Réas en lutte : solidarité

Le 11 mai, les services de réanimation seront en grève. Qui s’en rendra compte ? Les patient-e-s et seront accueilli-e-s et surtout soigné-e-s comme les autres jours. Pour le gouvernement, l’important sera surtout que ça passe inaperçu. Pour la société, c’est un mouvement essentiel d’une catégorie de travailleuses (et travailleurs) essentielle.


Elles sont victimes d’une politique à long terme et d’une crise.

Elles (et ils) se heurtent depuis longtemps à une politique de santé essentiellement axée sur les économies et le court terme. Les dépenses de santé sont fixées d’après l’ONDAM, pas d’après les besoins. La variable d’ajustement entre les dépenses et les besoin, c’est le personnel !

En période « normale », la crise structurelle de l’hôpital due à des années de ce genre de politique atteint prioritairement les services d’urgence.

Mais depuis 15 mois, l’épidémie de covid met un autre service en crise aiguë : la réanimation. C’est la variable d’ajustement de la politique de « vivre avec le covid plutôt qu’essayer de l’éradiquer » décidée par notre Bolsonaro raisonnable, sans regret ni remords. Les patients atteints de formes graves sont désormais en majorité des victimes de cette politique, les soignantes (et quelques soignants) de réa aussi, autrement.

Variable d’ajustement, ce n’est pas une vie ! Double variable encore moins !

Parent d’un patient très longtemps en service de réanimation, j’ai pu me rendre compte du fonctionnement d’un tel service. Sa surcharge de travail est quantitative mais aussi qualitative. Il faut donner des nouvelles aux parents des patients non visitables, il faut prendre en charge leurs angoisses en plus de celles des patients conscients. Il faut assumer des deuils en plus grand nombre. Quand on est débordé par le nombre de patients, il faut en plus former les collègues venus aider. Gestes techniques spécialisés, matériels complexes, toutes spécialisations à maîtriser. Ne rien oublier. Garder un œil sur le reste. Sourire, rassurer. Charge mentale maximale.

Pour décompresser, congés refusés, impossibles, retardés… jusqu’à quand ? Bizarrement, Macron n’a pas donné de date à laquelle les soignantes pourront prendre leurs récupérations, leurs congés… Y songe-t-il ? Poser la question, c’est y répondre.

Marquons notre solidarité avec les réas en lutte. Faisons ce que nous pouvons pour que la pression sur elles diminue, pour la reconnaissance de leur travail.

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