Donc je pense...

Quand les pires moments de nos vies sont résumés par des hashtags...

Je suis Charlie. Je suis Paris. Je suis Malien. Je suis debout. Je n'ai pas peur. 

Je suis Tunisien. Je suis Bruxelles. Je suis Norvégien. Je suis debout. Je n'ai pas peur. 

Je suis Suédois. Je suis Américain. Je suis Européen. Je suis debout. Je n'ai pas peur.

Je ne Pray pas for Paris. Je suis athée. Je suis debout. Je n'ai pas peur. Mais j'en ai marre. 

Marre que les évènements qui bouleversent nos vies soient résumés par des hashtags répétés à l'envi, par mimétisme, sans réfléchir au sens de nos actes. Nous agissons trop souvent en gentils petits moutons et nous ne nous en rendons même plus compte. Facebook a innondé la toile de photos "bleu-blanc-rouge", juste pour quelques jours. Et comme après chaque innondation, il n'est resté que la boue. Cette boue infâme et puante, celle que Facebook et Twitter trouvent "conforme à leurs standards". 

Je suis la vie. Je suis en vie. Je suis debout. Je n'ai pas peur. Mais j'en ai marre. 

Marre que cette violence tourne en boucle sur toutes les chaînes de télévisions, que plus une page de journal ne nous épargne ce sujet désormais récurrent, que plus une station de radio ne nous parle d'autre chose que de ces horreurs, que des pseudo-journalistes s'arrachent des images de tueries à prix d'or. Notre monde est fou. D'un côté des malades mentaux qui partent en croisade contre notre monde si civilisé, de l'autre des répliques à coup de bombes. Et puis des couvre-feux. Et puis des interpellations. Des mesures sécuritaires pour rassurer des gens face à une menace qui frappe pourtant à l'aveugle. Des mesures peut-être prises plus par peur d'un vote extrême que pour leur réelle efficacité. Et on bombarde. Encore. Et on s'allie avec des criminels. 

Je suis debout. Je n'ai pas peur. Mais j'en ai marre. 

Alors sortons, chantons, dansons, cultivons-nous. Restons chez nous si ça nous chante. Préparons les fêtes. Consommons. Décroissons. Montrons que nous sommes en vie. Que nous nous aimons. Que nous vivons, exactement comme avant. Rappelons-nous qu'il y a plus de risque de se faire mordre par une chauve-souris enragée que de crever en tajine à côté d'un mec qui s'est fait sauter. Et puis... même si... vivons à fond chaque jour pour ne rien regretter, si la musique du piano mécanique devait s'arrêter. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.