BENIN: OPÉRATION CAMOUFLAGE

EXCLUSIF Déchaîné du Jeudi N° 108 - Hebdoscopie : OPÉRATION CAMOUFLAGE

La liste des fayots s’allonge et se ressemble.

En rang d’oignons, ils se mettent pour appeler Patal à se dédire. Gesticulations et génuflexions au vent. 

On croyait avoir à faire à quelques désœuvrés mettant genoux à terre pour quémander à faire ; mais voilà que de dits cadres s’y jettent toute décence piétinée. 

Toutes énergies jetées dans des artifices de racolage pour vendre de fausses convictions. 

Il faut que Agbonnon rempile pour leur garantir de sauver des positions dont ils ne justifient pas le mérite. 

Du quidam en charge d’une Direction au vendeur politique, ils se donnent tous la main pour tenter de gruger le pauvre Agbonnon. 

Lui serinant que sans lui, le pays est dans un vide abyssal.  

Il n’y a pas plus grand aveu d’incompétence à  celui qui déplorait il y a peu que le Bénin est un désert de compétences. 

Le ballet de suscitation de candidature qui se produit en spectacles, toute dignité bue, a un mérite: l’identification de la liste des fayots.  

Si j’étais Patal… 

Il y a les fayot professionnels. Ceux qui se jettent dans le cirque pour préserver leurs postes. Ils consacrent plus de temps à trouver des formules de propagande plutôt qu’à produire des résultats dans leurs emplois. 

Il y a les fayots politiques. Ceux qui vivent de prébendes en rentiers de la politique. Dinosaures ou bébés moutons, ils sont partisans de la moindre conviction. Ils ne veulent monnayer que leurs alignements.

Puis ferment le ban, la masse des fayots griots. Ils ont juste pour boulot que de faire échos. Ils ont la foi du charbonnier et rien interdit de la placer en leur champion.  

La constitution n’interdit pas non plus à Agbonnon de briguer un deuxième mandat. c’est une question de crédit moral rappellent les gardiens de la parole donnée.  

Comment faire confiance, pour un deuxième mandat, à celui qui n’aura pas respecté  son engagement du premier ? 

C’est une rupture de confiance, comme celle entre le peuple malien et son Président, Ibéka, qui s’est fait déposer doucement en résidence surveillée au camp militaire de Kati.

La junte militaro-rédemptrice qui a fait irruption sur la scène politique malienne vit une relation d’affection avec la population que les émissaires  secouristes de la CEDEAO ont du mal à  percevoir. 

L’équipe d’envoyés spéciaux de Baba Gooluck Jonathan veut protéger le peuple malien contre son nouveau soupirant alors que les maliens sont pressés de tourner la page de 

l’ancien amant déchu.

Les déceptions d’histoires d’amour sont souvent compliquées et les défections plus amères à vivre.

Les Parisiens de St Germain en savent quelque chose. Seul le temps panse les blessures des déceptions. 

Ils pardonneront certainement à leur joueur cador, neymar Simulus, d’être plus tombé que d’avoir aidé à faire tomber le Bayern de Munich qui leur a soufflé une coupe presque à portée  de but.

Pendant ce temps, le jeune slameur Gopal Das, croit en son étoile dont il déclame à merveille le panégyrique. Une tenue du verbe pour magnifier la culture des choses de l’esprit. 

Un souffle nouveau dans le parlé-chanté. C’est un pur renouvellement de talent.

Lui au moins, il croit en lui-même. Il ne se camoufle guère  derrière un pseudo sauveur.

 

Ted Lapirus

Hebdoscopie

Déchaîné du Jeudi N° 108

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