Les cheminots de la Drôme ont pris d’assaut la tour de Crest

"Mon train, j'y tiens. SNCF 100% public" Nous avons déployé sur la tour de Crest dans la Drôme (52m) une banderole géante rappelant notre rejet de la réforme ferroviaire et notre attachement au service public.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/crest-cheminots-colere-assaut-du-donjon-historique-1493373.html

Le mardi 12 juin 2018 nous avons pris d'assaut la tour de Crest (Drôme), à 17 camarades, soutenus par une cinquantaine d'autres au bas de la tour.

La tour de Crest, d'une hauteur de 52 mètres, surplombe la ligne de chemin de fer Livron-Briançon, surnommée "ligne de Die-ligne de Vie" par la CGT, appellation reprise par les habitants de la vallée. 

Notre action, préparée en amont, était intitulée "opération Massilia" et avait pour objectif de déployer une grande banderole de 12m*12m sur le fronton de la tour, sur laquelle on pouvait lire "Mon train, j'y tiens, SNCF 100% Public". Des fumigènes et des torches ont été allumés au sommet ainsi qu'en bas de tour par les camarades. Tout le monde chantait, la fraternité était présente. Nous avions des cornes d'annonce de trains de travaux que l'on pouvait entendre depuis la ville de Crest en bas de la colline, afin que les regards se tournent vers la tour à ce moment-là (c'était jour de marché).

C'est une action de communication qui sort de nos luttes habituelles et qui fait écho avec les habitants de la vallée, qui au XVIIe siècle ont milité pour que cette tour soit sauvée de la destruction à laquelle elle était vouée par la volonté du roi. Son existence encore aujourd'hui est vraiment un symbole de résistance, et chacun comprendra le parallèle avec ce qui se trame pour la SNCF. 

Nous avons payé nos 17 entrées, ce qui n'a pas empêché quelques excès de zèle, et aucune dégradation n'a été faite sur ce monument historique auquel nous sommes particulièrement attachés.

Pour nous cheminots CGT, le processus législatif n'a pas apporté les avancées réclamées par l'ensemble des grévistes.

Nous demandons de vraies négociations sur le fond, à savoir : la reprise intégrale de la dette, une entreprise publique unifiée, des investissements sur toutes les lignes et non pas que sur les grands axes, contre l'ouverture à la concurrence qui va augmenter les prix et creuser les inégalités entre les villes et les territoires ruraux, un vrai plan pour développer le fret ferroviaire (un train = 55 camions). Et nous voulons un statut pour tous les cheminots. Et aujourd'hui nous nous battons pour que le service public dans son ensemble ne soit pas détruit ni vendu. 

La vallée de la Drôme-Diois-Vercors est historiquement une terre de lutte : nous ne lâcherons rien. 

Cheminots en lutte

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