La MAIF, un assureur responsable ?

MAIF, une mutuelle assurance des instituteurs de France : une gouvernance en question.

La MAIF est une mutuelle qui assure, à l'origine, des enseignants. Elle est donc, censée adhérer dans sa gouvernance, à des valeurs identiques à celles des personnes qu'elle assure. Or, il semble que ce ne soit pas le cas concernant l'équipe de gouvernance. L'équipe de gouvernance de la MAIF est très éloignée dans son fonctionnement des valeurs des instituteurs.

Ainsi, l'équipe dirigeante une fois aux commandes, a tendance à pérenniser sa présence. Dominique Mahé est président du CA de la MAIF depuis 2014. Il a donc, aligné plus de 3 mandats consécutifs de deux ans. Une règle, donc, imposée par les statuts de la Mutuelle (un mandat de deux ans) est dévoyée. Il est à noter que Dominique Mahé est dans la direction de la MAIF depuis 2001; soit 20 ans ! Quant à Pascal Demurger, il est le directeur général depuis 2009, soit 12 ans. Il avait rejoint la MAIF en 2002. Soit 20 ans, dans le cockpit de la MAIF. 20 ans donc pour les deux dans la haute hiérarchie de la MAIF ! Aux professionnels de la politique, s'ajouteraient des professionnels des mutuelles qui une fois au pouvoir ne veulent plus le quitter ...

On remarque au passage que les deux postes les plus élevés à la tête de la Mutuelle sont accaparés par des hommes. La parité hommes/ femmes, au plus haut niveau, n'est pas respectée.

A l'étage du dessous, se trouve le comité de direction générale. Il n'existe que depuis 2016. En effet, il a fallu attendre 2016 pour que l'Assemblée générale obtienne un mode de fonctionnement plus démocratique. Cette demande n'est pas venue de l'équipe aux commandes. Mais là, encore, une bonne idée de la base est dévoyée. Au souhait de davantage de démocratie, s'impose le mode de fonctionnement de l'ancien monde, celui de l'oligarchie, dans le recrutement des membres du comité de direction générale. En effet, nous trouvons dans ce comité de direction, six directeurs généraux :  Éric Berthoux , Nicolas Boudinet, Hélène N’Diaye, Christine Mathé-Cathala, Evelyne Llauro-Barres, Nicolas Siegler et Patrick Blanchard, qui ne représentent ni la diversité sociale des adhérents, ni leur multiplicité ethnique, ni même le handicap (ce qui est étonnant pour une mutuelle) ... Les membres ont la cinquantaine, ils sont issus d'école de commerce, polytechnique. A noter au passage que Pascal Demurger, le directeur géneral, est énarque. Bref, les membres du comité de direction générale ont un profil plus proche de l'oligarchie que de celui de leurs adhérents. Et comme l'oligarchie, ils vivent du financement de ceux qui les emploient.

Quant aux salaires perçus, ils vont probablement choquer tant ils sont éloignés de ceux des adhérents. Le salaire net moyen d'un professeur des écoles est de 2174 €. Celui d'un certifié atteint 2501 €. Or en 2017, Dominique Mahé a perçu un salaire brut de 388 415 € et 574 074 € brut pour Pascal Demurger ! Soit 26 000 euros net mensuels pour le premier et 40 000 euros nets mensuels, pour le second (si on retire les 20 % de charges déduites du salaire ; mais en même temps, dans ces milieux-là, on sait optimiser ses impôts, c'est-à-dire réduire le montant des impôts versés à la collectivité). Pascal Demurger perçoit 20 fois le salaire d'un professeur des écoles tous les mois.  Que fait-il avec tant d'argent versé tous les mois depuis 20 ans ! Les salaires des dirigeants de la MAIF sont une injustice en soi, par leur criante inégalité avec les salaires des adhérents, qui les financent !

Ce n'est plus possible d'accepter ces inégalités systémiques qui règnent au sein de la MAIF ! Ce n'est pas faire preuve d'esprit responsable.

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