour regagner la rive gauche. il me faut traverser le Pont au Change, ensuite je longe la seine, et la Conciergerie illuminée.J’arrive au Pont Neuf, celui qui inspire tant d’artistes… et je me souviens quand il fut emballé par Christo. Je me souviens de ce silence, de la douceur des pas étouffés par l’étoffe, une impression d’être dans un grand salon, cet espace de convivialité inopiné, cette magie inattendue, c’était très euphorisant. Je m’égare, comme mon esprit.. lors de ces rentrées nocturnes et solitaires.

 

Penser tranquillement … dans la nuit… rester attentive ce qu’il faut, la circulation heureusement est réduite.

 

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Tant mieux si les mots dansent. Terpsichore n'en sera que plus ravie.